LA PENSÉE SELON DESCARTES
Le fait de la pensée a fourni à Descartes une première
vérité: l'affirmation de son existence comme être pensant; et, du même coup, il a trouvé le critérium de la certitude. Voila où nous en sommes. Descartes va maintenant demander à la pensée d’autres vérités. Avant de
le suivre, il est naturel que nous cherchions comment il
a compris el défini la pensée.
Il ne s’agit pas, bien entendu, de nous interroger sur sa conception de l’âme et du corps. La question ne pourra nous occuper que beaucoup plus tard, quand nous serons à la fin du cycle des Méditations. Pour le moment nous devons envisager la pensée en nous plaçant au point de vue de la 2° Méditation. Sans doute nous ne pouvons pas négliger le reste du système : nous ne saurions nous désintéresser du rôle que la pensée y joue. Mais ce n'est pas de la pensée érigée en substance sous le nom d'âme que nous parlerons, c’est de la pensée comme pensée. Après avoir désigné la pensée, prise de ce point de vue, par une énumération de caractères dans la 2° Méditation (C. I, 253 vers le bas [38%] [G. $ 7); cf. 5° Méditation, C. 263 mil. [34“]!G K 1}), Descartes, dans les Réponses aux Objections et dansles Principes, en a donné une définition qui correspond parfaitement à cette énumération. C'est cette définition qui sera l'objet dominant de notre