I.A LA TI T C DE UES EOKMES VVANT OKESME q
Tout d’abord, la doctrine de Gilles « est en défaut dans son hypothèse même, car elle suppose que l'existence diffère réellement de l’essence, alors que beaucoup tiennent pour très véritable la proposition contraire ». Mais elle est également en défaut dans sa thèse ; et Durand en contredit, les unes après les autres, toutes les affirmations.
Il a bien reconnu (pie la théorie de Gilles se ramène, au fond, à celle de saint Thomas d’Aquin :
« Accordera-t-on, dit-il, la seconde partie du dilemme, savoir que l’existence est, tout comme l'essence, une chose absolument indivisible, qui n’a pas de degré par elle-même, mais qui en a seulement en vertu de la façon dont le sujet participe d elle ? Je crois que c’est bien là la pensée de ceux qui ont posé cette thèse. Au sein d’un sujet, en effet, ils n admettent qu’une seule existence (esse existentiæ), celle qui provient de la forme substantielle. Partant, comme ils nient que la forme substantielle, tant au point de vue de l’existence qu’au point de vue de l’essence, soit susceptible de plus ou de moins ; comme l’existence, à leur avis, n’est due qu’à cette seule forme, il est clair qu’ils n’entendent point dire qu’aucune essence (esse essentiæ) ni qu’aucune existence (esse existentiæ ) ait des degrés ; mais ce qu’ils nomment existence ( esse), c’est ce par quoi le sujet participe de la forme ; et c’est ce qu'ils désignent aussi par existence dans quelque chose (inesse), comme le montre clairement ce propos qu’ils énoncent : L’existence d’un accident, c’est une existence dans quelque chose (accidentis esse est inesse ). »
Durand tourne donc ses coups contre la théorie thomiste :
« De la part du sujet, dit-il, la latitude ne peut dépendre de sa nature substantielle, qui n est pas susceptible de plus ou de moins... Il faut donc quelle dépende d’une certaine forme qui réside en ce sujet, et par l’intermédiaire de laquelle il devient apte à recevoir une autre forme... Alors, considérant cette forme par laquelle le sujet se trouve plus ou moins bien disposé, je demande pourquoi le sujet y participe plus ou moins. Est-ce à cause de la latitude de la forme ou bien à cause d’une latitude venue du côté du sujet ? Si c’est à cause de la latitude de la forme, c’est donc que celte forme a, dans sa propre essence, une latitude de degrés, ce qui va contre leur opinion. Si c’est à cause d’une latitude qui provient de la part du sujet, je répète, touchant la forme qui dispose plus ou moins bien le sujet, ma précédente question. 11 faudra, de la sorte, aller à l’infini, ou bien donner une forme à laquelle le sujet participera plus ou moins, en vertu de la
LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIV° SIECLE
latitude des degrés qui existent dans l’essence même de cette forme. »
Durand ne se contente pas de réfuter la théorie de saint Thomas d Aquin et de Gilles de Rome ; en faveur de la théorie d’Henri de Gand, il apporte des arguments positifs ; en voici quelquesuns :
« Il nous faut affirmer que l’intensité et la rémission de la forme dépendent des degrés divers de l’essence de cette forme. Cela peut se prouver de la manière suivante : Ce que lextension plus ou moins grande est pour la quantité, l’intensité plus ou moins grande l’est pour la qualité. Mais l’extension plus ou moins grande dépend de l’essence même de la quantité ; celle-ci, en effet, a, en son essence, une latitude capable de s’étendre plus ou moins. L’intensité plus ou moins grande dépend donc, elle aussi, de l'essence même de la qualité, en tant que celte qualité est douée, à cet effet, d’une latitude susceptible de degrés divers.
» En second lieu, cela se voit encore de la manière suivante : 1 indivisibilité d’une forme est la raison pour laquelle cette forme n’est pas susceptible de plus ou de moins ; de même, la divisibilité en degrés est la raison qui rend la forme capable de plus ou de moins ; or l’indivisibilité d’une forme dépend de l’essence de cette forme ; il en doit donc être de même de la divisibilité. »
La divisibilité de la forme en degrés ne ressemble d’ailleurs aucunement, dans la pensée de Durand de Saint-Pourçain 1 , à la divisibilité d’une quantité en parties ; les degrés successifs désignent une perfection de plus en plus grande de la forme ; chacun d’eux est virtuellement contenu dans le degré plus élevé ; mais il n’en saurait être détaché comme une partie le peut être d’un tout ; la division d’une forme en degrés doit être assimilée à la division d’un genre en espèces que l’on peut échelonner selon leur degré plus ou moins élevé de perfection.
