GARE
solution iln’a pu la trouver qu'en accentuant définiti-
vement le rôle de la personne individuelle dans l'acte de juger. |
Est-ce à dire pourtant que, telle qu’elle est, son explication ne soit pas encore sujette à difficulté et qu'il ne doive pas faire encore un pas de plus dans la même direction afin de pouvoir répondre ? C’est ce que nous aurons à rechercher tout à l'heure. Mais on ne lui a pas adressé uniquement des objections solides, et, parmi
les plus célèbres et les plus graves, il v en a deux aux-
quelles il avait réponse sans rien ajouter à ce que nous venons d'exposer.
Gassendi lui objecte dans ses /ns{ances (G. II, 520 en bas) : « Notre faculté de juger n’est pas seulement petite, elle est fausse ». Cela veut dire que l'erreur n’est pas une vérilé incomplète, que c’est le contraire d'une vérité. Gassendi aurait voulu que Descartes reconnüût à l'entendement le pouvoir de penser autre chose que ce qui est. Mais alors il n’y aurait plus eu de vérité, ou, ce qui revient au même, il y aurait eu autant d'objets que de sujets et une infinité de vérités. Descartes ne pouvait accorder une proposition grosse de telles conséquences, et il n’en avait pas besoin. Une idée inadéquate, affirmée comme adéquate, suffit à constituer quelque chose d’autre que la vérité, sans que l’entendement ait à concevoir quelque chose d'autre que la vérité. Par exemple, dire qu'il y a un mouvement le plus rapide possible, voila qui est faux et autre que la vérité. C'est pourtant la simple affirmation d’une idée inadéquate. Car il est bien vrai qu'il y a un mouvement le plus rapide possible pour une machine donnée employant une force donnée.
Gassendi encore (voy. G. 11, 523 au mil.) et surtout Hyperaspistes (1) font une autre objection qui paraît
(4) JII, 408% : « 110 ..….multa disseris de voluntatis determinatione, quam contendo esse non posse, nisi facem ge præbuerit intellectus. Sr
j A PU RS AN dE TRES Qu