‹ Le système du monde (volume 2)Chapitre 79 sur 485 · Troisième partie, Ch. I, § II ; t. IV, p · texte numérisé non relu

Troisième partie, Ch. I, § II ; t. IV, p

OUHËM VI-II-13

LE REFLUX DE L'ARISTOTÉLISME

De decem dubitationibus circa Providentiam.

De Providentiel et fato et eo quod in nobis.

De malorum subsistentia.

Ce fut de sa part, une heureuse inspiration, car les originaux grecs de ces ouvrages sont, aujourd’hui, perdus et les. versions qu’il en a données nous les conservent seules 1 .

Les trois opuscules dont nous venons de parler ne furent pas entièrement oubliés au Moyen Age; nous verrons que Jean Tauler avait tout au moins lu Lun d’entre eux ; cependant, il furent assurément peu fréquentés. Il n’en fut pas de même de Y Elementatio theologica. A peine cette traduction était-elle achevée, que saint Thomas d’Aquin la mit grandement à profit pour composer ses Leçons sur le Livre des Causes. Les nombreuses citations du Doctor Commuais suffisaient pour attirer sur cette œuvre l’attention des Maîtres de la Scolastique ; toujours en éveil, en effet, la curiosité de ces Maîtres recherchait avec un avide empressement toute traduction nouvelle qui leur pût révéler un peu plus complètement la Sagesse des Anciens. Aussi put-on bientôt rencontrer le nom de Proclus dans les écrits de Gilles de Lessines et de Gilles de Rome. Mais s’il est des philosophes qui durent accueillir Y Elementatio theologica avec une particulière faveur, ce furent assurément les Dominicains de la Province d’Allemagne auprès desquels le Liber de Causis jouissait déjà d’une si grande autorité. Quand le Saxon Thierry connut le traité de Proclus, il ne cessa plus d’en nourrir sa pensée et d’y recourir dans ses nombreux ouvrages ; l’enthousiasme pour la STOvygtnmç GsoVjytx-q , exaltant l’admiration qu’il professait déjà pour le Liber de Causis , fit vraiment de lui un adepte attardé de l’Ecole d’Alexandrie; et l’on a peine à comprendre comment sa foi de religieux catholique se pouvait accommoder des dogmes néo-platoniciens que professait sa raison.

Page 1