‹ Le système du monde moralChapitre 15 sur 19 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'ordri universel

a Quels êtres sommes-nous donc? » devaient se dire les hommes qui vivaient avant Copernic et Galilée^ lorsqu'ils portaient leurs regards vers la voûte céleste^ < et quelle haute importance est la nôtre^ puisque la Cause souveraine de tout ce qui est a déployé pour nous seuls tant de magnificences ! — Autour de nous roulent dans l'espace^ suivant les courbes les plus compliquées^ d'innombrables clartés destinées à orner nos nuits ; quand leur douce lumière pâlit et s'éteint^ c'est pour faire place à l'astre radieux^ toujours docile^ toujours exacte créé tout exprès pour porter successivement ses flots de lumière sur tous les points de notre globe^ dont il fait si rapidement ie tour. — L'homme n'est pas seulement le

la

roi de la terre^ il est le roi de toute la création^ puisque la terre est le centre du monde^ et que le inonde entier, en tournant autour d'elle, montre assez qu'il lui est soumis!»

Hélas 1 la terre n'est pas le centre du monde ; elle n'est que l'une des plus humbles sphères qui tournent autour d'un foyer lumineux quatorze cent mille fois plus gros qu'elle et dont elle intercepte en passant les rayons. Ce foyer de lumière n'est lui-même que Tun des moins brillants parmi des milliards d'autres soleils, autour de fun desquels il remplit, avec tout son cortège de planètes, un rôle de satellite à peine moins modeste que celui de la terre à son égard. — Combien de systèmes de plus en plus vastes faut-il ainsi construire pour représenter en son entier l'énorme mécanisme qui relie les uns aux autres tous les soleils dont se compose la tache céleste, la nébuleuse aplatie à laquelle nous appartenons (1)! — Et cette nébuleuse elle-même n'occupe qu'un faible espace ; nos plus fortes lunettes actuelles

(4) Herschell a compté, dans le champ de sa lunette dirigée fers laToie lactée, c'est-à-dire danâ un espace égal environ au quart du disque apparent de notre soleil cent seize mille étoiles. L'esprit re^ cule devant l'opération qu'i) faudrait faire pour apprécier d'après ce chiffre le nombre des soleils qui composent notre nébuleuse.

permettent déjà d'en découvrir^ dans les profondeurs du ciel^ un assez grand nombre d'autres qui sont sans doute avec la nôtre autant de groupes en mouvement gravitant ensemble autour d'un centre commun (1). — Qu'on ajoute au nombre déjà incalculable des astres qui laissent parvenir jusqu'à nous la lumière qu'ils engendrent le nombre bien plus grand encore de ceux qui^ comme la terre^ ne peuvent projeter qu'à peu de distance autour d'eux le faible rayonnement qu'ils réfléchissent^ — et l'on sentira le poids écrasant sous lequel la simple éloquence des chiffres peut faire fléchir notre intelligence...

La science peut-elle aller plus loin? Peut-elle^ après avoir constaté l'harmonie universelle^ en prévoir l'alté-

(4) La gravitation universeile D*e8t plus une simple hypothèse ; elle est démontrée par la découverte relativement récente des mouvements des étoiles dottbles, — Écoutons M. Arago. Après avoir montré rincontestable rigueur des calculs sur lesquels s'appuie ce grand fait, il s'écrie : « Ainsi, les étoiles sont régies par la même force qui» dans notre système solaire, préside à tous les mouvements des planètes et des satellites ; ainsi, cette célèbre attraction newtonienne, dont l'universalité n'était jusqu'ici établie que jusqu'aux limites de l'espace embrassé par la planète la plus éloignée de notre soleil, c'est-à-dire par Neptune, devient universelle dans toute l'acception grammaticale de ce terme. » {Astrotiomie populaire, t. 1, p. 472»)

ration ou la transfonnation progressiTe?— Oui; un fait acquis à Tobservation Tautorise à plonger un lointain regard sur les destinées du monde physique^ c'est le lent rétrécissement de toutes les orbites des corps célestes, dû à la résistance de l'éther et sensible seulement jusqu'ici sur celles des comètes à périodes connues (1).

