LES CORPORATIONS ET LES ABUS DE POUVOIRS DE LEURS OFFICIERS
Les corporations autres que les corporations municipales, les sociétés religieuses, les collèges, les hôpitaux et les institutions charitables , furent peu nombreuses et peu connues, tant dans ce pays qu'en Europe, jusqu'au siècle dernier. Avant la découverte de l'Amérique, toutesles grandes entreprises du monde ont été poursuivies par les gouvernements. Maintenant elles le sont, pour la plupart, dans ce pays, dans la Grande-Bretagne et dans d'autres pays d'une certaine étendue, par des corporations, des joint-stock companies ayant personnification civile, par ce qui peut être appelé corporations privées, dirigées dans l'intérêt des associés; et cependant presque toutes sont revêtues d'un caractère public et tendent à promouvoir l'industrie et la prospérité d'un pays.
Etant des organisations de capital et de travail — agencées sous et conformément à la loi, dirigées par des gérants élus par les associés indépendamment du gouvernement et des partis politiques euxmêmes, dans la plupart des cas, elles sont les forteresses de la propriété et du travail, de la liberté industrielle et du self-government. Leurs affaires et
la propriété qu'elles détiennent étant en dehors de l'ingérence arbitraire du gouvernement et protégées par la loi, leurs affaires étant faites par leurs propres officiers, sous le contrôle des directeurs, elles agissent comme écoles , pour aider à élever le peuple dans l'art du self-government. Lorsqu'elles sont honnêtement et convenablement dirigées, elles peuvent être comptées au nombre des institutions les plus bienfaisantes que l'homme ait jamais inventées ; mais lorsqu'elles sont dirigées d'une manière égoïste et corruptrice elles deviennent des engins terribles pour filouter le public, frauder leurs propres actionnaires et stimuler les spéculations de jeu sur leurs actions.
Nous avons dans les Etats-Unis un très grand capital constitué dans les actions et les titres des compagnies ayant personnification civile, et son chiffre s'accroît rapidement. Les demandes de chemins de fer ont été si fréquentes durant les 20 dernières années, et les sociétés de chemins de fer ont jeté tant de titres sur le marché à un taux d'intérêt élevé afin de réunir les moyens nécessaires pour construire et équiper les routes, que cela a eu un effet très sensible sur le taux de l'intérêt et l'a élevé de six et sept pour cent par an, à 8 et 10 pour cent.
Le chiffre du capital ainsi placé dans les actions et les titres de sociétés reconnues peut être estimé comme suit, en chiffres ronds :
Dans les sociétés de chemins de
fer, près de d. 2,000,000,000
A reporter. . . d. 2,000,000,000