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réfutation de l'hypothèse du malin génie, puisque cette hypothèse, comme nous l'avons vu, est la principale raison qui obligeait Descartes à douter des vérités en apparence les plus claires et les plus distinctes. Il craignait que quelque semblant de clarté et de distinction n'usurpât le rôle de la clarté et de la distinction véritables. Pour mettre fin à ce doute hyperbolique ou métaphysique, que faut-il? Il faut que la pensée se retrouve au fond des choses et sous le sensible lui-même. Il faut que la pensée puisse s’élever à une pensée toutepuissante et trouver dans celle-ci l'explication du monde. L'opération constitue évidemment une espèce de cercle, mais ce n’est pas un cercle vicieux, si la pensée, au point de départ, lorsqu'on n’est pas encore sorti de l'hypothèse du malin génie, est capable d'être elle-même dans deux ou trois actes privilégiés, et si la vérité dont on cherche une garantie n’est pas la vérité de la pensée même, la vérité de l’entendement pur, mais cette vérité dans la connaissance de laquelle interviennent les facultés non purement intellectuelles. En un mot, ce qui a besoin d'un garant et ce qui en reçoit un, c'est la connaissance sensible en général : connaissance par les sens ou connaissance par la mémoire.
Cela posé, nous comprenons comment, dans la Jettre, la réponse de Descartes à ceux qui lui ont reproché un cercle vicieux est trop étroite et comment, d'autre part, celle réponse est un point capital de la réponse générale qu'il fallait faire et que, au fond d’ailleurs, il a faite.
Sa réponse littérale est, disons-nous, trop étroite, mais au fond il l'a complétée par une autre. — Rien ne semble plus facile à établir. Si l’on se rappelle le rôle de la véracité divine chez Descartes, on voit qu'elle garantit bien autre chose encore que la connaissance discursive ou par mémoire. Ce n'est pas ici le lieu d’exposer comment la véracité divine nous fournit la preuve de l'existence
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