‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 112 sur 211 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La même règle pourrait être appliquée aux gradués des universités ; et même à ceux qui produisent des certificats satisfaisants d'avoir traversé la série des études requises pour une école dans laquelle les branches les plus élevées de la science sont enseignées... La pluralité des voix ne doit en aucun cas être portée à ce point que ceux qui en sont privilégiés, ou la classe à laquelle ils appartiennent, parviennent par ce moyen à balancer le restant de la communauté.

M. Mill dit encore : « Jusqu'à ce qu'il y ait été avisé et que l'opinion publique soit disposée à accepter, quelque mode de vote collectif, qui puisse attribuer à l'éducation, comme telle, le degré d'influence supérieure qui lui est due et un degré suffisant comme contrepoids à l'influence numérique des classes moins instruites : jusqu'à ce moment les bénéfices du suffrage universel complet ne peuvent pas être obtenus, sans apporter avec eux, ainsi qu'il me semble, la chance de maux plus qu'équivalents... Il n 'est pas utile , mais nuisible que la Constitution du pays déclare l'ignorance autorisée à autant de pouvoir politique que la science. »

Telles sont les vues de quelques-uns des premiers esprits de l'Angleterre, d'hommes qui sont au premier rang du parti libéral. Elles s'appliquent avec une grande force à notre pays et en particulier aux Etats du Sud, où une large partie de la population est d'origine africaine, nourrie dans l'ignorance comme les esclaves des plantations. Mes lectures et mes observations concordant avec l'histoire du monde, me conduisent à la conclusion, que le mode d'élec-

tion ou de nomination des officiers, directement ou indirectement par le peuple et que la fréquence ou la rareté des élections , devraient être adaptés à la condition, au degré d'intelligence, à l'éducation du peuple et au climat sous lequel il vit.

Plus élevé est leur degré d'intelligence, plus élevé est leur esprit, plus leur conduite personnelle est modérée, plus ils sont accoutumés à l'exercice du pouvoir politique, plus grand sera le nombre des officiers qui peuvent être élus avec avantage par le peuple et plus fréquentes peuvent être les élections. Enfin, on peut dire qu'il peut y avoir une approximation plus exacte de la démocratie pure , dans des climats tempérés et chauds que dans les pays froids et tropicaux.

Le nombre des travailleurs en proportion de la population totale était peu considérable dans nos états du Nord et de l'Ouest , (excepté dans les districts miniers, et dans les grandes villes manufacturières et commerciales), et comme il n'y a pas de ces antagonismes entre les travailleurs et les maîtres, comme en Angleterre, il n'y a pas ici de nécessité d'un semblable système de vote collectif, qui a été suggéré par des Anglais ingénieux, pour obvier aux maux et dangers du suffrage universel en Angleterre, mais l'intolérance et la tyrannie de l'esprit de parti, et la domination ainsi que les maux naissant de l'organisation des partis et des conventions électorales, sont tels que nous avons besoin d'autres modifications à notre système des élections, beaucoup plus qu'il n'en faut même en Angleterre. Il nous faut un système de vote limité et complet, tel qu'il était

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