(4) Citons encore ici M. Ârago. Comme il ne rattache ce fait k aucune doctrine philosophique, il semble sur ce point être contraint à un aveu pénible que lui arrache Tévidence, et il fait ce qu'il peut pour Taiténuer. Après avoir confessé les faits observés qui, — malheureusement, suivant lui,— rendent ce sort inévitable pour tous les astres qui gravitent autour d'un autre, il ajoute :

< Mathématiqumient parlant, si on ne parvient pas à trouver (oU la trouverait-on?) une cause compensatrice de la résistance éprouvée, il sera établi qu'après un laps de temps suffisant composé peut-être de milliards d'années, la terre, par exemple, ir» se réunir au soleil. » {Astronomie populaire, t. IV, p. 27.)

Evidemment, les milliards ne sont mis là que pour nous rassurer, et de simples millions seraient plus que suffisants (').— Ce n'est pas parce que la durée de Tannée n'a pas varié depuis Uipparque, qu'on peut raisonnablement supposer que la résistance opposée sera si longue à produire son inévitable eflet. Qui ne voit, d'ailleurs^ que, du moment où cette influence serait sensible, l'équilibre serait rapidement rompu entre la force croissante de l'attraction et la force primitive d'impulsion restant constante? — Ne peut-on pas supposer

(*) S'il faut eu croire M. Adhémur, qui cherche à démontrer que tous les J0,500 ans il s'opère un transport des mers d'un pôle à l'autre, l'arenir de l'humanité serait beaucoup moindre, puisque, en raison de la période déjà écoulée, il serait fixé à enriron 4,000 ans.

— En rapprochant ce fait général de celui de Tunivcrsalité de la gravitation, il n'y a qu'une seule conséquence à en tirer, — et cette conséquence est aussi rigoureuse que possible, — c'est Vinévilable réunion dans un incalctUable avenir de la maitére universelle en une masse unique, après que de proche en proche elle se sera repliée sur chœun de ses centres partiels.

Cette donnée scientifique devra prendre plus tard sa place dans notre synthèse générale ; mais n'anticipons pas, et revenons au spectacle que nous présente l'équilibre actuel du monde.

aussi que le rétrécissement de Torbite est exactement compensé pour les globes solides (bien que cela n*ait pas lieu pour les comètes \ par le ralentissement réel opéré dans le mouvement de translation , de façon Ik ce que la constance de la durée de Tannée n'en soit point altérée? — Je sais bien que Laplace a établi Tinvariabilité de longueur des grands axes. Je sais aussi que cette question a récemment donné lieu à de vifs débats ; quant à moi, je ne puis sortir de ce raisonnement : S'il n'y a pas de rétrécissement d'orbites, il n'y a pas de résistance; s'il n'y a pas de résistance, il y a vide absolu dans les espaces interplanétaires; s'il y a vide absolu, il n'y a pas moyen — l'hypothèse de l'émission étant rejetée — d'expliquer la propagation de la lumière, puisqu'il n'y a plus d'ondulations possibles. Renversez le raisonnement, et vous arriverez à la nécessité du rétrécissement des orbites. Â défaut de cette preuve, la métaphysique m'en fournit une à posteriori que j'indiquerai ailleurs.

Une idée éclatante et nette jaillit de la contemplatioii de ce spectacle^ — si nous parvenons à en embrasser Tensemble sans céder au yertige, — c'est la grande idée de l'uNiTÈ manifestée par VorHre. Quelles proportions prend tout à coup à nos yeux cette puissance que nous avons jusqu'ici désignée sous le nom de nature, quand, par le seul faitdela gravitation, nous saisissons le lien qui rattache notre terre, notre vie et peut-être notre destinée au mécanisme physique, à Tordre universel, à la pensée unique et souveraine dont cette harmonie est l'expression sublime I — Ce mot vague de « nature » qui nous a sufB jusqu'ici aura-t-il désormais pour nous une assez large ampleur? — Non, une seconde idée naît invinciblement de la première, un nom nouveau s'impose à notre admiration, c'est celui de toute-puissance ; nous l'adopterons donc jusqu'au moment où, cédant à un besoin plus impérieux encore que celui de connaître, nos lèvres reconnaissantes en prononceront un autre.

