CHAPITRE II
publiquement, sous la sanction d'un serment, que dans des comités de parti irresponsables et dans des sociétés politiques dont les opérations sont pratiquées en secret dans un but de parti.
SECTION XVI
LES JOURNAUX. — LEUR DÉPENDANCE DES PARTIS. — LEUR INTO- LÉRANCE — LES CALOMNIES ET LES OUTRAGES CONTRE LES HOMMES PUBLICS.
Presque tous les journaux dans les États-Unis dépendent pour la principale portion de leurs soutiens, soit d'un parti politique, soit d'une secte religieuse, soit de quelque classe d'hommes particuliers. Telle est la violence de l'esprit de parti , la discipline des organisations de parti et l'esprit de clan des sentiments des sectes , qu'il est très difficile , bien plus difficile dans ce pays qu'en Angleterre, de soutenir un journal sans pareille assistance ; pour l'obtenir, il est nécessaire de sacrifier l'indépendance du journal, son caractère de sincérité et d'impartialité, et de le rendre le serviteur et l'instrument aussi bien que l'organe d'un parti ou d'une secte ; la plupart des éditeurs ou publicistes sentent leur dépendance et la nécessité de la conciliation et de l'assistance, ils rendent leurs journaux les instruments très serviles du parti ou de la secte dont ils espèrent l'appui.
Au siège du gouvernement de chaque État, aussi bien qu'à Washington, le patronage législatif et exécutif sont larges, et vont presque jusqu'à entretenir l'organe du parti dominant; dans chaque comté le
patronage du shérif et des autres officiers du comté est très considérable et contribue largement au soutien du parti dominant dans le comté. Les avertissements et autres patronages des membres du barreau, des marchands et autres hommes d'affaires, aident grandement à soutenir les journaux locaux; et comme règle générale les hommes professionnels et d'affaires donnent leur patronage quel qu'il puisse être, à l'organe du parti que chacun d'eux préfère. La fidélité au parti est non seulement espérée mais arrachée ; si la moindre indépendance est manifestée dans la critique ou la mise en question de la convenance de quelque mesure ou politique du parti, ou de quelque article du credo du parti, le patronage du parti, dans une plus ou moins grande étendue, est retiré, les souscripteurs disparaissent, et parfois un nouvel organe est établi afin de le supplanter.
Tel est l'état de choses qui fait de presque tous nos journaux de simples organes de parti, des voix partiales, sourdes aux mérites des mesures et politiques du parti opposé, assujetties et fréquemment les flatteurs attitrés des chefs de leur propre parti tandis qu'ils sont honteusement injurieux contre les chefs de leurs adversaires. Les journaux sont dans la même position que celle des politiques qui recherchent de l'avancement. Ils ne peuvent pas être sincères et impartiaux, dans la présentation et la discussion des questions publiques, des mesures de 'parti, de la politique et des « ptatforws » ; mais on attend et on exige d'eux de peindre sous de brillantes couleurs et d'augmenter l'importance des actes, mesures et actes