BASE DES POUVOIRS SOCIAL ET POLITIQUE AINSI QUE DU GOUVERNEMENT
La base du pouvoir social et politique et celle du gouvernement est la même. Il est dit dans la déclaration américaine de l'indépendance que les gouvernements dérivent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés. Cela n'est pas strictement exact. Le pouvoir politique dérive de la même source que le pouvoir social ; et le gouvernement d'une communauté ou d'un Etat doit avoir la même source et la même base que le gouvernement d'une famille. Perlonne ne prétendra que le droit du père d'exercer le pouvoir sur son enfant et de le gouverner, dérive du consentement de celui-ci. D'où dérive ce droit et ce pouvoir? La réponse doit être, que ce pouvoir du père est dérivé de la nature et de la constitution de l'homme, de la condition abandonnée de l'enfant et
de sa dépendance vis à vis de son parent. Il dérive des lois de la nature et de la nécessité du gouvernement dans le but de maintenir l'ordre et de procurer le bien être de l'enfant. Le gouvernement des États et des nations a la même base; non pas le consentement du gouverné mais la nature et la condition de l'homme ; les lois de la nature établies par le créateur; la nécessité de la loi et aussi la nécessité du gouvernement de faire et d'administrer la loi, afin que les droits des individus soient protégés, les crimes punis, que remède soit apporté au mal, et que l'ordre et la paix soient maintenus.
Il est désirable que le gouvernement d'un pavs soit d'un caractère tel, et ait une organisation telle, qu'il soit sanctionné par le peuple tout entier ou presque tout entier. Les lois et la politique du gouvernement devraient également rencontrer l'approbation du peuple entier ; ou de tous, sauf les gens vicieux et criminels, qu'on ne peut s'attendre à voir approuver des lois convenables et rigides destinées à réfréner le vice et à punir le crime.
La sanction et l'approbation du peuple ou de sa majeure partie donnent à un gouvernement un pouvoir et une stabilité additionnels et aident puissamment à l'exécution des lois; et plus particulièrement de ces lois qui sont faites pour arrêter et réprimer le crime. Mais c'est à peine si l'on peut sérieusement prétendre qu'il est nécessaire d'avoir le consentement des gens vicieux pour donner validité à la loi destinée à arrêter le vice ou à punir le crime.
Tandis que les pouvoirs légitimes du gouvernement sont dérivés des lois de la nature et de la