n est tout simplement absurde de supposer que cette prodigieuse dissémination de la matière, — que cette multitude effrayante de globes accomplissant, autour de leur foyer respectif, une fonction semblable à celle de la terre et présentant en conséquence à leur surface des

conditions de yie analogues^ — n*ait d'autre emploi et d'autre utilité que de peupler l'espace et d'y tracer de gigantesques cydoïde^t. — Ou ce n'est pas la môme main qui a façonné la terre et les cieux^ ou chaque sphère a pour but de diTersifier ce phénomène de la vie qui seul peut donner un sens à l'existence de la matière. 11 est yrai que, sur ce théâtre aux innombrables scènes, celle que l'honmie, dans son illusion naïve, s'est plu si longtemps à croire le centre du monde est étrangement dépossédée de son importance; mais, sans doute il sait aujourd'hui se réduire à sa valeur relative; — sans doute une philosophie nouvelle est née de la révélation des lois qui régissent l'univers...?

Non ; l'homme de nos jours persiste encore à se croire le point de mire, le constant^et personnel objet d'une active sollicitude. — Il se sent libre cependant et ne peut s'empêcher de le reconnaître; il ne se souvient d'aucun moment de sa vie où cette liberté lui ait fait défaut; il admet sans difficulté que toutes les générations qui l'ont précédé sur la terre ont vu l'individu jouir, à toute heure, à tout instant, de ce même libre arbitre, aussi absolu, aussi irrécusable; — et il ne voit pas que cette liberté est inconciliable avec une intervention quelcon^ que du pouvoir dont il tient l'être, ou que, si elle n'est

qu'une yaine apparence^ ce pouvoir assume sur lui^ dans les actes de sa créature, une part de responsabilité ^;ale à la part de liberté qu'il lui enlèye. Quelle idée rhonune se fait-il donc de la Touie-putisanee, s'il pense qu'elle n'a pas voulu ou n*a pas pu pourvoir à ses destinées conmie elle l'a fait pour tout ce qui est sorti de ses mains? — Cette tendance à l'identification, cet utile anthropomorphisme qui a servi de premier guide à l'intelligence humaine, est-il donc encore si tenace que l'homme ne puisse comprendre la Taule-pui$$ance qu'en l'assimilant à lui* même, en lui attribuant ses débiles procédés de conservation, de réparation et de distribution de la justice?

La TOUTE-PUISSANCE, — qu'on la c(msidère dans son essence ou dans ses rapports avec tout ce qui n'est pas elle, — n'admet qu'une seule définition possible, c'est la formule mathématique suivante : force infinie y — résistance nulle. Toute doctrine philosophique ou religieuse qui, pour relier ses divers points entre eux, se voit contrainte à violenter l'un des tenues de cette formule me paraît par là même convaincue d'erreur; et celle-là seule peut à bon droit se croire voisine de la vérité qui réussit à soumettre a ce critérium infaillible toutes les interprétations qu'elle donne aux faits acquis à la connaissance^ sans jamais y trouver une contradic-

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tion. Ce rapprochement me semble suffisant pour me dispenser, à l'égard d'une doctrine quelconque, de toute discussion de principes. Je ne connais de solide et de sûr en métaphysique que le terrain que je signale, et je me déclare hautement prêt à condanmer le premier la doctrine que j'expose, s'il m'est prouvé qu'une autre satisfait mieux à la saine notion de la Toute-puissance. — Quelques mois nous suffiront pour donner à cette notion toute la précision que comporte l'intelligence de Têtre fini.

