CHAPITRE II
du peu de progrès que l'Angleterre a fait aujourd'hui dans la science du gouvernement des partis, malgré le bill de réforme, si on la compare aux Etats-Unis ; le fait que ce parti, heureux dans l'élection et qui acquiert ainsi le contrôle absolu de tout le patronage et du pouvoir du gouvernement, ait donné actuellement une haute position à un homme qui a refusé de marcher avec lui relativement à une mesure capitale de la politique du parti, cela montre combien peu ce parti connaît les mesures capitales d'un parti on les secrets véritables de sa for ce. « Si de pareilles choses peuvent être faites avec impunité, qu'advient -il du principe bien connu, adopté actuellement par tous les partis dans ce pays, que c'est au vainqueur qu'appartiennent les dépouilles? » Comment un parti peut-il espérer se maintenir, si c'est pour être ainsi frustré de toute la complète jouissance du patronage du gouvernement? Quel encouragement y a-t-il pour les politiques de travailler à une victoire de parti s'ils voyent une si large part de la récompense de la victoire, remise froidement à un renégat, à un homme qui abandonne le parti parce qu'il ne peut pas endosser ses actes? Quel droit un homme de parti a-t-il de posséder un jugement ou une conscience propres ? Quel besoin a-t-il d'agir pour lui-même ? d'agir iï après ses propres convictions sur le devoir, au lieu de suivre la marche de son parti, content d'obéir à ses ordres, sans poser de questions?
Un législateur ou un autre officier public doit-il tenir son serment professionnel ou doit-il se soumettre aux ordres des caucus et des chefs du parti?
Le mode de législation moderne, dans les législatures des Etats, aussi bien que dans le Congrès, consiste pour les membres du parti dominant à se réunir fréquemment en caucus, à discuter les objets de la politique du parti, à se préparer et à se mettre d'accord relativement à des bills, résolutions et rapports sur lesquels il faudra délibérer et voter, de façon à ce que les membres du parti puissent être unis, et lorsque les mesures sont proposées dans les différentes Chambres, elles puissent être proposées avec succès par les différents chefs de parti, grâce à l'aiguillon du parti, sans beaucoup de discussion, et ainsi les membres de l'autre parti, et le peuple qu'ils représentent, sont privés de toute participation efficace à la législation.
Telles sont les méthodes par lesquelles l'action indépendante des législateurs et des autres officiers publics, est ébranlée, et par laquelle la substance de la souveraineté pratique du pays est contrôlée et exercée : le peuple n'y ayant que fort peu de voix. De pareilles pratiques et méthodes sont-elles sages et certaines pour un pays quelconque? Si non, y a-t-il quelque remède; et, s'il en est ainsi, quel est-il?
Le coup d'État du Congrès de 1867 se répand sur le pays, d'accord avec un caucus de parti; le premier acte d'une série, connue sous le nom d'actes de reconstruction, fut l'acte législatif le plus audacieux, que l'on ait jamais vu tenter dans ce pays. Non seulement il prit le peuple par surprise, mais son audace produisit un pareil choc dans l'esprit public qu'il parvint à imposer silence à l'opposition pour un certain