N’allons pas dire, d’ailleurs, (pie si une forme est susceptible de plus ou de moins, la cause en est dans la latitude de cette forme (latiludo formæ). « Ces deux choses, en effet, prises dans leur réalité, n’en font absolument qu’une ; ni en acte ni en puissance l’une n’est la cause de l’autre ; avoir, dans son essence, une latitude de degrés, et être susceptible de plus et de moins, c’est absolument la même chose... Ce plus et ce moins ne sont pas autre
i. Durandi a Sancto Portiano Op. laud., lib. I, dist. XVII, quæst. IV : Utrum essentia formæ sit causa suscipiendi magis et minus.
LA LATITUDE DES FORMES AVANT ORESME
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chose que l’essence de la forme prise à un certain degré de perfection essentielle ou à un autre degré. »
Des essences plus ou moins parfaites, ce sont, disait Gilles de Rome, exprimant la pensée commune des Scolastiques, des espèces différentes qui, dans un même genre, se rangent suivant l’ordre de leur perfection croissante. Comment donc, si l’on adopte la théorie d’Henri de Gand reprise par Durand de Saint- Pourçain, devra-t-on concevoir le changement par lequel, dans un sujet, une qualité devient de plus en plus intense ? Quelle idée devra-t-on se faire, par exemple, de réchauffement d’un corps ?
En ce corps qui s’échauffe, la théorie que nous exposons en ce moment voit non pas une seule et même chaleur qui acquiert successivement des degrés de plus en plus élevés, mais une infinité de chaleurs numériquement et spécifiquement distinctes les unes des autres. A chaque instant, une chaleur est détruite et, à sa place, une autre chaleur plus parfaite est engendrée ; en la seconde chaleur, il ne subsiste rien de la première. L échauffement n'est pas le mouvement par lequel une forme d essence déterminée s actualise de mieux en mieux en un certain sujet ; c’est une continuelle succession de générations et de destructions.
Cette doctrine est très certainement celle de l’auteur inconnu auquel on doit attribuer un traité De la pluralité des formes mis à tort 1 parmi les opuscules de saint Thomas. Voici ce qu’on lit 2, en effet, en ce traité, au sujet de l accroissement des quantités et de l’opération qui exalte l’intensité d’une forme ; la netteté de ce passage est digne de remarque :
« De deux formes qui sont de même genre, il en est une, la plus parfaite, qui contient virtuellement l’autre, la moins parfaite ; si une forme de moindre perfection était conjointe avec une forme plus parfaite, elle ne donnerait aucunement une forme encore plus parfaite ; celle adjonction serait opération vaine. Or, dans la Nature, rien ne se fait en vain ; il ne peut donc, entre espèces différentes, y avoir une addition telle qu’une forme préexistante demeure en même temps que la forme qui survient. Voici, dès lors, comment il faut comprendre 1 analogie dont nous avons parlé : Lorsqu’une forme plus parfaite survient, la forme préexistante est détruite, de telle sorte qu’une seule forme demeure dans le com-
1. Sur la nature apocryphe de l’opuscule De pluralilate formarum, voir : F. Mandonnet O. P., Des écrits authentiques de saint Thomas d'Aquin, Fribourg, 1910, p. g5 (Extrait de la Revue Thomiste, 1909-1910).
2. Sancti Tuomæ Aquinatis Opuscula; Opusc. XLV : De pluralitate formarum,
Cap. I.
LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIV6 SIECLE
posé ; cette forme unique contient la forme moins parfaite et contient davantage encore ; par conséquent, elle ajoute quelque chose à la forme moins parfaite ; de même que le nombre plus grand contient en soi le nombre moindre qui existe aussi en dehors de lui, et qu'il y ajoute quelque chose ; que, par exemple, le nombre quatre contient en soi, d une manière virtuelle et quantitative, le nombre trois qui existe aussi à part, et qu il y ajoute une unité ; de même, la forme la plus parfaite ajoute une certaine perfection à la forme moins parfaite qu elle contient virtuellement. Mais, en ce qui concerne les nombres, on peut, au plus petit nombre, au nombre trois par exemple, ajouter une unité nouvelle qui constitue, avec les trois unités précédentes, le nombre quatre qui est un nombre plus grand ; au sujet des formes, une semblable opération n’est plus possible ; une nouvelle forme ne peut survenir et s adjoindre à une forme déjà existante en la matière pour constituer une forme plus parfaite.
