‹ Le système de Descartes;Chapitre 96 sur 171 · LA D · texte numérisé non relu

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caractères, plus l’idée a de réalité objective, et nolamment, parmi les idées, « celles qui me représentent des substances sont sans doute quelque chose de plus, et contiennent en soi, pour ainsi parler, plus de réalité objective, c’est-à-dire participent par représentation à plus de degrés d’être ou de perfection que celles qui me representent seulement des modes ou accidents. » (C. 272 [40 *] [G. $ 10]}). Gardons-nous de laisser passer inaperçus ce rapprochement et cette réunion dans un même genre avec une simple différence de degré, de la réalité substantielle et de la réalité des attributs ou qualités : c’est le prélude de la preuve ontologique.

Chaque idée a donc une réalité formelle et un certain

degré de réalité objective. La réalité formelle de l’idée veut être expliquée, et nous l’expliquons en disant que c'est nous qui en sommes cause en tant que nous exerçons notre faculté de penser. Mais la réalité objective requiert aussi une explication ; Car, « pour imparfaite que soit cette façon d'être par laquelle une chose est objectivement ou par représentation dans l’entendement par son idée, certes on ne peut pas néanmoins dire que cette façon et manière-làa d'être ne soit rien, ni par conséquent que cette idée tire son origine du néant. » (C. 274 sq. [41%] [G. $ 44)).

Or que doit être une cause ou raison pour être explicative ? C’est ce que la lumière naturelle nous enseigne : ou, en d’autres termes, c'est ce que nous pouvons dégager de la considération d’une de ces pures et simples idées, l’une de ces natures simples que le doute ne touche pas, de la considération de l’idée de la cause : «.. c'est une chose manifeste par la lumière naturelle, qu'il doit y avoir pour le moins, autant de réalité dans la cause efhciente et totale que dans son eflet : car d’où estce que l'effet peut tirer sa réalité, sinon de sa cause ; et comment cette cause la lui pourrait-elle communiquer, si elle ne l'avait en elle-même? Et de là il suit non seule-

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ment que le néant ne saurait produire aucune chose, mais aussi que ce qui est plus parfait, c’est-à-dire qui contient en soi plus de réalité, ne peut être * une suite et une dépendance * du moins parfait. Et cette vérité n’est pas seulement claire et évidente dans les eflets qui ont cette réalité * que les philosophes appellent * actuelle ou formelle, mais aussi dans les idées où l’on considère seulement la réalité qu'ils nomment objective. » (CG. 273 [40% sq.] [G. < 14}).

D'après cela il ne suffirait pas, pour expliquer la réalité objective d’une idée, de faire dériver d’une autre idée la réalité objective de la première. Cette explication est légitime, mais elle en demande une autre encore. Car ilreste à rendre compte de la réalité objective de la dernière idée à laquelle on est remonté. Finalement donc il faut que la réalité objective s'explique par une cause qui possède formellement ou actuellement la réalité qui se trouve objectivement dans l'idée. Ici notons bien les termes dont Descartes se sert : «... il faut à la fin parvenir à une première idée, dont la cause soit comme * un patron ou * un original dans lequel toute la réalité ou perfection soit contenue formellement* et en elfet*.. » (C.275 [42*][G. S11/)). Et un peu plus bas : «.. la lumière naturelle me fait connaitre évidemment que les idées sont en moi comme * des tableaux ou * des images qui peuvent à la vérité facilement déchoir de la perfection des choses dont elles ont été tirées, mais qui ne peuvent jamais rien contenir de plus grand ou de plus parfait. » (C. 275 [42*][G. $ 11}). Ailleurs encore, dans les Rép. aux 2% Oby.:« C'est aussi une première notion, que toute la réalité, ou toute la perfection, qui n’est qu'objectivement dans les idées, doit être formellement ou éminemment dans leurs causes ; et toute l'opinion que nous avons Jamais eue de l'existence des choses qui sont hors de notre esprit, n'est appuyée que sur elle seule. Car d'où nous a pu venir le soupçon qu'elles existaient, sinon de cela seul que leurs idées venaient

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