‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 77 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

service, ni par la possession du respect populaire à réclamer la liante position qu'ils ont obtenue. Mais par des cabales et des intrigues persistantes, ils n'en sont pas moins arrivés, année par année, à être mis à la tête de la gestion du parti, et ils ont usé de ce pouvoir dans un but de corruption et d'intérêt personnel. Le bien-être du parti n'est pas entré dans leurs calculs. L'effet de leur action sur les membres considérables de leur parti et sur le vote populaire, a été négligé par eux. Il a suffi que, nantis des insignes de l'autorité du parti, ils aient pu suivre un système de marchandage et de vénalité; en sorte que, tandis que le vote républicain dans la cité a promptement diminué, leurs facilités de poursuivre le trafic des charges et le pillage ont continué sans aucune diminution.

Maintenant que la capacité de ces farceurs et de ces fripons à manipuler des conventions et à promouvoir leurs propres fins a dérivé en grande partie de la prédominance d'un esprit d'intolérance... Nous avons vu dans cette ville les républicains les plus dignes de confiance marques comme ennemis et réclamer leur excommunication, simplement parce qu'ils refusaient d'accomplir les exigences sinistres des politiques de quartier, qui n'ont aucun autre souci du parti que celui de le considérer comme une agence de distribution des places. »

Telles sont les remarques de l'un des journaux les plus sincères et les plus dignes de confiance des États-Unis; et il n'y a pas de raison de douter de l'exactitude de ses vues. L'égoïsme et l'esprit de parti sont généralement la règle suprême dans ces comités.

Les nombreux faux papiers de naturalisation produits et employés aux élections et la pratique générale de certaines classes d'hommes étourdis, reproduisant leurs votes et votant dans différents quartiers de la même ville par les soins de comités démocratiques, montrent qu'ils ont été encore plus corrompus que les comités républicains. Plus corrompus, car ils ont eu plus de matériaux et des matériaux plus souples à leur action pour faire les élections; et plus de facilité pour commettre des fraudes, ayant de leur côté un comité électoral unanime dans la plupart des quartiers de la ville.

L'ordre Colombien, ou la Tammany Society, fut formé vers l'année 1790 et désigné comme une ligue ou société politique patriotique , pour soutenir les institutions de l'État et résister à la tendance supposée de concentrer le pouvoir dans le gouvernement fédéral , afin de conserver la balance du pouvoir entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des États. M. Hammond, dans son Histoire des partis politiques dans l'Etat de New- York , dit : « D'abord il n'y avait pas de partis politiques mêlés à ses agissements. Mais lorsque le Président Washington , dans la dernière partie de son administralion censura les sociétés librement établies dans la crainte que leurs tendances ultérieures ne fussent hostiles à la tranquillité publique, les membres de la Tammany se supposèrent compris dans le reproche et presque tous l'abandonnèrent. Le fondateur William Mooney et quelques autres la continuèrent avec fermeté. »

Peut être le grand pouvoir politique et l'influence

exercés par les sociétés affiliées' et les clubs de Paris, suggérèrent-ils l'idée d'employer la Société Tammany dans un but de parti, le colonel Burr et ses amis s'en servirent avec avantage pour agir sur le parti démocratique et sur les élections dans la ville de New-York. Quand elle fut incorporée, c'est ce que je ne puis dire ; mais elle a depuis longtemps le caractère de semblable institution , avec les pouvoirs habituels d'une corporation y compris celui de posséder et d'avoir un local de réunion. Ses pouvoirs comme corps incorporé lui donnèrent une organisation plus complète, son siège ainsi que ses autres propriétés servaient comme centre pour tenir la Société en état de cohésion et la rendre permanente. Je ne sache pas qu'aucune autre société politique ait jamais reçu la personnification civile dans les États-Unis. Les tendances de semblables sociétés sont d'augmenter le pouvoir de leurs officiers et de leurs chefs et de promouvoir les avantages de leurs membres sans tenir compte du bien public ; et il est à peine possible de développer le bien public en leur donnant les pouvoirs et les privilèges d'une corporation.

La Société Tammany a exercé un grand pouvoir et une grande influence sur le parti démocratique et sur les élections, nominations et investitures de fonctions dans la cité de New- York pendant près des trois quarts d'un siècle ; ce qui a souvent donné au parti la balance du pouvoir dans l'État, le contrôle du gouvernement dans l'État, et parfois même la prépondérance dans les États-Unis. Mais les ligues loyales établies durant ces dernières années par les républicains, ont été si nombreuses et si bien organisées

dans la plupart des États, ont agi avec une si parfaite harmonie et tant de concert, leur influence a été si étendue qu'elles embrassaient presque chaque district des États-Unis , qu'elles ont été invincibles dans l'union pour Taniuiany-Hall, dont les pouvoirs sont locaux. La Tammany Society, ses officiers et commissaires ont également exercé une grande influence sur la législation de la ville ainsi que sur les contrats publics, les entreprises et l'administration locale.

Les influences des comités de parti et des sociétés politiques sont généralement égoïstes, elles sont très rarement désintéressées, pures et patriotiques. Elles sont destinées à développer le succès d'un parti, ou les intérêts et l'avantage d'un membre ou de plusieurs membres du parti et de la société ; le bien général du pays entre rarement en ligne de compte. Ils correspondent mieux aux exigences de la guerre et aux objets révolutionnaires et militaires, qu'aux objets pacifiques.

Il est très désirable, que notre système d'élections soit amendé et réédifié de manière à ce que les comités de parti et les conventions électorales, le mécanisme des partisses ligues et les sociétés politiques, puissent tous être rendus inutiles et que l'on puisse s'en dispenser. Comme ne cadrant pas avec un exercice libre et sans préjugé de la franchise électorale; ni avec le droit du peuple de choisir ses gouverneurs; ni avec une bonne et juste administration du gouvernement. Le peuple a plus de raison de mettre sa confiance dans des officiers publics responsables, soit élus, soit convenablement nommés, et agissant

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