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tant que celle-ci tombe sous An (1). Peut-être |
corrélativement Descartes est-il en possession, dans les Regulæ, de sa doctrine de l'hétérogénéité absolue de la pensée et de l'étendue. Dans tous les cas, ayant besoin pour sa méthode de distinguer entre l'imagination et l'entendement, il se représente celui-ci comme une activité purement spirituelle, soit quil pense ici déjà par lui-même, soit qu'il s’approprie seulement la tradition aristotélicienne et scolastique. La théorie de l'imagination faculté essentiellement corporelle se retrouvera plus tard dans le Zrailé des passions (2). D'une manière générale, la Règle XII énumère, et dans une certaine mesure utilise, une foule de notions métaphvsiques ; certains passages montrent que l’auteur se complait au milieu de telles notions, et aussi sans doute que la métaphysique de Descartes, au moment où il écrit ies /egulæ, est encore imprégnée, ou plutôt peut-être simplement teintée de scolastique (3). Mais peu importe : ce quiestsûr
c’est que la méthodologie et la métaphysique voisinent
et collaborent ; qu’elles sont simultanément présentes à la pensée de Descartes, quelque distinction qu'il concoive entre elles.
(4) R. XIV [$ 116] 4441 : « Jam pergamus ad hæc verba : corpus habet extensionem, ubi extensionem aliud quidem significare intelligimus quam corpus ; non tamen duas distinctas ideas in phantasia nostra formamnus, unam cCorporis, aliam extensionis, sed unicam tantum corporis extensi ; nec aliud est, a parte rei, quam si dicerem : corpus est extensum, vel potius : extensum est extensum. »
(2) Voy. sur la spiritualité R. XJI [$ 79] 4158 : « concipiendum est vim illam, per quam res proprie Cognoscimus, esse pure spiritualem atque a toto corpore. distinctam... » — et sur l’imagination, ibid, [$ 77] 41449 : « …hanc phantasiam esse veram partem corporis, et tantæ magnitudinis ut diversæ ejus portiones plures figuras ab invicem distinctas induere possint.…. »
(2) 4417[$ 72] « ….optarem exponere hoc in loco quid sit mens hominis, quid corpus, quomodo hoc ab illa informetur, quænam sint in toto composito facultates rebus cognoscendis inservientes et quid agant singulæ », etc. — 41416 [$ 77] : « .…concipiendum est sensum communem fungi etiam vice sigilli ad easdem figuras vel ideas, a sensibus externis puras et sine corpore venientes, in phantasia vel imaginatione veluti in cera formandas... »
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M Done ET Heu DE LA CONNAISSANCE. 97
Sur un point particulièrement intéressant le mélange de la métaphysique et de la méthodologie était inévitable. Nous avons déjà vu combien les Regu/æ contiennent de pensées appartenant à la théorie de la connaissance; toute notre dernière leçon sur la déduction et l'intuition relevait de ce domaine. Mais il y a plus: les Æegulæ contiennent, et professent qu'elles contiennent, dans son entier, la théorie de la connaissance. Cette réunion avec la méthode en un même ouvrage était, encore une fois, inévitable et il faut plutôt savoir gré à Descartes de ne pas confondre les deux choses en les unissant. Nous disons qu'il ne pouvait éviter d'unir étroitement les deux choses. Qu'est-ce que la méthode en effet? C’est un art qui a pour objet la recherche de la vérité. Or, un artest, en droit, la pure application d’une science, c’està-dire qu’il prescrit de poser certains principes ou de réaliser certaines conditions, afin de se procurer certaines conséquences ou certains effets. Mais, comme les exigences pratiques sont toujours pressantes, les arts se
. constituent avant les sciences et donnent comme fonde-
ments à leurs prescriptions, et sans les distinguer expressément de ces prescriptions, des lois empiriques ; c’est plus tard que ces lois, serrées de nius près, deviennent une science et que celle-ci se sépare décidément des impératifs de l'art. L'art de la recherche de la vérité s’est développé de la même manière que les autres. Il a précédé la théorie de la connaissance et l’a renfermée d'abord à l'état rudimentaire. Au temps de Descartes, le temps où florissaient, nous l’avons vu, les traités sur la méthode, la méthode était ce qui occupait encore le plus les esprits. Elle avait le pas sur la théorie de la connaissance. Bien que celle-ci eût déjà fait des progrès, ce n'est que plus tard, avec Kant, qu'elle se dégage et passe au premier plan: tellement qu’aujourd’ es on parle beaucoup moins de méthode, surtout de méthode en général, que de théorie de la connaissance. Mais, HAMELIN. 7
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puisque, au temps de Descartes, l'état des choses était précisément inverse, il était inévitable que la théorie de la connaissance füt, en grande partie du moins, incorporée aux /iquiæ. El c'est un mérite pour Des-
cartes d'avoir aperçu la différence des deux choses qu'il
ne pouvait éviter de rapprocher intimement (1).
De tout ce que nous avons dit jusqu'ici il résulte que les pensées méthouologiques de Descartes n’ont jamais “vécu en lui à partdes pensées scientifiques, et surtout des pensées métaphysiques ; car tout se tient dans l'esprit, et il est vain d’y chercher, du moins in concreto, des séries Jinéaires. Mais la collaboration intime de pensées diverses dans l'esprit de Descartes ne l’obligeait point à ne pas distinguer entre elles; nous venons même d’en relever une preuve. Voyons donc comment il conçoit les rapports de la méthode, qu'il sent, qu’il sait même distincte, avecles diflérentes parties de la philosophie.
Qu'elle soit, selon lui, en dehors de la philosophie et antérieure à la philosophie, comme avaient été les Anadyliques d'Aristote, comme aussi le sens commun semble le demander, c’est ce qui est nettement indiqué dans
(1) Ce rapprochement et cette diflérence sont indiqués dans la R. VIII [$ 48], 39517 sq. : « Si quis pro quæstione sibi proponat examinare veritates omnes, ad quarum cognitionem humana ratio sufficiat (quod mihi videtur semel in vita faciendum esse ab iis omnibus, qui serio student ad bonam mentem pervenire), ille profecto per regulas datas inveniet nihil prius cognosci posse quam intellectum, quum ab hoc cæterorum omnium cognilio, dependeat, et non contra ; post intellectus puri cognitionem, inter cætera enumerabit quæcumque alia habemus instrumenta cognoscendi praeter intellectum, quæ sunt tantum duo, nempe phantasia et sensus.. Vidensque veritatem proprie vel falsitatem non nisi in solo intellectu esse posse, sed tantummodo ab aliis -duobus suam sæpe originem ducere, attendet diligenter ad illa ome nia a quibus decipi potest, ut caveat, et enumerabit exacte vias omnes quæ hominibus patent ad veritatem, certam ut sequatur : neque enim tam multæ sunt, quin facile omnes et per sufficientem enumerationem inveniat. » — 39727 sq. [$ 51] : « At vero nihil hic utilius quæri potest, quam quid sit humana cognitio et quousque extendatur, Ideoque nunc hoc ipsum unica quæstione complectimur, quam omnium primam per regulas jam ante traditas examinandam esse censemus,.… quoniam in illius investigatione vera instrumenta sciendi et tota methodus continentur…. »
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