‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 137 sur 211 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

et des élections contestées avec des politiques, des rustres et des escrocs.

La différence des talents de la femme, d'avec ceux de l'homme, l'aptitude dont elle est douée pour une autre sphère, est très évidente par suite de son histoire, et par suite de ce fait, qu'à peu d'exceptions près, elle a dans la vie poursuivi des vocations différentes ; qu'elle s'est rattachée à l'homme comme à son protecteur, qu'elle a occupé la position domestique comme son assistante et son auxiliaire, et a rarement tenté d'occuper une position indépendante — sauf lorsqu'elle lui était imposée par le veuvage ou par des circonstances particulières. Beaucoup de femmes ont été instruites des règles et des principes, des faits et des théories de la chimie et de la philosophie naturelle, et ont aussi enseigné ces sciences dans des écoles, mais elles ne les ont jamais expérimentées dans une grande proportion, et n'ont jamais fait de découvertes en chimie ou en sciences naturelles. Elles ont parfois étudié les principes de la mécanique et pratiqué différents commerces mécaniques; mais elles n'ont jamais égalé l'homme dans aucun d'eux — pas même pour la coupe et l'ajustement des vêtements, et jamais elles n'ont fait aucune invention d'une grande importance.

Des découvertes en sciences naturelles et des inventions dans les arts pratiques, ne sont jamais des ohjets de hasard ; mais généralement le résultat d'expériences poursuivies pendant des années, conformément à quelque théorie ou conception intellectuelle ; le fait que la femme n'a pas expérimenté,

et pour cela n'a pas fait ces découvertes et ces inventions que l'homme a su trouver est une preuve décisive en elle-même qu'elle n'a pas eu des conceptions intellectuelles originales sur ces sujets, comme l'homme en a eu — et que ses talents pour la mécanique et les sciences naturelles sont inférieurs à ceux de l'homme et ne la rendent pas propre aux inventions ni aux découvertes.

Les femmes écrivent des romans intéressants, des essais littéraires, donnent souvent des aperçus graphiques de la vie domestique et parfois des faits historiques; mais n'atteignent jamais l'esprit et la philosophie de l'histoire. Les femmes ne se sont jamais distinguées comme historiens, comme auteurs de découvertes scientifiques, comme inventeurs, mécaniciens, manufacturiers, marchands, navigateurs ou agriculteurs; et cependant il n'y a pas de loi qui les empêche de rivaliser avec l'homme dans toutes ces sphères d'action, dans un rapport d'égalité ; et elles le feraient si leurs goûts les conduisaient dans cette direction et leurs talents dans semblahle champ d'enquête et d'action, où elles sont égales à l'homme.

Les femmes ne songent que rarement à entreprendre des affaires, excepté en cas de nécessité. Si elles héritent de biens, elles vivent de leur revenu, sans se donner le trouble de faire des affaires afin d'accumuler davantage. Il n'en est pas ainsi de l'homme. Les affaires, au sens étendu de ce mot, voilà sa sphère d'action — ce n'est pas celle de la femme. Jl est peut être malheureux pour les femmes, en cet âge extravagant du inonde, qu'elles soient si peu portées à maintenir leur indépendance, à étudier et à

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