Les corps célestes, la terre et les êtres qui vivent à sa surface, — tout ce qui est et tout ce qui agit, — tout ce qui se manifeste à nos sens ou à notre pensée, — tout en un mot se meut dans Vespace et dans le temps, et nous ne pouvons rien comprendre sans déplacement et sans succession. Peut-on considérer aussi la Toute-puissance comme astreinte à cette double nécessité? — La formule qui la définit ne le permet ni par l'un ni par l'autre de ses termes; car, si pour elle le passé et l'avenir ne s'absorbaient pas dans une perpétuelle actualité, si l'espace avait pour elle des distances, son pouvoir ne serait pas infini, ou, ce qui revient au même, le temps et Tespace lui opposeraient une résistance analogue à celle

qui entraye la locomotion de Tètre fini. L'espace et le temps ne se conçoiyent donc, à l'égard de la Toute-puissance, que sans division et sans succession, c'est-à-dire, éyidemment, qu'ils nb se conçoivent plus. — Et, d'un autre côté, ils ne se conçoivent pas davantage sans une substance finie (I). L'immensité vide, — l'éternité immobile, — c'est l'incompréhensible indivisibilité, — c'est, pour la créature finie, l'incommensurable et l'inaccessible, ce serait k niarU si ce n'était ^Infini, La présence de la matière introduit par sa localisation la division dans l'immensité : c'est l'espace; les mouvements de la matière introduisent par leur succession la division dans l'éternité : c'est le temps. Donc, l'espace, le temps, la matière, sont les trois termes essentiels et coexistants du fini; les deux premiers impliquent le troisième, et c'est celui-ci qui engendre les deux premiers. Le temps et Yespacey — conditions finies et divisibles, — sont à la substance finie ce que Viternité et Vimtnensiti, — conditions infinies et indivisibles, — sont à la substance infinie ou Toute-puissance. — On ne peut donc formuler

(1) Comme nous sommes ici dans le monde physique, nous ne parlons, en fait de substance finie, que de la matière; il est cliir que le même raisonnement s'applique à toute autre substance.

ni cette proposition : la matière est étemelle^ ni celle-ci : la Toute-puissance agit dans le temps; car, dans Tune et dans l'autre de ces propositions, les termes sont contra* dictoires.

N'eussions-nous pas même ces deux caractères si tranchés, — Vindimsibilité et la divisibilité, — pour établir à priori une distinction radicale entre les deux substances dont Tune a pour condition Tétemité et l'autre le temps, la formule qui nous sert de critérium nous interdirait l'hypothèse de la coéternité de la matière et de la Toutepuissance. Car, l'idée de la matière indépendante — ou existant par elle-même — est équivalente à l'idée de résistance, et toute résistance est incompatible avec le pouvoir que nous définissons. — L'existence de la matière ne peut donc se concilier avec l'idée du pouvoir infini que si on la considère comme émanée de ce pouvoir lui-même, et douée par lui, dans ses particules indivisibles, c'est-à-dire dans ses atomes, de l'aveugle et absolue propriété d'obéir toujours, sans résister jamais.

Dira-t-on, — en laissant encore de côté la distinction directe que nous avons établie plus haut, — que cette obéissance de la substance finie a besoin d'être surveillée, que l'ordre une fois établi a besoin d'être conservé, et

que, s*il se produit un désordre, il réclame une réparation? — Qui ose parler de conservation ou de réparation dans l'œuvre de la Toute-puissance ? — Avoir besoin de conserver ou de réparer, c'est avoir à lutter contre un pouvoir rival; ou bien, c'est avoir mal construit, c'est avoir laissé dans son œuvre quelque défaut, — quelque omission, — qui, à un moment donné, demande une retouche... Or, conunent concilier une rivalité de pouvoir ou une imprévision quelconque avec l'idée de la Toute-puissance? —Soutenir que le principe du désordre émane d'elle ou qu'il se produit malgré elle, c'est ^;alement la nier. Non, s'il y a une Toute-puissance, elle ne conserve ni ne répare,— elle vbut, et de sa volonté jaillit le plan qu'elle conçoit, relié dans tous ses détails par la plus inébranlable harmonie. Sa prévision sans limites, ou plutôt (car prévoir impliquerait succession) sa vision immanente, — pour laquelle les effets sont contemporains des causes, — fournit d'un seul coup au fini toutes ses conditions d'être. Parmi ces conditions sont, avonsnous dit, l'espace et le temps; leur décomposition devient la mesure qui s'impose à toutes les conceptions de l'intelligence finie; et, pour cette intelligence, l'œuvre instantanée de la Toute-puissance ne peut se présenter que sous un seiil aspect, à savoir sous l'aspect d'une

série de transformations successives engendrées les unes par les autres.

