‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 69 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

traiter comme des provinces conquises ou des territoires soumis, et de les gouverner par les prescriptions de la constitution, relatives aux territoires.

On ne peut trouver d'apologie semblable pour l'accusation et le jugement du président Johnson, par obéissance à un décret d'un caucus de parti, pour de prétendus crimes de haute trahison et d'abus de pouvoir (misdemeanors). S'ils l'avaient accusé pour un abus incroyable et la prostitution du droit de grâce, parce qu'il l'avait exercé à l'égard de grandes quantités de meurtriers, de voleurs de grands chemins, de faux monnayeurs et de personnes convaincues de fraude en matière d'impôts, ainsi que d'autres grands crimes et délits, il y aurait eu de bons motifs de le déclarer coupable et le priver de sa place. Mais la passion de parti et l'ambition aveuglèrent les chefs, de manière qu'ils négligèrent les vrais motifs d'accusation et les vrais moyens d'arriver à leurs fins, et ne virent clairement que les exigences de parti.

Une dépêche spéciale de Washington , publiée dans la Tribune de Chicago, en mai 1869, dit :

« Le département de l'intérieur vient précisément de préparer une liste de faussaires, convaincus et graciés pendant le mandat de M. Johnson. Le nombre total des cas était de 142. Les grâces commencèrent par la remise de deux sentences le jour de l'enterrement de M. Lincoln, et la dernière parut le dernier jour de son administration. Une liste de grâces de personnes convaincues d'avoir violé les lois sur le revenu intérieur porte 91 cas. »

SECTION XII

Lexercice du pouvoir de nomination et la récompense des services de parti.

Il est juste et convenable que les officiers de l'exécutif, investis du pouvoir de nomination, s'exercent en nommant leurs amis politiques et personnels, qui sont doués de capacité de préférence à leurs ennemis ou adversaires. Il leur faut des amis, des hommes en qui ils ont confiance, qui approuvent leurs mesures et leur politique et les aideront à les mettre en action. Comme règle générale, ils ne devraient pas nommer des adversaires, qui désapprouvent leur politique et pourraient secrètement user de leur influence afin de lui faire échec. Il est donc opportun, juste et convenable, qu'ils préfèrent leurs amis personnels et politiques, et les nomment seuls aux fonctions de préférence à leurs adversaires. Un homme public qui ne sait pas quels sont ses amis, ou ne distingue pas entre eux et ses adversaires, sera bientôt privé d'amis.

Mais il n'en résulte pas qu'ils doivent nommer leurs amis sans tenir compte de leurs capacités et de leur habileté ; ou qu'ils doivent refuser de nommer quiconque n'a pas fait profession d'appartenir au même parti. A notre époque d'instruction générale, il y a tant d'hommes instruits et bons, tant d'hommes qui ont eu l'éducation et l'expérience pratique des affaires, tant d'hommes spéciaux et tant d'hommes, enfin, qui ont une plus ou moins grande pratique des charges publiques, qu'il n'y a pas de justifica-

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