VI
lectuelle de l’homme n’est pas éternelle dans le passé ; elle a commencé d’être; elle a été innovée ; elle n’a pas été produite, par voie de génération, par quelque agent particulier; elle a été créée par Dieu lui-même, créateur de toutes choses; et cependant, par la volonté de Dieu, elle durera éternellement dans l’avenir; par cette volonté de Dieu, elle sera un jour réunie à un corps qui sera numériquement le même que celui où elle a~déjà été.
» Mais toutes ces vérités, je ne prétends point les démontrer, ni faire voir qu’elles s’accordent soit avec les paroles, soit avec les principes des philosophes païens; je ne crois pas, d’ailleurs, que cela soit possible. J estime qu il vaut mieux dire qu’ils se sont trompés que de leur imposer faussement une opinion, alors qu’ils ont conçu le contraire de cette opinion ; le mensonge, en eilet, est, par soi, chose coupable, et nous devons le fuir, comme dit Aristote au quatrième livre de Y Ethique.
” Gcs conclusions, donc, c’est en vertu de la foi seule que j’en affirme tout simplement la vérité; je crois, en effet, que la puissance de Dieu peut tout faire. A l’aide de ce même principe, je répondrais à toutes les raisons d’où l’on tire argument contre ces vérités; j accorde, en effet, que toutes les conséquences qui en découlent nécessairement sont possibles à l’égard de la toute puissance divine. Si quelqu’un sait démontrer ces vérités et les mettre d’accord avec les principes des Philosophes, qu’il se réjouisse de son habileté ; je ne lui porte pas envie, mais je déclare qu’il surpasse ce dont je suis capable. »