‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 47 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

esprits faibles en sont le plus souvent lésés. Elles agissent comme des stimulants salutaires sur quelques-uns, mais sont fort préjudiciables au plus grand nombre. On peut craindre avec raison que la jouissance du droit électoral, l'organisation, et l'excitation qui accompagnent les élections populaires , démoraliseront de grandes quantités des nègres du Sud, les rendront ambitieux, turbulents et désordonnés, exciteront en eux des espérances qui jamais ne pourront être réalisées ; les éloigneront de l'industrie ; les envelopperont dans des discussions avec les blancs et entre eux, et feront à la race bien plus de mal que de bien. Ce que sera par la suite l'état social et politique de l'homme de couleur, dépendra de sa capacité d'amélioration et de selfgovernment, ainsi que du développement ultérieur de son caractère intellectuel, moral et industriel. Mais on dit que les affranchis se sont vus refuser leurs droits, ont été opprimés fortement, et que le suffrage universel est nécessaire pour leur permettre de se protéger eux-mêmes. Il est bien vrai qu'ils ont été opprimés, mais toute l'histoire et l'expérience montrent qu'ils sont incapables de se protéger euxmêmes. Ils doivent s'assurer la bienveillance des blancs par l'industrie patiente, et le Congrès, grâce au 14e amendement à la Constitution, les protégera contre la législation arbitraire et injuste des États, avec plus d'efficacité qu'ils ne sauraient le faire euxmêmes par le vote.

11 y a beaucoup de maux qui accompagnent les élections populaires, et ne peuvent être évités; mais ils se sont fortement accrus en nombre et en

étendue par le système électoral qui agit chez nous, par lequel les minorités sont pratiquement privées de toute représentation, par le système des caucus et des conventions afin de désigner des candidats aux fonctions et par la multiplicité des fonctions électives.

Le système des élections populaires qui donne toute la représentation et le pouvoir aux majorités, bien que peu fortes, et n'en accorde aucun aux minorités, quelque considérables qu'elles soient, tend à stimuler trop fortement à la fois l'ambition personnelle et celle des partis. Il excite la rivalité et suscite des rixes, des passions et des préjugés de partis, il divise un peuple en partis, cliques et factions ; augmente et aggrave la violence de l'esprit de parti. Il offre de trop grandes tentations de recourir à des moyens peu avouables pour assurer le succès, pour que la pauvre, faible et égoïste nature humaine puisse y résister. C'est ainsi qu'il tend à stimuler la secrétivité et la duplicité, les petites ruses et tricheries, le mensonge et la fraude, il encourage l'abus des boissons en public et la prodigalité , comme moyens de popularité et d'obtention des votes. Il tend à stimuler et à aiguiser l'intelligence, mais aussi à paralyser la conscience et les sentiments moraux ; à exciter la démagogie et l'ambition méprisable des places , et à démoraliser les politiques et une grande partie du peuple. Le système électif, devrait être organisé de manière à stimuler aussi peu que possible l'esprit de parti et l'ambition personnelle du moindre nombre possible.

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