‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 90 sur 211 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nécessité de la loi et du gouvernement; la forme du gouvernement doit être choisie par l'homme et la répartition de ses pouvoirs doit être déterminée par lui ; et ils devraient être ainsi déterminés par les classes les meilleures et les plus intelligentes de la société. Lorsqu'il y a des différences d'opinion la majorité doit à cause de la nécessité de la situation, déterminer la solution plutôt que la minorité. Mais une majorité ne peut pas conférer légitimement à un gouvernement des pouvoirs qui ne sont pas dans les fins et objets légitimes du gouvernement, et ne sont pas nécessaires au développement du bien être du peuple; et lorsqu'un monarque ou une aristocratie, un corps ecclésiastique ou la majorité d'un peuple, exercent des pouvoirs exagérés, qui ne s'accordent pas avec les lois de la nature ni avec un degré raisonnable de liberté humaine, et ne sont pas pour ce motif dans les fins et objets légitimes d'un gouvernement ils sont coupables d'usurpation de pouvoir, de tyrannie et d'oppression.

Le consentement ou l'élection désigne ou devrait désigner les officiers qui doivent exercer les différents pouvoirs du gouvernement, prescrits par les lois de la nature; mais le consentement seul ne peut conférer le pouvoir et n'en est pas la base. Si les lois sont justes et convenables, les droits des personnes qui n'y , ont pas consenti ne sont pas lésés par leur exécution. Si les lois sont injustes, le fait qu'une majorité du peuple peut y avoir consenti n'altère pas leur caractère, et ne diminue pas leur injustice envers la minorité qui n'y a pas consenti.

Si la validité des lois et du gouvernement dépen-

dent du consentement du gouverné, les femmes ont le même droit que les hommes de participer au gouvernement; leur refuser le droit de suffrage, la participation aux élections des officiers et à la confection des lois, c'est une grossière injustice ; et tous les gouvernements et toutes les lois, pour autant qu'ils exercent un pouvoir sur les femmes sont, sans aucun juste fondement, despotiques et tyranniques. Si mon raisonnement est exact, la déclaration, fréquemment répétée, que les pouvoirs légitimes du gouvernement dérivent du consentement des sujets, n'est qu'une pétition de principe et ne forme pas une base sérieuse pour le suffrage universel.

SECTION II

INÉGALITÉS INTELLECTUELLES ET PHYSIQUES DES HOMMES, INÉGALITÉ DES FORTUNES.

L'influence des lois générales des facultés naturelles et de l'esprit, produisent' de grandes inégalités dans les pouvoirs et la capacité intellectuelle du genre humain ; dans son caractère moral et ses inclinations; dans son pouvoir physique et ses capacités, comme aussi dans sa force de souffrance. Voilà des inégalités dans la constitution des hommes ; des inégalités produites par l'Etre suprême, par l'action des lois générales et de la Providence. Ce que Dieu a fait inégal ne peut être rendu égal par les lois et les prescriptions humaines.

Quoique tous les hommes ayent des droits naturels égaux (chacun d'eux ayant droit à sa liberté et

Page 1