C'est là, — faut-il le rappeler? — le point de vue unique dont nous ne nous sommes jamais écarté, et qui dans aucun cas ne nous a fait défaut, dans tout notre tableau mouvant du développement de la vie, sur la scène si restreinte où il nous est donné de l'observer.

Que faut-il pour qu'en un indivisible moment la volonté TOUTE-PUISSANTE lutroduisc, au sein de l'immensité, la substance finie qui y fait naître le temps et l'espace ? — Que faut-il pour que cet acte instantané donne à la fois à la substance finie toutes ses conditions d'existence, de mouvement, de diversité et de développement? — Nous l'avons dit plus haut, — il faut que la rigoureuse exécution du plan général soit infailliblement garantie par la construction même des indivisibles atomes qui doivent y concourir; il faut que de Yinfiniment grand procède directement Yinfiniment petit. — L'existence de l'atome implique deux conditions nécessaires : la forme et la masse; car il ne peut être sans occuper dans l'espace une place déterminée par sa structure; quoique cette place (ce qu'il ne nous est pas donné de concevoir] soit la plus petite possible. Or, qu'à chacune de ces conditions d'être soit unie une force, et cela suffit pour que le plan uni-

Tersel^ immédiatement complet au point de vue infini ou éternel, n*ait plus besoin, — au point de vue fini, — pour son achèvement progressif, que des deux conditions flnte5.jQH divisibles qui en font partie, c*e8tnà-dire l'espace et le temps^

En effet:

Que la force qui réside dans la structure (I ) détermine

la formation d'atomes composés, diversifiés par le

nombre des composants et par le mode et Tordre des

juxtapositions successives;

Que la force qui réside dans les diverses masses atomiques (i) tende à les réunir, à en former des masses

agrégées, et que l'énergie de cette force soit en rapport direct avec ces masses et en rapport rapidement décroissant avec leurs distances; afin que le principe unique du mouvement soit varié par l'inégalité des masses, et que l'indépendance relative des grandes agrégations soit assurée par l'intervalle même qui les sépare ;

Que les brusques accidents de rapprochement et de disjonction entre les atomes déterminent les différents degrés d'un phénomène à double manifestation (3) qui

(I ) Affinité chimique. Loi des proportions définies* {%) Pesanteur ou gravitation.

(3] Chaleur et lumière*

deyienne lui-même une force capable d'engendrer, dans des limites précises, des mouvements et des phénomène» nouveaux ;

Que le mouvement régulier d'une grande agglomération de matière (1) détermine une disposition fixe dans les atomes qui la composent; et que, cette disposition normale venant à être altérée par une influence contraire dans les corps isolés à sa surface, la disposition atomique anormale qui en résulte maintienne sur ces corps, tant qu'elle persiste, une tension (2) capable de se traduire par la production indirecte des conditions de tous les autres phénomènes;

Qu'à Taide de cet intermédiaire (3) des dérivations facultatives puissent toujours s'opérer à la source initiale et permanente de la force et du mouvement, pour en subdiviser et en propager les manifestations diverses à travers le temps et l'espace;

Et qu'à cette fin, un élément subtil (4), soumis à d'autres

(1) Rotation d'une sphère.

(2) Électricité. — Ceci est une opinion personnelle dont je pourrai Ikire quelque jour Tobjet d'une discussion spéciale.

(3) Reproduction de la force par Tintermédiaire de Télectricité musculaire.

(4) La substance immatérielle. Cette idée sera éclaircie et dévelop[>ée au chap. li de la qucUrièifie partie.

lois^ pénètre le premier, en relie les fractions grandes et petites, comble entre elles les yides et les distances, transmette des unes aux autres les actions et les influences, et puisse aussi — par une alliance plus intime — donner lieu à d'innombrables manifestations du pbé* nomène vital avec toutes ses conditions progressiyes de propagation, de métamorphoses et de transmigrations; Que toutes ces conséquences soient contenues dans l'acte initial de la volonté souveraine; et le développement

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