‹ Le système du monde (volume 2)Chapitre 32 sur 485 · VI-I · texte numérisé non relu

VI-I

DU HEM

LE REFLUX DE L’ARISTOTÉLISME

t< Si l’on admet que la forme du genre généralissime est une véritable substance *, comme elle est le principe de la substance, c’est-à-dire le principe de toutes les choses qui sont dans le genre de la substance, nécessairement elle possédera, dani- la réalité naturelle, une matière qui lui soit proportionnée, puisqu’elle est elle-même une perfection propre. Partant, comme de la forme généralissime de la substance jusqu’aux formes spécifiques, se déroule un ordre qui est naturel et qui se reconnaît également par voie de considération intellectuelle, à chacune de ces formes correspondra nécessairement une matière qui lui soit proportionnée, depuis la première matière qui existe sous la forme généralissime, jusqu’à la matière ultime qui existe sous la forme spécifique. »

De gradin en gradin, suivons la chute de cette cascade de matières, toute semblable à la cascade des formes.

« Suivons la ligne prédicamentale de la substance *, soit à partir du genre [le plus général] qui, en raison de la matière qui est en lui, est indifférent à une détermination comme à la détermination contraire ; soit à partir de la forme la plus commune qui, graduellement, selon la proportion de réceptivité que possède la matière, tend à se particulariser de plus en plus. La première opposition que nous rencontrions se trouve entre les deux termes de ce dilemme, le corporel et l’incorporel. »

La substance universelle se subdivise, donc tout d’abord, en deux genres différents de substances : L’esprit en général, formé de la matière spirituelle et de la forme spirituelle. Le corps en général, formé de la matière corporelle et de la forme corporelle. Parlons, d’abord, de la matière spirituelle.

« Les intelligences 3 particulières sont de véritables individus, de véritables personnes, elles sont les sujets de véritables accidents... Il est donc impossible qu'elles soient exclusivement formes. Selon Boêce, en effet, une forme ne saurait être le support de quoi que ce soit. Il faut donc nécessairement qu’en chacune d’elles autre soit sa forme, autre ce qui est capable de recevoir la forme. Or, nous avons expliqué précédemment que cette chose susceptible de recevoir une forme ne peut être ni une forme ni une chose existant individuellement en acte et composé seulement de formes ni un composé de matière et de forme. 11 reste donc que ce soit une véritable matière. »

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