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tant, laquelle vous n'avez pas encore démontrée, aux lieux où vous concluez que vous connaissez clairement ce que vous êtes. » (C. 403 [124* sq.] [G. II $4]), Arnauld parle à peu près de même : la vérité des idées claires et distinctes, qui fonde l'existence de Dieu, a besoin ellemême d’être démontrée (4° Objections, C. IE, 29 sq. [214] [G. IIS 54]). Mais Gassendi, dans ses /nstances, a été beaucoup plus précis : « Vous admettez qu'une idée claire et distincte est vraie, parce que Dieu existe, qu'il est l’auteur de cette idée et qu'il n’est pas trompeur ; et d’une autre part vous admettez que Dieu existe, qu'il est créateur et vérace, parce que vous en avez une idée distincte et claire. Le cercle est évident. » (7x Medit. V., dubit. 1V., inst. 2., G. I 36 [cf. AT. VII, 405).
A cette difficulté Descartes a fait une seule réponse expresse, qu'il reproduit sous diverses formes, mais sans y rien changer ou ajouter pour le fond. Voici d’abord ce qu'il répond aux auteurs des 2% Obhjections : «... où j'ai
. dit que nous ne pouvons rien savoir cerlainement, si nous
ne connaissons premièrement que Dieu existe, j'ai dit en
termes exprès que Je ne parlais que de la science de ces conclusions, dont la mémoire nous peut revenir en l'esprit lorsque nous ne pensons plus aux raisons d’où nous les avons tirées. Car la connaissance des premiers principes * ou axiomes * n’a pas accoutumé d'être appelée science par les dialecticiens. » (C. 1, 426 sq. [140%] [G. I 22}). De même, il répond à Arnauld : «.…. j'ai déjà fait voir assez clairement dans les Réponses aux Secondes Objections que je ne suis point tombé dans la faute qu’on appelle cercle, lorsque j'ai dit que nous ne sommes assurés que les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont loutesvraiesqu' à cause que Dieu est * ouerisle* ,etque nous ne sommes assurés que Dieu est * ou existe * qu'à cause que nous concevons cela fort clairement * et fort distinclement *, en faisant distinction des choses que nous concevons en eflet fort clairement d'avec celles que nous
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nous ressouvenons d’avoir autrefois fort clairement conçues. Car, premièrement, nous sommes assurés que Dieu existe, pour ce que nous prêtons notre attention aux raisons qui nous prouvent son existence. Mais après cela il suflit que nous nous ressou venions d’avoir conçu une chose clairement pour être assurés qu'elle est vraie, ce qui ne suflirait pas si nous ne savions que Dieu existe et qu'il ne peut être trompeur. » (C. IE, 74 sq. [245% sq.] [G. IS 63]) (1). — Ainsi au reproche de commettre un cercle vicieux, Descartes répond que la connaissance in-
tuitive n’a pas besoin d'être garantie par la véracité di-
vine ; que c’est la connaissance discursive seule qui a besoin de cette garantie.
Mais celte réponse ne satisfait pas l'esprit de prime abord ; elle a besoin d’être interprétée et peut-être complétée. — On ne satisferait pas non plus l'esprit si l’on se contentait, comme on l'a fait quelquefois, de distinguer entre les deux critères de Descartes, en disant que la clarté et la distinction sont critère dans l'ordre de la
(1) Les Principes résument cette doctrine avec une précision parfaite (1, 13) : « Par exemple, elle [la pensée] a en soi les idées des nombres et des figures, elle a aussi entre ses communes notions, que, si on ajoute des quantités égales à d’autres quantités égales, les touts seront égaux, et beaucoup d’autres * aussi évidentes que celles-ci *, par lesquelles il est aisé de démontrer que les trois angles d’un triangle sont égaux à deux droits, etc. Or, tant qu’elle aperçoit ces notions et * l’ordre dont elle a déduit cette conclusion ou d’autres semblables *, elle est très assurée de leur vérité ; mais, comme elle ne saurait y penser toujours avec tant d’attention, lorsqu'il arrive qu’elle se souvient * de quelque conclusion sans prendre garde à l’ordre dont elle peut être démontrée, et que cependant elle pense * que l’Auteur de son être aurait pu la créer de telle nature qu’elle se méprît en tout ce qui lui semble très évident, elle voit bien qu’elle a un juste sujet de se défier de la vérité * de tout ce qu’elle n’aperçoit pas distinctement *, et qu’elle ne saurait avoir aucune science certaine jusques à ce qu’elle ait connu celui qui l’a créée. » Mais il faut convenir que cette doctrine était déjà très formellement contenue dans les Méditations ; voir 5°, dern. $ : « et ainsi, je reconnais très clairement que la certitude et la vérité de toute science dépend de la seule connaissance du vrai Dieu : en sorte qu'avant que je le connusse, je ne pouvais savoir parfaitement aucune autre chose, » (C. 321 [71%] (G. $ 9). Les deux précédents $$ (C. 318 sqq. [6916 sqq.] [G. $ 7 et 8)) préparent cette conclusion par des prémisses parfaitement analogues à celles des Rép. aux Object. et des Principes.
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