‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 151 sur 211 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le défaut d'assistance féminine suffisante, et la difficulté dans un grand nombre de cas de trouver de bons serviteurs dans notre pays pour faire le travail de la maison est la grande plaie du ménage et de la vie domestique. Le travail du ménage doit être fait, s'il ne l'est pas par des femmes, il doit l'être par des hommes. Qui le ferait? Beaucoup de femmes instruites et bien nées qui ont une famille et des enfants né veulent pas aider à faire ce travail, mais consentent et peuvent payer pour qu'on le fasse, sont forcées à aller dans leurs cuisines des jours entiers et parfois des semaines après des semaines et de travailler souvent au delà de leurs forces pour faire la cuisine nécessaire et le travail du ménage pour leurs familles. Si ce n'était l'immigration européenne et le grand nombre de jeunes filles et de femmes irlandaises et allemandes qui consentent à aller dans la famille d'autrui pour faire le travail du ménage; les dames américaines, dans nos villes et nos villages, seraient très généralement obligées de faire la plus grande partie du travail elles-mêmes, ou à louer des hommes pour le faire.

Quoique le travail domestique soit une occupation saine, c'est le plus souvent un travail solitaire, et pour ce motif sans attraits. Coudre et travailler dans des boutiques ou des comptoirs, où différentes femmes sont réunies, fournit une occasion de sociabilité et est pour ce motif plus attrayant. De là il y a des milliers de femmes dans les villes qui tentent de vivre par l'usage de l'aiguille ; quelques-unes d'entre elles étant même dans le cas de devoir recourir

au vice, afin d'augmenter une sustentation très misérable par le salaire du vice, tandis qu'elles pourraient trouver une vie plus honnête et bien plus confortable si elles voulaient se rendre dans des familles pour y faire le travail du ménage, la couture et ces autres travaux que la situation de la famille peut exiger.

Par suite du grand nombre de femmes qui deviennent institutrices et lingères, ces métiers sont encombrés et les salaires dépréciés. Des plaintes sont souvent faites que les femmes sont lésées et opprimées parce que leurs salaires sont moins élevés que ceux des hommes. Dans des saisons de détresse, nous avons appris qu'il y avait parfois des milliers de couturières dans la ville de New-York et dans d'autres villes, qui sont dans une situation malheureuse; et quelques-unes ayant des enfants aux limites de la famine, par suite du bas prix payé pour leur travail et du manque d'occupation. Si un grand nombre d'entre elles consentait à aller dans de plus petites villes et dans le pays rural, dans les villages qui s'y trouvent, pour faire le travail domestique ou tout autre travail qui convient aux femmes, et qu'elles pourraient obtenir, toutes pourraient trouver des demeures confortables et obtenir des gages satisfaisants; le marché du travail pour les couturières dans les grandes villes serait délivré, et celles qui y resteraient auraient plus de travail et seraient mieux payées.

Le remède cherché actuellement par une grande partie de femmes de talent aux salaires trop peu considérables et à tous les maux des femmes, est le sut'-

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