CHAPITRE III
représentante. Comme représentants de familles, de femmes et d'enfants, dont il était de leur devoir de protéger les droits, ou ils étaient locataires de biens, soumis aux impôts, et devaient pour ce motif avoir voix au chapitre de la législation et de la taxation.
Dans l'ancienne Grèce et à Eome, les hommes libres, qui n'étaient ni chefs de ménage, ni locataires de maisons, ni locataires de biens étaient admis au vote ; mais tel n'a pas été le cas dans une grande proportion en Europe, il y a presque deux mille ans, jusqu'à ce que le suffrage universel des mâles adultes fut établi en France par la révolution de 1848. En fait, les insurrections et les révolutions de cette année, ont fourni les germes de presque tous les éléments populaires dans les gouvernements actuels d'Italie, de Prusse et d'Autriche et tous ces éléments furent empruntés aux lois et aux institutions des Etats-Unis.
Les premières constitutions américaines, et toutes celles adoptées pendant le xvme siècle, limitaient très considérablement le droit de suffrage et ne permettaient de voter qu'aux propriétaires et aux citoyens payant les taxes ; mais la tendance a toujours été vers le suffrage universel des hommes, depuis l'élection à la présidence de M. Jefferson en 1800.
La vraie base du droit électoral est la suivante :
1° L'électeur doit être citoyen et chef de la famille, qu'il représente et dont il est de son devoir de défendre les- droits ; ou
2° Ii doit être propriétaire d'un bien soumis à l'impôt et, pour ce motif, directement intéressé aux matières de taxation et à toutes les matières de législation qui s'y réfèrent ; ou
3° Il est un homme adulte et a rempli le service militaire pendant un certain temps; et
4° Il a une intelligence suffisante pour juger, par lui-môme, du caractère et de la capacité générale des candidats aux offices et possède des opinions ainsi qu'une volonté propre sur ces sujets; et
5° Enfin, chaque électeur doit être un citoyen loyal, et ne doit pas être un indigent dépendant du public quant à son entretien ; il doit enfin ne pas s'être rendu coupable d'un grand crime.
Les biens de la femme mariée lui devraient être assurés, soumis à son contrôle et exempts de celui de son mari, excepté lorsqu'il agit comme son agent et avec son assentiment. Lorsque tel est le cas, les lois et la législation du pays porteront également sur le mari et sur la femme, et on peut avec confiance se fier à lui pour agir comme son représentant en matière politique. Permettre à une femme mariée de voter, serait souvent conduire à des discussions entre le mari et la femme, et troublerait l'harmonie des familles, sans produire aucun bien suffisant pour compenser les mauvaises conséquences qui en résulteraient. Mais il n'y a pas de bonne raison pour laquelle les veuves et autres femmes isolées, qui sont locataires de maison et chefs de famille en même temps que contribuables, ne votent pas.
Telle a été l'illusion au sujet du suffrage universel des hommes, que les pauvres et les criminels de tous les degrés peuvent voter dans la plupart des États. Mais il est très évident pour moi, qu'il y a du bon sens et de la justice dans beaucoup des lois anglaises ace sujet, telles qu'elles sont exposées par Blackstune