‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 138 sur 211 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

se préparer elles-mêmes aux affaires, et à appliquer leurs talents et leur énergie à faire des affaires de différents genres pour elles-mêmes d'une manière indépendante de l'homme, et qu'elles soient si portées à se reposer sur lui quant à leur protection, comme sur leur soutien et leur guide. La sphère d'action de la femme pourrait et devrait être étendue à de nombreuses occupations mécaniques et à différentes branches de manufactures, et même au commerce; ce que beaucoup de femmes pourraient faire avec avantage si elles ne sont pas complètement égales aux premières classes d'hommes dans ces sphères d'action. Actuellement elles ne travaillent généralement que comme salariées à ces occupations, et occupent une position subordonnée à celle de l'homme ; mais je ne vois pas de bonne raison pour laquelle un grand nombre d'entre elles ne pourraient pas s'engager dans ces genres d'affaires, comme chefs, ayant une action indépendante. Le cas est beaucoup plus fréquent en Europe qu'en Amérique.

Il y a quelques années que les femmes ont commencé l'étude et la pratique de la médecine avec un succès remarquable. Elles ne- seraient pas à leur place comme médecins militaires ; mais il semble évident et convenable que des femmes et des enfants soient traités par des médecins féminins. La sphère de l'exercice des talents de la femme est assez vaste sans entrer dans le domaine de la politique, de la loi ou du gouvernement. Comme l'homme est le protecteur de la femme, et qu'elle s'appuie sur lui pour la protection, le soutien et dépend plus ou moins de lui ; il tient la première et elle la seconde place dans

la famille et dans la société. Le mari et le père sont légitimement le chef de la famille; et le tuteur, le représentant et l'agent de la femme et des enfants pour les affaires, et également pour la politique et le gouvernement.

Des femmes isolées qui ont l'intelligence et l'habitude de l'industrie et de l'économie, peuvent se rendre indépendantes par leur propre travail et leur attention aux affaires; mais les femmes mariées, qui nourrissent et élèvent des enfants, ne peuvent pas s'occuper de beaucoup d'affaires en dehors de leur propre ménage, et de là leur condition est relativement celle d'une dépendance sans remède , à moins qu'elles n'ayent à elles une fortune particulière considérable. Le mariage est, pour ce motif, dans la nature des choses incompatible avec l'indépendance de la femme. Telle est la règle générale à laquelle il y a peu d'exception.

SECTION III

LES OCCUPATIONS ET LA CONDITION, L'ÉDUCATION ET LES GOUTS, LES INCLINATIONS ET L'AMBITION DES FEMMES.

Les inventions du métier à tisser, du métier à vapeur, et de la machine à coudre ont apporté de grands changements dans les occupations des femmes, pendant le dernier siècle. Auparavant presque toute la laine et le coton, le lin et la soie étaient filés h la main par des femmes, sur des rouets à un seul fil et tissés sur des métiers à main. Filer et tisser constituait (après le travail de la maison) la principale occupation des femmes — et particulièrement des

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