‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 68 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

temps. Sa hardiesse et son caractère révolutionnaire pourraient être comparés aux actes de la Chambre des communes d'Angleterre, qui conduisirent Charles Ier à l'échafaud, dans le but de révolutionner le gouvernement de l'Angleterre. Ce fut un acte révolutionnaire destiné à changer la lase du pouvoir et les fondations mêmes de notre gouvernement, en accordant le pouvoir politique aux trois quarts d'un million d'hommes de couleur et en enlevant le droit électoral à un demi-million d'hommes blancs, pour mettre la balance du pouvoir dans dix Etats et le contrôle absolu de plusieurs d'entre eux, d'une manière permanente, dans les mains de la race nègre.

On devrait se souvenir cependant que les peuples du Sud, sous la politique de reconstruction du président Johnson, avaient très généralement élu leurs anciens chefs de la sécession dans les conventions et législatures de leurs Etats, et à presque tous les offices les plus importants des Etats rebelles. Et tandis qu'ils ratifiaient le treizième amendement de la constitution fédérale, ils ignoraient et refusaient quelques-uns des droits civils les plus importants des nègres; ils employaient leurs esprits à forger pour eux de nouvelles chaînes, et refusaient de ratifier les mesures raisonnables et importantes contenues dans le quatorzième amendement, à l'effet d'assurer les droits civils des nègres et de donner la paix au pays. Ils montraient, de différentes manières, un esprit rebelle, hostile à l'union et au nouvel ordre de choses résultant de la guerre et de la politique émancipatrice du gouvernement.

L'attitude prise par les chefs des législatures, et le

peuple du Sud, menaçait le pays d'anarchie et mettait en danger la paix future aussi bien que les droits civils de la race nègre ; ce qui alarma même la portion la plus conservatrice des membres républicains du Congrès, leur persuada qu'il serait mieux pour le pays de mettre le contrôle politique des dix États, autrefois en rébellion, entre les mains des nègres plutôt que de leur permettre de retomber dans les mains des chefs de la sécession, qui avaient autrefois plongé le pays dans la guerre la plus terrible des temps modernes. L'attitude et la conduite du peuple du Sud unit le parti républicain dans le Congrès, afin de soutenir les lois violentes, connues sous le nom d'actes de reconstruction, et constituèrent une forte apologie de leur adoption, qui fut approuvée et sanctionnée par la majorité du peuple des États-Unis. Les avocats de l'égalité nègre appuyèrent la mesure con amore, tandis que les républicains plus raisonnables et plus conservateurs la regardaient seulement comme un pis aller, que l'esprit de parti, l'organisation de parti et la mauvaise conduite des États du Sud leur avaient imposé.

Des circonstances particulières et critiques fournissent parfois une apologie, sinon une justification complète des mesures violentes. La seule justification légale des actes de reconstruction (s'il peut y en avoir quelqu'une), doit être basée sur la théorie que ces États, par leurs propres actes volontaires et révolutionnaires, étaient de facto hors de l'Union, et que, pendant qu'ils en étaient ainsi sortis, ils osèrent faire la guerre aux États-Unis et furent conquis ; et étant ainsi conquis, il était juste et légal de les

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