Ms. cit., fol. 100, v
LA LATITUDE DES FORMES AVANT ORESME
rum illustris principis Alfonsi regis Castellæ compositæ sunt ad meridiem Toletanum. Explicit quadripartitum numerorurn .lohannis de Mûris. »
Au quatrième livre du Quadripartitum numerorurn, le premier traité, intitulé : De moventibus et motis, est en entier 1 consacré à exposer cette loi, fondement de la Dynamique péripatéticienne : Tout mobile soumis à une puissance constante et à une résistance constante se meut d’un mouvement uniforme dont la vitesse est proportionnelle à la grandeur de la puissance et en raison inverse de la grandeur de la résistance.
En cette analyse de Jean de Murs, il est explicitement admis <pie tous les mouvements considérés sont uniformes et, de plus, il est implicitement supposé que tous les points du mobile se meuvent avec la même vitesse ; les discussions de Cinématique n'ont donc aucune place en b œuvre du Maître normand.
En acceptant sans restriction ni hésitation les règles qu Aristote, au VIIe livre de sa Physique, avait imposées à la Dynamique, Thomas Brawardine et Maître Jean de Murs se montraient beaucoup plus aisés à satisfaire que ne le sera, peu d’années après eux, Maître Jean Buridan.
Dans son grand ouvrage sur la Physique d’Aristote, le Philosophe de Béthune consacre deux questions 2 à discuter les règles de Dynamique que le Stagirite avait posées ; et cette discussion impitoyable met clairement en évidence cette vérité : Il n’existe en la nature aucun mouvement auquel ces règles soient correctement applicables.
Jean Buridan a, d ailleurs, soin de remarquer, et cela à plusieurs reprises, que certaines des règles posées par Aristote sont manifestement fausses lorsque le mouvement ne se poursuit pas avec une vitesse constante ; mais de la vitesse variable que présentent certains mouvements tels que la chute des graves, il ne tente aucunement de faire une étude précise ; si les problèmes de Dynamique le préoccupent, les questions de pure Cinématique ne sollicitent nullement son attention.