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réelle des corps. Mais il ne faut pas oublier qu’elle joue ce rôle et que, par conséquent, elle est la garantie du témoignage des sens et non pas seulement de celui de
la mémoire. Grâce à l'intervention de Dieu, la voix de la
nature, en tant qu’elle s’exprime par les sens, devient, d’irrationnelle qu’elle était, soupçonnée d'être sous le règne du malin génie, le langage même de la raison, bien qu'indirectement. C'est ce que montre bien, entre
autres, le passage suivant de la 6° Héditation : « Mais
pour ce qui est des autres choses, lesquelles ou sont seulement particulières, par exemple que le soleil soit de telle grandeur et de telle figure, etc. : ou bien sont conçues moins clairement et moins distinctement, comme la
lumière, le son, la douleur et autres semblables, 11 est
certain qu'encore qu'elles soient fort douteuses et incer- - taines, toutefois de cela seul que Dieu n'est point trompeur, et que par conséquent il n’a point* permis* qu'il pût y avoir aucune fausseté dans mes opinions qu'il ne m'ait aussi donné quelque faculté capable de la corriger, je crois pouvoir* conclure assurément* que j'ai en moi les moyens de les connaître avec certitude. Et premièrement 1l n'y a point de doute que tout ce que la nature m enseigne contient quelque vérité: car, par la nature considérée en général, je n’entends maintenant autre chose que Dieu même ou bien l’ordre* et la disposition* que Dieu a établie dans les choses créées ; et par ma natureen particulier, je n'entends autre chose que la complexion “ou l'assemblage‘ de toutes les choses que Dieu m'a données. — Or, il n'ya rien que celte nature m'enseigne plus expressément ni plus sensiblement, sinon que j'ai un corps qui est mal disposé, quand je sens de la douleur, qui a besoin de manger ou de boire quand j'ai les sentiments de la faim ou de la soif, etc. Et partant je ne dois aucunement douter qu'il n’y ait en cela quelque vérité. » (C. 335 sq. [80%] [G.< 10]). Impossible de mieux dire que la véracité divine compte au nombre de