CHAPITRE IV
jeunes filles et des femmes non mariées, tellement que c'est de là que vint en Angleterre pour les dernières le nom de spinsters. Aujourd'hui tout cela est changé; presque tout ce qui doit être filé ainsi que la toile est fait à la mécanique, et une partie considérable de l'ouvrage est faite par des hommes. Ce travail était fait auparavant dans les familles et donnait de l'occupation aux femmes pour une grande partie de l'année ; aujourd'hui il est fait dans des manufactures, et ne donne pas pour la dixième partie autant d'occupation aux femmes qu'il le faisait avant le xixe siècle.
Les femmes ayant moins de talent mécanique que l'homme, et moins de capacité pour gérer un mécanisme compliqué et le tenir en ordre, les hommes occupent les fonctions de surintendant dans chaque département du travail manufacturier, et la plus grande partie des filés sur des machines aussi compliquées que les métiers à tisser et à filer est faite par des hommes. Même la machine à coudre en augmentant la facilité et en diminuant le travail, a diminué l'importance relative de la couture et augmenté celle de la coupe et de l'ornementation des vêtements ; elle a placé le soin de faire des vêtements, davantage dans les mains et sous le contrôle des hommes ; elle a rejeté les femmes de plus en plus à la position subordonnée d'exécuter les détails, sous la surveillance et la direction des hommes, et dans une forte proportion elle a enlevé des mains des femmes un travail qui appartient spécialement à la sphère de leur vie.
L'invention et l'emploi général de la mécanique
dans les manufactures do vêtements et l'usage des machines à coudre dans la confection des vêtements, ont toutes tendu à augmenter la sphère d'action de l'homme et à restreindre celle de la femme, à subordonner de plus en plus son industrie à la surveillance et à la direction de l'homme, et à la rendre de plus en plus dépendante de lui pour ses occupations aussi bien que pour son entretien. L'enseignement dans les écoles est la principale occupation des femmes qui s'est accrue pendant le siècle actuel, l'enseignement des enfants et de la jeunesse étant maintenant en majeure partie monopolisé par les femmes dans les Etats-Unis.
Si une femme souhaite jouir d'un degré considérable d'indépendance, elle doit étudier et pratiquer beaucoup plus une industrie mécanique, la tenue des livres, et des affaires de diverses natures, et donner moins d'attention à la musique et aux matières de vêtement et d'amusement, qu'elle ne l'a fait jusqu'à présent. Elle doit augmenter la sphère de son industrie, et faire plus pour elle-même, et se reposer moins sur l'homme. Elle devrait pour elle et par ellemême mener différentes espèces d'affaires. Si elle ne peut bâtir et diriger de grandes manufactures de coton et de laines, des forges et des laminoirs, il ne semble pas qu'il y ait de bonnes raisons pour lesquelles elle n'érigerait et ne dirigerait pas des établissements pour la confection des vêtements. Si les femmes ne peuvent pas devenir des marchands armateurs ou des marchands en gros et poursuivre avec succès ce genre d'affaires, elles pourraient tenir les boutiques et les approvisionnements, et faire une