LE SYSTÈME DU MONDE I
cet astre autour de la Terre, et à l'égard des planètes par les routes apparentes les plus bizarres, par des trajectoires en zigzag analogues aux boucles successives que la Luiw décrit réellement dans le ciel.
C'est le triomphe de Tesprit humain d'avoir fait jaillir la lumière du sein de ces ténèbres épaisses ! Ce seraTéternelle gloire de Kepler, de Copernic, de Galilée et de Newton d'avoir dégagé de tant de causes d'erreurs les lois géométriques et mécaniques du système solaire.
Pour expliquer, d'une manière bien insuffisante, les mouvements en apparence si capricieux des planètes, les anciens avaient entassé hypothèses sur hypothèses ; l'esprit se perdait dans ce dédale inextricable d'une science imaginaire et Ton était tenté de s'écrier à chaque pas, comme le roi Alphonse de Castille : « Si Dieu m'eût consulté, il eût adopté un autre plan I »
Ce serait trop m'écarter de mon sujet que de vous montrer comment tout cet échafaudage de l'astronomie ancienne est tombé pièce à pièce sous les coups redoublés des quatre hommes de génie dont je viens de rappeler les noms immortels. Laissez-moi
'd "cependant caractériser en peu de mots ' |L l'œuvre de chacun d'eux.
3: C'est Copernic qui le premier, secouant le Ir joug des vieilles doctrines, substitua à Ifette architecture informe le plfin simple et har- F monieux que vous connaissez. — Kepler £" changea cette esquisse générale en un plan £ d*une rigueur mathématique ; on lui doit la forme exacte des orbites, la loi suivant laquelle varie la vitesse des corps qui les parcourent, et la dépendance qui existe entre les durées des révolutions des planètes et leurs distances au Soleil. — Galilée, en jetant les fondement^ de la mécanique, en construisant la première lunette, en découvrant les phases de Vénus et les satellites de Jupiter, démontra d'une manière irréfutable le système de Copernic. — Nev^ton, enfin, trouva la loi de Tattraction universelle et ramena ainsi à un principe unique la théorie physique de l'univers ; dans son livre des Principes^ Tune des plus hautes productions de l'esprit humain, il refît, en partant de la loi de Ja gravitation, .la synthèse du système du monde, et créa, en un mot, cette mécanique céleste qui , réduisant toute la science en formules, permet de prédire' avec
âO LE STSTËMB DU MONDE
une admirable exactitude les position» qu'OG* cuperont à un moment donné les divas globes du système solaire. Ce merveiUenz.
accoA de Tobservation et du calcul est k preuve éclatante dd la Térîté de la sdesice { moderne.
Notre fabuliste Ta dit : .
« L'homme est de glace anx vérités, » Il est de feu pour les ^mensonges. ».
Il ne faut donc s'étonner ni de Tardente opposition que rencontrèrent les idées nouvelles, ni du long intervalle qui a sépaié leur apparition de leur adoption définitive.
De nos jours, la doctrine du double mouvement de la Terre ne trouve plus de détracteurs; le temps est enfin venu, que prévoyait Galilée, lorsqu'il disait à ceux qui, dans leur fol orgueil, tentaient d'anéantir ses sublimes découvertes :
« Est-oo qu'on peut jamait les étoirfbr»
» Et pour m'avoir vainea, cft>irez-Y0ii8 trkuAplisr.t'
» Peut-on barrer le cours d'une vëriië neuve?
» Arrêter une goutte, est-ce arrêter un fleuve?
» Croyez-moi, respeetes ces aspirations;»
» Elles ont trop d'élans et trop d'expansions
» Pour souffrir qu'un geôlier les tienne prisonnières ;
•» Laissez-leur le champ libre, ou malheur aux. harrière»!
ET LE GALËNDRIEH M
Allez, persécuteurs, lancez vos anathèmes I Je suis religieux beaucoup plus que vous-mêmes. Dieu, que tous invoquez, mieux que vous je le sers : Ce petit tas de boue est pour vous l'univers; Pour moi sur- tous les points l'œuvre divine éclate; Vous la rétrécissez et moi je la dilate; CSomme on mettait des rois au char triomphateur, > Je mets des univers aux pieds du Créateur ' t »
Pardonnez - moi , Messieurs, de m'être étendu avec tant de complaisance sur le système du monde ;\ la partie technique de oaon sujet, c'est-à-dire lexposition des règles lu calendrier n'en sera que plus courte et plus lumineuse.
i. Ponsard, GcUiléCt acte II.
Commençons par définir le jour et V née *.
On appelle midi Tinstant on le soleil es plus élevé au-dessus de Thorizon, et " donne le nom de jour à l'intervalle de tei compris entre deux midis consécutifs.
Si la terre ne se transportait pas autoui soleil, si elle tournait seulement sur e même, lé jour ne différerait pas de la di de la rotation de notre globe. En effet terre étant dans Tune quelconque de ses sitions, considérez le point de sa surface est vis-à-vis le soleil ; il sera alors midi
1. A r Asile de Yincennes, on avait mis sous les ; des auditeurs, pour faciliter l'intelligence des ej cations contenues dans ce paragraphe, l'ingénieux pareil de M. Léopold Robert, horloger de la marine périale.
lieu ; que la terre tourne sans se déplacer, rès une rotation complète le point con- Léré reviendra en face du soleil, et il sera nouveau midi en ce lieu.
Mais les choses ne se passent pas ainsi"; la rre se déplace sur son orbite pendant qu'elle orne sur elle-même ; pour apprécier l'effet ï ce transport sur la durée du jour, suppons que les deux mouvements translation et tation , au lieu d'êtresimultanés , s'effectuent ccessivement ; en d'autres termes, admétis que la terre se déplace d'abord un peii r son orbite en conservant son orientation, is qu'elle tourne sur elle-même sans se déîcer ; et comme les images rendent les véés plus sensibles, représentons l'orbite de terre par le contour de cette table ronde et soleil par cette lampe que je place au mi- !U. Suivez avec attention tous mes mouments. Dans la position que j'occupe j'ai la npe, c'est-à-dire le soleil, en face ; pour liter la translation de la terre, je me déplace i peu autour de cette table sans tourner, îst-à-dire en regardant toujours un même dut situé au fond de la salle ; dans ma nou- 11e position j'ai la lampe à ma gauche ; si )uc je pirouette sur moi-même, après un