‹ Le système de Descartes;Chapitre 92 sur 171 · PART J · texte numérisé non relu

PART J

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6 à LA DOCTRINE DES IDÉES INNÉES.

__ la pensée? Si donc la pensée doit contenir, à sa manière 5 00

du moins, toutce qu'il y a dans la chose, et si elle ne te L peut le recevoir de la chose par une opération transi- ; tive, il faut donc que la pensée soit par elle-même en +

= possession des idées qui représentent la chose non-pen- L3

% sante ; en un mot, il faut que les idées, et même, et Me. …. surtout les idées des choses extérieures soient innées & dans la pensée. Voilà la raison d’être de l'innéisme 6 cartésien et voilà comment le dualisme aboutit, très AR heureusement d'ailleurs, à faire que la pensée relève uniquement d'elle-même. Descartes exprime avec la Re

dernière clarté cet aspect de son innéisme dans sa. Réponse au placard de Régius (1). On trouvera dans l’Introduction de Garnier {I, p. ex-cxu) une liste des idées innées selon Descartes; cette liste comprend en somme 4 toutes les idées qui ne sont pas factices. On verra que

Descartes finit par déclarer dans une lettre à Mersenne 4 | (22 juillets 1641, IN, 418°) que toutes les idées qui 4

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| n'impliquent ni affirmation ni négation sont innées, et “ ] : Dr | qu'il pousse sa thèse jusqu'à professer qu'il n'y a pas d’aveugles. Que manque:t-il après cela à la pensée pour ( | ‘by | (1) Notæ in progr. (Rép. au placard de Reg.), VIII, 1, 358* sq. : R { - | «…quisquis recte advertit quousque sensus nostri se extendant et quid- (24%

nam sit præcise quod ab illis ad nostram cogitandi facultatem potest pervenire, debeat fateri nullarum rerum ideas, quales eas cogitatione formamus, nobis ab illis exhiberi. Adeo ut nihil sit in nostris ideis quod menti, sive cogitandi facultati non fuerit innatum, solis iis circumstantiis à exceptis, quæ ad experientiam spectant : quod nempe judicemus, has vel | illas ideas, quas nunc habemus cogitationi nostræ præsentes, ad res quasdam extra nos positas referri : non quia istæ res illas ipsas nostræ menti per organa sensuum immiserunt, sed quia tamen aliquid immiserunt quod ei dedit occasionem ad ipsas, per innatam sibi facultatem, hoc tempore potius quam alio efformandas. Quippe nihil ab objectis externis ad mentem nostram per organa sensuum accedit, præter motus quosdam corporeos, ut ipsemet auctor noster in art. 19. ex meis principiis affirmat ; sed ne quidem ipsi motus, nec figuræ ex lis ortæ, a nobis concipiuntur quales in organis sensuum fiunt, ut fuse in Dioptrica | explicui [£® dise. (VI, 109) et Prince. 4° part., art. 196-199]. Unde sequitur Fi - ipsas motuum et figurarum ideas nobis esse innatas. Ac tanto magis innatæ esse debent ideæ doloris, colorum, sonorum et similium, ut mens h nostra possit, occasione quorumdam motuum corporeorum, sibi eas ‘4 exhibere ; nullam enim similitudinem cum motibus corporeis habent. *

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être pleinement indépendante et suffisante? Ainsi con— centrée en elle-même, elle ne pourra plus se définir parune relation à quelque chose d'extérieur, mais seulement par un caractère tout interne. Et il peut sembler que nous n'avons plus qu'à rapporter et à commenter la définition de Descartes.

Ici, pourtant, la question qui paraissait résolue renaît etse pose sur un nouveau (terrain. Déjà la façon dont Descartes présente l’idée innée n’est pas sans éveiller des inquiétudes. Nous avons eu occasion de voir plusieurs fois dans quelques-unes des leçons précédentes que, selon Descartes, il y a certaines idées en face desquelles la nature nous met tout de suite, et même, au sens le plus propre du mot, immédiatement. Aucun mouvement de la pensée n'est nécessaire pour nous y conduire ou pour en développer le contenu : elles sont tout d’un coup tout ce qu’elles peuvent être. Il est vraique Descartes dans sa éponse au placard de Regius {et bien ailleurs) a ramené la notion de l'innéité à celle de la faculté de produire les idées (1). Mais cette idée de faculté est assez obscure et peut-être est-ce encore une sorte de chose ou du moins une sorte de mécanisme réaliste qui se retrouve dans la pensée. Du reste, laissant de côté l'innéité des idées, nous pouvons remarquer que Descartes parle trop souvent des idées comme si c'élaient, à l’intérieur de la pensée, des réalités que le sujet pensant eût à percevoir. La pensée serait ainsi restée un miroir, avec cette seule différence que la chose à refléter se trouverait maintenant en dedans aussi bien que le mi-

(1) Zbid., 357% sq. : « Cum adverterem quasdam in me esse cogitationes, quæ non ab objectis externis nec a voluntatis meæ determinatione procedebant, sed a sola cogitandi facultate quæ in me est, ut ideas sive notiones, quæ sunt istarum cogitationum formæ, ab aliis adventitiis aut factis distinguerem, illas innatas vocavi. Eodem sensu quo dicimus generositatem esse quibusdam familiis innatam, alüis vero quosdam morbos, ut podagram vel calculum : non quod ideo istarum familiarum infautes morbis istis in utero matris laborent, sed quod nascantur cum: quadam dispositione sive facultate ad illos contrahendos, »

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