LA CERTITUDE
Ii serait sans doute difficile de traiter la question du critérium de la certitude ou même, plus généralement, de la valeur de la certitude sans étudier aussi la question de la nature de la certitude. Dans tous les cas, Descartes s’est bien gardé d’être si incomplet et si superficiel. Il s'est occupé des deux questions et peut-être n'est-ce pas à propos de la seconde qu'il a déployé le moins de génie. Seuls avant lui, les Stoïciens avaient compris en quelque mesure que le fait de la certitude est tout particulièrement interneet intéresse ce qu'il y a de plus profond dans la pensée, savoir le sujet pensant lui-même en sa dernière intimité. Descartes, comme on va voir, a pénétré plus loin encore que les Stoïiciens. Il a fait la part de la personne dans la certitude aussi grande qu'on le peut, lorsqu'on ne veut pas rendre impossible la connaissance de la vérité. Nous allons exposer sa théorie en procédant du plus extérieur au plus subjectif.
Lorsque Descartes veut aller au fond des choses, c’està-dire se placer en Dieu, peut-être la vérité elle-même est-elle selon lui marquée de subjectivité. Nous aurons bientôt à étudier sa célèbre doctrine des vérités éternelles créations de Dieu. Mais la certitude dont Descartes s’occupe est exclusivement la certitude humäine et la situation de l'homme par rapport à la vérité est d’après lui
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