‹ Le système de Descartes;Chapitre 94 sur 171 · PAT · texte numérisé non relu

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la véritable et qui aimerait à la voir prédominer chez De

cartes, n’a pu citer que des textes peu concluants (Partie I, chap. Il, sect. 1, 1). En somme donc Descartes, même

à propos des idées des naturæ particulares, ne cède pas ou

ne cède pas sans de grandes réserves à la tendance réaliste. Et toute sa théorie de la pensée, à travers autant d'hésitations qu'on vouüra, s'oriente vers la définition la moins réaliste, du moins en esprit et en vérité, qu'on ait jamais donnée de la pensée.

Cette définition, qui était restée enveloppée etimplicite dans les f/éditations, $e dégage au contraire lumineusement dans les Réponses aux 2* Objections (C. 451 [1607] [G. I $27/): « Par le nom de pensée je comprends tout ce qui es tellement en nous que nous l’apercevons nn par nous-même [ut ejus immediate conscii simus] et en avons une Connaissance intérieure : ainsi toutes les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées. Mais j'ai ajouté èmmédiatement, pour exclure les choses qui suivent et dépendent de nos pensées; par exemple le mouvement volontaire a bien,a la vérité la *volonté* pour son principe, mais lui-même néanmoins n'est pas une pensée.* Ainsi se promener n'est pas une pensée, mais bien le sentiment ou la connaissance qu'on a qu'on se promène*.» La même définition se retrouve dans les Principes (I, art. 9) : « Parle mot de penser j'entends tout ce qui se faiten nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes | quæ nobis consciis in nobis fiunt, quatenus eorum in nobis conscientia est]; c'est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir est la même chose ici que penser. » Descartes définit donc la pensée par la conscience. C'est dire que le connaissant et le connu pe sont plus pour lui, quand 1l pose cette définition, deux termes étrangers l’un à l'autre et rapprochés par un rapport extérieur, de sorte qu'on ne sait comment l’un des deux a pour fonction d'exprimer

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