LES RAISONS DE DOUTER
représentations de mes sens, et, si ma croyance se trouve vraie, c’est par hasard (3° 4/éd.) (1). La 1° Méditalion (presque aussi brève sur ce point que le résumé du Discours, 4° partie, VI, 31 * sq.) dit simplement : «... j'ai quelquefois éprouvé que ces sens étaient trompeurs : et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés. » {C. 237 [18*][G 2). Mais elle distingue ensuite des degrés dans la connaissance, même sensible, et examine si cette connaissance ne pourrait pas se maintenir à certains de ces degrés. Audessus de la connaissance des objets éloignés et peu sensibles, il y a celle des objets dont la perception n'offre pas de telles difficultés : par exemple celle de mon corps assis auprès du feu. Néanmoins le doute est possible ici encore, parce que les fous se représentent faussement de tels tableaux (C. 237 [18-195] !G3)). Il est vrai que la folie est une exception ; mais 1l y a un état auquel nul homme n'échappe, c’est le sommeil ; or, il s'accompagne de pareilles illusions (2). Et il n’y a point d'indices certains par où l’on puisse distinguer nettement la veille d'avec le sommeil (C. 238 [19*,[G $ 4]). Reste qu'on fasse une. distinction entre les tableaux compliqués que nous présente le sommeil ou une veille qui en est indiscernable, et les éléments de ces tableaux. Le rêve peut bien assembler d’une façon qui lui est propre des éléments donnés, mais il faut que ces éléments Ici aient été donnés. Il peut assembler bizarrement des pieds, des mains, des têtes ; les têtes, les mains, les pieds ont dû d’abord être véritablement saisis par les sens (C. 238-240 19 ® sq.][G & 5, 6).
(1) « Toutefois j'ai reçu. » jusqu’à la fin de l'alinéa (C. 264 sq. [3516-#]) [G. $ 2]. « Et ce que j'ai principalement. » jusqu’à « sans l’aide des. objets qu’elles représentent. » (C. 269-271 [38-39] [G, $ 7-9].
(2) « Mais quoi ! Ce sont des fous et je ne serais pas moins extravagant si je me réglais sur leurs exemples. — Toutefois j’ai ici à considérer que je suis homme et par conséquent que j’ai coutume de dormir et de me représenter en mes songes les mêmes choses, ou quelquefois de moins vraisemblables, que ces insensés lorsqu'ils veillent, » (C. 237 sq. [19i [G. $ 3, 4).