CHAPITRE II
SECTION IL
l'esprit de parti, et son influence sur l'esprit et la conduite de l'homme.
Pour atteindre la vérité dans la recherche d'une question morale ou religieuse, politique ou financière, ou bien dans toute question compliquée de quelque espèce qu'elle puisse être, il est nécessaire del'examiner sous tous ses aspects et sous toutes ses formes, à différents points de vue, et à chaque point de vue pratique. Tout juge d'un esprit sain écoute, examine patiemment, et pèse, selon que cela convient, les arguments et opinions sur le cas présenté par deux parties, avant de juger du cas. Chaque législateur devrait, de la môme manière , écouter et considérer les opinions sur les questions publiques présentées avec l'apparence de la candeur, par les membres de chaque parti politique et parles hommes de toutes les opinions. Le législateur devrait aussi considérer l'avis des officiers de l'exécutif, des pétitionnaires et des opposants , qui sont souvent profondément intéressés dans les questions qui sont pendantes devant eux. Cela est nécessaire pour atteindre la vérité, et lui permettre d'agir avec sagesse.
Ce qui caractérise les hommes de parti zélés, est de considérer toute mesure présentée et toute question politique ou nationale, au point de vue de leur parti, et de la voir et l'examiner seulement sous une face. Avec les yeux de l'intelligence presque fermés ; ils écoutent les arguments de leurs adversaires — non pas dans le but d'apprendre ce qu'ils
peuvent contenir de vrai, et quel poids il faudrait leur attribuer; mais dans le but de leur trouver des défauts, ou de découvrir ce qu'ils en peuvent dénaturer ou faire paraître erroné — afin de détruire leur influence, accoutumés à entendre exalter les mérites de leur propre parti, à voir ses principes , sa politique, ses mesures soutenus comme tendant à développer les meilleurs intérêts du pays et le bien-être général du peuple; accoutumés à entendre ravaler le parti opposé, ses principes et sa politique, comme tendant au mal, et seulement au mal, les partis politiques ont généralement une vue exclusive et partiale de toutes les questions et mesures de nature politique ou publique. Ils voient rarement une question sous tous ses aspects et sous toutes ses conséquences ; et dès lors ils n'en ont qu'une vue partiale et imparfaite, et en raisonnant à leur sujet, ils arrivent nécessairement à des conclusions plus ou moins erronées. Ils sont souvent imbus d'enthousiasme par rapport aux mérites de leur propre parti et du credo de leur parti, et sont enclins à attribuer toute la prospérité du pays à ses principes, à sa politique, et à ses mesures. Ils ne peuvent voir aucun bien dans l'autre parti — ni dans ses principes, ni dans sa politique, ses chefs ou ses mesures — et attribuent à la Constitution fédérale et à celles des états, à notre système de gouvernement populaire et aux vertus du peuple et des lois précédemment portées, toute la prospérité dont le pays a joui pendant l'administration de leurs adversaires.
Le premier objet de beaucoup de législateurs de parti, est de provoquer le succès et d'assurer l'ascen-