CHAPITRE I
jettir la race supérieure à sa domination et à son gouvernement, partout où elle constitue la majorité. Si le but est complètement atteint, l'effet sera de placer le gouvernail du pouvoir dans différents Etats aux mains d'une race qui n'a jamais, dans aucun pays, montré quelque capacité d'amélioration ou de progrès, pour les affaires, pour la direction convenable de ce qui la concerne spécialement, ou pour quelque branche de self-government.
La théorie du gouvernement national est, que les pouvoirs sont limités, et divisés entre le Congrès, le président des Etats-Unis, et la Cour suprême. — Que chacun d'eux est souverain dans certaines limites d'action prescrites par la constitution. Mais les tendances actuelles sont de miner et de détruire plusieurs des pouvoirs du Président, et même de la Cour suprême, ainsi que ceux réservés aux États, pour dépouiller le Président de sa position légale comme chef d'un département indépendant et coordonné du gouvernement, et le réduire à la position subordonnée d'un pur agent et instrument, exécuteur des décrets et des ordres du Congrès ; ainsi que pour concentrer de plus en plus le pouvoir souverain dans le Congrès des États-Unis. Le pouvoir des organisations de parti, celui de l'esprit de parti et le pouvoir du Congrès s'accroissent d'un même pas ; l'un et l'autre deviennent de plus en plus absolus et irrésistibles ; tandis que tous les autres pouvoirs du gouvernement ainsi que les pouvoirs légitimes du peuple et des gouvernements des États diminuent et périssent graduellement.
La théorie de notre gouvernement est, qu'il est un
gouvernement de contre-poids et de balance. Le pouvoir souverain se trouvait divisé entre des gouvernements distincts sur le même peuple, et entre des départements distincts du même gouvernement. Il est ainsi établi et réglé de manière à ce que chacun puisse agir comme contre-poids vis à vis des autres, afin d'arrêter la passion populaire, aussi bien que la passion de parti et l'ambition, afin de prévenir la législation de coterie ou de classe, et l'adoption de mesures violentes dictées par l'esprit de parti ; afin d'éviter au pays d'être plongé dans la guerre sans examen sérieux pour satisfaire le président ou le parti dominant du Congrès.
La théorie de la constitution est que chaque chambre du Congrès doit agir comme contre-poids vis à vis de l'autre, en examinant délibérément tous ses actes législatifs, avec pouvoir d'amender, d'approuver ou de rejeter. Le Président agira comme contre-poids vis à vis des deux chambres, en approuvant ou désapprouvant leurs actes et en y apposant son veto.
En dernier ressort enfin, la Cour suprême peut examiner les actes du Congrès et décider sans appel, s'ils sont ou ne sont pas compatibles avec la constitution. Le Congrès, par la législation et le droit d'accusation peut agir comme frein à l'égard de toute mesure violente ou peu convenable du Président. Les gouvernements des États, par leur organisation et leur action, leurs remontrances et leurs protestations, aussi bien que par le refus d'assistance morale et militaire, peuvent en uue certaine mesure arrêter le cours du gouvernement fédéral lorsqu'il