CHAPITRE IV
grande partie du travail de détail de la ville et du plat pays. Cela se fait sur un très grand pied dans certains pays de l'Europe. Mais les femmes de ce pays semblent n'avoir aucun goût, ni aucune ambition, pour ces travaux.
Les femmes mûres vivant seules, les filles et les veuves, ont les mêmes droits que les hommes quant au contrôle de leurs personnes, à leur industrie, a leur fortune et à leurs affaires. Elles ont le droit de faire des contrats, sans aucune limite ni restriction, de poursuivre et d'être poursuivies, de rechercher toute occupation , tout travail ou toute profession qu'elles choisiraient, excepté celles d'un caractère militaire ou officiel, et la pratique de la loi. Les professions médicales, théologiques, de l'enseignement, du génie civil, de l'architecture et de la navigation, leur sont toutes ouvertes. Ainsi que la banque, les manufactures, la construction et l'exploitation des chemins de fer. Elles peuvent se livrer à toutes ces professions et catégories d'affaires, si elles peuvent trouver des gens qui les emploient, ou si elles ont l'aptitude, le capital et le crédit nécessaire pour se mettre à l'œuvre et travailler avec leur propre capital et crédit, comme le font les hommes, employer d'autres femmes ou d'autres hommes commes leurs subordonnés et gérer les affaires pour elles-mêmes. Souvent elles héritent de biens et même d'une affaire bien établie et fructueuse. Si elles avaient la même capacité et le même goût pour les affaires, que les hommes, elles emploieraient leurs capitaux en affaires comme le font les hommes et les régiraient elles-mêmes. Mais pour certaines causes, qu'il no
serait pas galant d'exprimer en termes exprès et précis, les nonante-neuf centièmes de celles qui héritent de la fortune la confient aux hommes afin qu'ils la gèrent et ne tentent pas de faire elles-mêmes des affaires.
La question d'admettre des femmes dans les collèges et les universités, et de leur donner une éducation aussi étendue qu'aux hommes, et dans les mêmes classes a été fort discutée pendant ces dernières années ; leur exclusion de ces institutions a été déplorée comme étant une grande rigueur et une grossière injustice. Mais si la constitution et les talents de la femme la douent pour une sphère différente de la vie et non pour celle de l'homme, pourquoi les élever ensemble? Pourquoi ne pas les élever séparément, chacun pour les devoirs pratiques qu'ils sont destinés à remplir?
Les hommes sont élevés pour la loi et pour d'autres professions, pour le génie civil, minier et militaire, pour les rendre capables de construire des routes, des ponts, des chemins de fer, des canaux, d'ouvrir des mines, et de se charger de tous ces travaux et d'autres d'un caractère mécanique. Les fins de la femme sont telles qu'elle n'a pas besoin d'une éducation semblable. Elle n'a pas besoin d'une éducation étendue en mathématiques, ni en sciences naturelles et mathémathiques ; parceque semblables connaissances ne sont pas convenables à la sphère de sa vie, et aux buts qu'elle poursuit librement. Elle ne manifeste ni goût, ni talent pratique, ni ambition pour les professions qui réclament de semblables connaissances. Lorsqu'elle construit des routes et des ponts, des canaux et des chemins de fer, des comp-