CHAPITRE IV
femmes cependant, sont portées à s'occuper de semblables affaires à moins qu'une rigoureuse nécessité ne les y oblige, et lorsque tel est le cas, l'exercice, l'attention apportée à l'affaire, améliorent très généralement leur santé, leur force et leur activité tant corporelle qu'intellectuelle. L'exercice et la pratique sont nécessaires pour développer et donner de la force à l'esprit et aux facultés mentales de lafemme, aussi bien qu'à leurs muscles et à leurs autres organes physiques.
Il semble utile qu'on élargisse la sphère d'industrie des femmes, et qu'on augmente le nombre des occupations qu'elles peuvent entreprendre dans ce pays. Mais ces changements nécessaires doivent dépendre de l'opinion publique et de l'action volontaire des femmes elles-mêmes, et ne saurait résulter de la législation. De là le droit électoral ne leur serait d'aucune utilité sous ce rapport. Les salaires des femmes employées à la cuisine et au travail du ménage pourraient être trop peu élevés, comparativement à ceux d'autres occupations ; mais ni les salaires ni les travaux ne peuvent être convenablement réglés par la loi. Les salaires du travail dépendent en partie de la coutume et plus encore de l'offre et de la demande.
SECTION vu.
CUISINE ET TRAVAIL DOMESTIQUE — AVERSION DES DEMOISELLES AMÉRICAINES A CET ÉGARD.
A peu près la moitié des femmes et des jeunes filles dans ce pays et dans les autres, doivent se tenir au travail ordinaire du ménage; cuisiner, cuire,
laver, récurer la vaisselle, nourrir les enfants, etc., mais par suite de ce que des salaires plus élevés sont payés aux femmes employées dans les comptoirs ou dans l'enseignement, et pour d'autres causes, il y a en général une très grande aversion de la part des jeunes filles américaines à aller en service pour le travail du ménage, d'autant plus que la population du Nord et de l'Ouest est obligée, pour cette assistance, de dépendre surtout des jeunes filles irlandaises et allemandes, et dans le Sud, des jeunes filles de couleur.
Lorsque les filles américaines sont mariées, la plupart d'entre elles sont disposées à se conformer à la situation et à faire le travail du ménage pour elles-mêmes, quand c'est nécessaire ; mais elles ont une grande aversion à faire le même genre de travail pour autrui. Et beaucoup d'entre elles ne sont pas disposées à élever leurs filles à faire le même genre de travail et à souffrir cet esclavage, même chez elles, quoiqu'elles le fassent cependant elles-mêmes pour leur propre famille. Elles travailleront souvent bien au delà de leurs forces, souvent elles feront du mal à leur santé pour en épargner à leurs filles et les élever comparativement dans l'aisance et l'indolence. Semblables sentiments et aversion à faire le travail de la maison, sont les effets d'une opinion publique malsaine régnant parmi les femmes ; qui est la suite de ce que l'on élève une forte partie de nos jeunes filles américaines sans leur donner cette éducation industrieuse et ces habitudes de travail qui sont nécessaires pour leur bien futur et celui de leurs familles.