‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 124 sur 211 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

« Le peuple Français désire le maintien de l'autorité de Louis Napoléon Bonaparte, et lui donne les pouvoirs nécessaires pour établir une constitution sur les bases proposées dans sa proclamation du 2 décembre. » Les votes afiirmatifs émis les 20 et 21 novembre 1851, s'élevaient à 7,439,216 ; pour la négative, il y en eut 640,737 et 30,820 furent annulles pour irrégularités.

Par application de l'autorité qui lui avait été attribuée par la voix et les votes populaires, Louis Napoléon forma et adopta une nouvelle Constitution pour la France ; Constitution par laquelle il fut élu président pour dix ans, avec un pouvoir presqu'absolu, et de bien faibles barrières à son exercice. Il fut investi du commandement de l'armée et de la marine, doté seul du pouvoir de l'initiative législative, de nommer tous les officiers, de déclarer la guerre, de conclure la paix, de faire des traités d'alliance et de commerce avec un Sénat, un Corps législatif et un Conseil d'Etat destinés à lui prêter assistance, mais n'ayant pour ainsi dire qu'une autorité consultative et nominale.

Comme Napoléon Ier, il ne fut pas satisfait d'une constitution et d'une présidence qui n'avait de républicain que le nom, et par suite d'un décret du Sénat, la question fut de nouveau soumise au peuple en novembre 1852. Louis Napoléon fut élu empereur par les votes de 7,824,129 citoyens français et l'empire fut proclamé le 2 décembre 1852.

Tels ont été les votes du peuple Français , — qui ont conféré un pouvoir presqu'absolu à Napoléon Bonaparte , et aussi à Louis Napoléon ; et ont

augmenté leurs pouvoirs de temps en temps, après que chacun d'eux s'était rendu coupable de la plus dangereuse conspiration, d'usurpation et d'abus de pouvoir.

Lorsque des officiers sont élus, pour un, deux, trois, quatre ou six ans, avec des pouvoirs définis et limités par la loi, l'opinion publique et les critiques de la presse dans un pays libre exercent sur eux une influence puissante et restrictive.

Ils savent qu'ils ne peuvent pas être réélus, à moins de satisfaire leurs mandants; ils savent qu'ils seront sujets à un jugement, à un châtiment, s'ils sont coupables d'un crime, de corruption ou de mauvaise conduite officielle ; et que la mauvaise conduite dans les fonctions est souvent mieux découverte par les successeurs, et est généralement punie après qu'ils sont sortis de fonction que pendant qu'ils les occupent encore. Plus courte est la durée de leurs services officiels, plus ils dépendent de la volonté populaire, et plus ils sont soumis à l'opinion publique. Le terme peut être assez court pour détruire presque toute indépendance et toute fermeté dans l'accomplissement des devoirs officiels, et produire un esprit de timidité, nuisible au bien public.

Si un homme occupe une position à vie, ou pour une période aussi longue que celle où il en aura probablement besoin, il se sent souvent trop indépendant du peuple, a trop peu de respect pour l'opinion publique — à moins qu'il n'ait l'ambition d'obtenir une position plus élevée.

De là l'importance pour un peuple instruit et in-

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