CHAPITRE IV
dernières ont (comme j'ai essayé de le montrer) des représentants et des tuteurs de leurs droits et la sympathie en règle générale , de toute la communauté, tandis que le pauvre nègre du Sud n'a pas semblable représentant ni tuteur de ses droits, ni pareille sympathie pour lui venir en aide.
Si les femmes pouvaient voter, il est probable que les femmes seules voteraient généralement avec leurs pères ou leurs frères , tandis que les femmes mariées le feraient avec leurs maris et permettraient ainsi à leur père , leur mari ou leur autre ami masculin, de remettre en pratique deux votes au lieu d'un, quelques femmes votant avec un parti et quelquesunes avec un autre ; en sorte que le résultat général, dans la plupart des cas, ne serait pas matériellement changé par les votes des femmes. Mais quelques femmes penseraient et agiraient différemment de leurs maris et de leurs amis masculins, et voteraient contre eux; ce qui serait la cause de dissensions et de discordes dans les familles , de disputes et de querelles entre le mari et la femme, et deviendrait une source plus fructueuse de divorces et de séparations que toutes les autres causes. La paix et l'harmonie domestique sont pour les femmes mariées d'une bien plus grande importance que l'exercice personnel du droit électoral. Si elles ne peuvent se fier à leurs maris comme chefs de famille, afin d'agir pour elles, dans l'élection des officiers publics , il ne peut y avoir aucune confiance, ni aucune harmonie dans les relations du mari et de la femme , et nous serions promptement amenés à un système d'unions domestiques temporaires, d'accord avec le consente-
ment et l'agrément mutuel des parties, comme dans d'autres associations. Les femmes n'auront jamais d'avantages par leurs réclamations du pouvoir politique.
Si les femmes qui aspirent à occuper des fonctions, et à obtenir une part des offices du pays, se réunissaient ensemble pour former entre elles des associations et des partis politiques, tenir leurs propres caucus séparés et conventions électorales , et recueillir des votes comme le l'ont les hommes, ainsi qu'elles le feraient très promptement, elles tiendraient la balance du pouvoir entre les deux grands partis politiques du pays ; elles auraient dans la plupart des États, autant de votes que les hommes , et dans quelques-uns des anciens Etats elles auraient même la majorité de tous les votes, elles pourraient dicter leurs conditions à chaque parti, feraient leurs propres nominations par un troisième ou quatrième bulletin si Ton n'accédait pas à leurs conditions.
Le mari et la femme, la mère et les fils, les frères et les sœurs, et môme les mères et les filles seraient souvent opposés les uns aux autres; et le résultat serait d'avoir des contestations politiques plus violentes et plus amères que celles que nous avons maintenant ; la paix de beaucoup de familles serait détruite, et nous aurions dans notre pays le pandemonium domestique et politique le plus parfait qui ait jamais existé sur la terre.
Le marchandage, l'intrigue, l'achat et la vente des votes, la corruption et les maux qui naîtraient nécessairement d'un pareil système, contrebalance"