‹ Le système de Descartes;Chapitre 78 sur 171 · UT 7 M · texte numérisé non relu

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et l'entendement de la même manière que Spinoza. Faisons pourtant, même sur ce point, une réserve. L'essenlia objectiva de Spinoza, qui s’affirmera parses propres forces, commence, à plus forte raison, par se poser ellemême et sans secours. Chez Descartes, au contraire, comme nous le comprendrons en étudiant sa définition de la pensée, l’idée suppose toujours un sujet pensant, le posé suppose un posant.

Cette première différence avec Spinoza, cette première intervention de la personne est toutefois peu de chose relativement à ce qui va suivre. Tandis que Spinoza distingue à peine entre concevoir et juger et, dans tous les cas, fait de ceci une simple suite de cela, Descartes distingue profondément entre les deux opérations. Bien qu'il ait autrefois (endu et qu’il tende peut-être encore à ramener toute la connaissance à l'intuition, ce qui est une sorte de réduction du mouvant au statique et par conséquent du jugement à l’idée, il fait pourtant une part à la vie de la pensée et reconnaît la spécificité du jugement. Il pourrait dire, pour tout concilier, et de fait même il l'a dit, qu’il faut distinguer entre la certitade faite et celle qui est en train de se faire, et il pourrait dire d'autre part que ces natures simples qui sont dos viucula ne constituent pas des jugements, mais simplement des relations qui, pour devenir des jugements, ont besoin d’être actualisées par le sujet pensant. De quelque manière d'ailleurs qu’il faille mettre d'accord la doctrine des /equl, ou ce qui en subsiste jusqu’au bout, avec la doctrine des Æéditations et des autres ouvrages de la période de maturité, il est indéniable que ces ouvrages professent qu'il n’y a de vérité, du moins au sens où elle s'oppose à l'erreur, et que partant il n y a de certitude proprement dite, que dans le jugement. En elles-mêmes les idées sont toujours vraies, et, par suite, la certitude à laquelle elles donnent lieu est d'un autre ordre. Une idée est ce qu'elle est: c’est là

le contenu d’une certitude infaillible qui ne requiert

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Gi “A, Li VER É | SPÉCIFICITÉ DU JUGEMENT.

pas de recherches sur sa nature, précisément parce que sa valeur ne fait pas question. Tout au plus faut-il reconnaître qu'il y a des pseudo-idées, des idées obscures et confuses, celle du froid par exemple, qui sont matériellement fausses, c’est-à-dire qui donnent occasion à l'erreur. Elles sollicitent pour ainsi dire un jugement qui les reconnaisse pour de vraies idées, ou des idées vraies, car, quand il s’agit de la vérité in essendo, c’est tout un. Mais l'erreur en acte, l'erreur formelle n'existe jamais que dans le jugement({). Ainsi la certitude proprement dite commence avec l'affirmation ou la négation. Mais, tandis que la conception était une pas-

(4) Ce sont là des points que Descartes exprime ou permet d'’inférer dans les deux textes suivants : 3° Méd. (C. 267 sq. [3758] [G. $ 5])) : « Entre mes pensées [texte cité, 8° leçon, p. 1 11] ou Dieu même. D’autres, outre cela, ont quelques autres formes, comme lorsque je veux, que je crains, que j’affirme ou que je nie, je conçois bien alors quelque chose comme le sujet de l’action de mon esprit, mais j'ajoute aussi gi que autre chose par cette action à l’idée que j’ai de cette chose-là ; de ce genre de pensées, les unes sont appelées volontés ou affections, : les autres jugements. Maintenant [cité ibid.]… que l’autre. Il ne faut pas craindre aussi qu’il se puisse rencontrer de la fausseté dans les affections ou volontés ; car, encore que je puisse désirer des choses mauvaises, ou même qui ne furent jamais, toutefois il n’est pas pour cela moins vrai que je les désire. Ainsi [cf. 1bid.]... de faillir. » — Rép. aur 4es obj. (C. 11, 57 sq. [2322 sq.] [G. II, $ 38 sq.}) : « Soit que le froid soit une chose positive, soit qu'il soit une privation, je n’ai pas pour cela une autre idée de lui, mais elle demeure en moi la même que j’ai toujours eue, laquelle je dis me donner matière ou occasion d’erreur, s’il est vrai que le froid soit une privation et qu’il n’ait pas autant de réalité que la chaleur, d’autant que venant à considérer l’une et l’autre de ces idées, selon que je les ai reçues des sens, je ne puis reconnaitre qu’il y ait plus de réalité qui me soit représentée par l’une que par l’autre. — Et certes je n’ai pas confondu le jugement avec l'idée ; car j'ai dit que en celle-ci se rencontrait une fausseté matérielle ; mais dans le jugement il ne peut y en avoir d’autre qu’une formelle. Et quand il dit que l’idée du froid est le froid même en tant qu’il est objectivement dans l'entendement, je pense qu'il faut user de distinction ; car il arrive souvent dans les idées obscures et confuses, entre lesquelles celles du froid et de la chaleur doivent être mises, qu’elles se rapportent à d’autres choses qu’à celles dont elles sont véritablement les idées. Ainsi, si le froid est seulement une privation, l’idée du froid n’est pas le froid même en tant qu’il est objectivement dans l’entendement, mais quelque autre chose qui est prise faussement pour cette privation : savoir est un certain sentiment qui n’a aucun être hors de l’entendement. »

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ns sion, affirmer ou nier, juger en un nu est un acte tx. dans toute la force du terme, Or, i! n’y a d’actes dans Y NE l'âme que les volontés (1). Juger est done un acte de la HT volonté (2). Étant volontaire, le jugement est un acte libre: car volonté et liberté, c'est tout un (3). Être certain, c’est, pour le sujet pensant, consentir librement aux rapports que l'entendement, soit pur, soit mêlé d'éléments sensibles, nous propose.

Parvenus à ce point, nous comprenons comment Descartes à été l'adversaire implacable de l'autorité. Sans doute la distinction de la connaissance par raison et de la connaissance historique que Descartes reproduit

dans les Zegulæ (4) était classique et tous les philosophes

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