‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 16 sur 211 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ces différences d'opinions sont constamment mobiles, les partis devraient changer avec elles, et être réformés lorsque de nouveaux candidats sont présentés pour la présidence et la vice-présidence des États-Unis pour le bien de la nation, ou lorsqu'il naît de nouvelles questions ou de nouveaux objets sujets à leur examen.

Les mesures et la politique doivent ou devraient changer avec la condition et les éventualités de la situation d'un pays. Cependant les différences d'opinion sur de pareils sujets et sur les candidats aux offices, constituent le seul sujet de divisions convenables entre les partis comme il doit dépendre surtout du président et des ministres et d'un petit nombre de chefs de parti au Congrès, de déterminer les questions, pour autant qu'elles se rapportent à notre gouvernement national , la division des partis devrait attacher plus d'importance au choix des hommes pour toutes les hautes fonctions, qu'aux professions de foi et aux déclarations des partis (platforms). Le cri qui réclame des principes, et pas des hommes (principles not men) est une misérable illusion. Il est oiseux de parler de principes, sans hommes convenables, et sans hommes de principes pour les mettre en action. Il est très peu sage et dangereux de nommer des hommes égoïstes et corrompus, pour mettre en action les bons principes et la sage politique. La conclusion est claire — il n'y a pas de bonne raison pour le maintien des organisations permanentes des partis dans notre pays ni dans aucun autre pays, et il n'y a pas de convenance à le faire. Tous les partis politiques devraient

être temporaires et changeants — basés sur les questions et les rapports du jour, et sur les opinions des électeurs quant au mérite relatif des candidats à la présidence des États-Unis, au gouvernement des États et autres hautes charges.

Pour autant que les partis politiques et les lignes de divisions qui les séparent sont produits par des différences d'opinion relativement aux principes, à la politique et aux mesures de gouvernement, ils seront aussi permanents que les causes et les motifs sur lesquels ils sont fondés ; mais ils ne devraient plus exister ainsi, et devraient passer avec les causes qui les ont produits. Les partis ne devraient pas être basés sur de purs principes abstraits, qui n'ont pas de portée pratique directe; ni sur des résultats qui ont avorté, sont dépassés et n'ont pas d'importance pratique; ils ne devraient pas non plus être soutenus et rendus permanents par l'organisation, le mécanisme des partis et leurs credos, afin de procurer l'élection et l'avancement des chefs de parti, — sans tenir compte du bien public.

Les partis politiques naissent spontanément, dans tout pays libre ayant un gouvernement qui comprend des éléments populaires. Ils sont la suite naturelle des différences honnêtes d'opinion dans un peuple libre et intelligent. Ils existaient dans l'ancienne Grèce ; dans l'ancienne Rome républicaine ; et ont existé en Angleterre depuis le commencement du règne de Charles Ier. Les clubs politiques qui sont les germes d'organisations plus extensives, furent fondés dans la France révolutionnaire. Mais jamais il n'a existé en Europe ou dans quelque contrée du

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