IX
niait 1 : « Vir qui mu/la vidit, leqit atque conscripsit ». Les enseignements (le Jean Buridan furent très fidèlement reçus et développés par des maîtres éminents, par Albert de Ilelmstœdt, surnommé Albert de Saxe, par Témon le fils du Juif, par Nicole Oresme, par Jean Marsile d’Inghen. La Faculté des Arts de Paris fut ainsi, pendant un demi-siècle, l'École de Buridan ; l’influence de cette école se prolongea bien longtemps ;~et lorsqu’au xve siècle ou au xvie siècle, on parlait des doctrines parisiennes, on voulait désigner celles que le Philosophe de Béthune avait inaugurées.
A ces mêmes époques, on donnait volontiers, à Guillaume d'Ockam, le titre de Venerabilis inceptor Academiæ Nominalium ; ce titre n'était pas entièrement mérité ; sans doute, les Nominalistes parisiens avaient adopté bon nombre des pensées du Franciscain Anglais; mais ils n'avaient adopté que celles que le crible de Jean Buridan avait reconnues justes et fécondes ; et ce crible, nous l’allons voir, avait impitoyablement rejeté tout ce qu’il y avait de paradoxal en la théorie occamiste de la connaissance, tout ce qui aboutissait au scepticisme d’un Nicolas d’Autrecourt.
A. — Chaque science et , en particulier, la Physigue , tient son unité cl'un sujet principal.
A peine ouvrons-nous le livré des Questions composées par Jean Buridan sur la Physique d’Aristote, que nous voyons l’auteur se séparer d’Ockam et condamner le morcellement excessif que celui-ci avait pratiqué en chaque science.
Autant de conclusions différentes, avait dit Ockam, autant de sciences réellement distinctes ; si à un ensemble de conclusions comme celui qui constitue la Physique, on veut attribuer une certaine unité, ce ne pourra être que l’unité qui convient à un aggrégat, que l’unité d’un tas de cailloux, où chaque caillou demeure un en lui-même et distinct de tous les autres.
Mais encore est-il que des cailloux ne forment pas un tas de cailloux sans que cette unité ait une raison d’être ; hors cette
i. Joannis Gerson Epistola quid. et qualiter studere debeal novus ’henloqie auditor. . . Ad studentes Colley il JVaoarræ [Prima pars operurn Joannis Gerson Cancellant universitatis Parrhisiensis theoloyi christianissimi. — Colophon : Operurn mag'istri Joannis de Gerson di.vinarum scripturarum doctoris resolulissimi pars prima traclatus orthodoxam fidem ecclesiasticam(| ne concernentes potestatem complectens : Felici clanditur e.xitu apud Tribotcs : per Joannem Knoblouch. Anno Mdxiiij. Kalendis Juniis. XVIII. T.).