» Et double est la raison de cette différence. L’addition du nombre au nombre se fait par parties entières et quantitatives qui représentent la grandeur de l’excès d’un nombre sur l’autre ; et cet excès est d’une nature telle qu’il revient au même, pour obtenir le plus grand nombre, que nous prenions le plus petit nombre et que nous ajoutions quelque chose, ce qui fait du plus petit nombre une partie du plus grand, ou bien que nous formions le plus grand nombre d’une manière indépendante en réunissant toutes les unités dont il se compose ; d’une manière comme de l’autre, le plus grand nombre surpasse le plus petit de la même quantité. Mais si une forme surpasse une autre forme de même genre, c’est en perfection [et non pas en quantité] ; toute la perfection qui se trouve en la forme la moins parfaite est aussi, de soi, en la forme la plus parfaite ; en cette dernière, donc, la perfection ne croîtrait aucunement si on lui adjoignait la forme la moins parfaite. Toute forme est simple ; aucune d’elles n’est composée de plusieurs formes ; plus une forme est simple, plus elle est parfaite; or, en ce qui concerne les nombres, il en est tout au contraire, car un nombre est d’autant plus composé qu’il est plus grand ; il ne saurait donc y avoir addition d’une forme à une forme preéxistante comme il peut y avoir addition d’un nombre à un nombre préexistant.
» Voici la seconde raison de cette différence : Le nombre n’est pas quelque chose qui soit simplement un ; c’est un agrégat d’unités ; il est de sa nature d’avoir plusieurs parties dont chacune existe d’une manière actuelle ; en sorte que, de quelque manière que l’on ajoute une partie à une autre partie, on obtient un nom-
LA LATITUDE DES FORMES AVANT ORESME
bre plus grand. Mais une substance matérielle est quelque chose qui est simplement un ; il ne peut donc, en elle, se trouver plusieurs réalités en acte. Voilà pourquoi lorsqu’une forme substantielle survient, il faut que la forme substantielle préexistante lui cède la place... De même en doit-il être de toute addition ou soustraction qui se fait en la substance des choses ; lorsqu’une forme nouvelle advient, celle qui existait auparavant doit être anéantie. )) Sans doute, l’intention de l’auteur que nous venons de citer vise seulement les formes substantielles ; l’opération qu’il vient de décrire, c’est celle par laquelle des formes substantielles de plus en plus parfaites se succèdent dans un même sujet ; ainsi un même corps peut-il être animé d’abord par l’âme végétative, puis par lame sensitive, enfin par l’âme raisonnable ; mais c’est, bien à l imitation dç ces âmes de plus en plus parfaites que nous devons concevoir, Hervé de Nédellec nous l’a dit, les degrés essentiels de plus en plus élevés d’une même forme accidentelle, d’une même qualité, de la chaleur par exemple. Le langage que nous venons d’entendre se pourra donc également tenir d’un corps qui s’échauffe.
Que cette opinion comptât déjà des partisans au temps de saint Thomas d’Aquin, nous n’en saurions douter ; le Docteur Angélique, écrit, en effet x, en son Commentaire sur les Sentences : « Certains prétendent que la charité ne subit, par essence, aucune augmentation ; que, lorsque advient une charité plus grande, la charité moindre qui existait auparavant se trouve détruite ; ainsi dit-on que les jours s’allongent lorsque des jours plus longs succèdent à des jours plus courts. »
Gilles de Rome écrit de même 1 2 : a Certains prétendent que la charité croît comme croissent les jours ; le jour ne croît pas en ce sens qu’un même jour, de plus court qu’il était, deviendrait plus long ; il croit parce qu’un jour plus long succède à un jour plus cort, un jour d’été à un jour de printemps ; de même la charité court, un jour d’été à un jour de printemps ; de même la charité grande ; c’est dire qu’au moment où Dieu répand en nous une charité plus grande, la charité moindre est anéantie. »
Gilles s’attachait d’ailleurs à démontrer aux tenants d’Henri de Gand qu’il leur fallait, quoi qu’ils en eussent, admettre cette façon de concevoir l’accroissement de la charité :
1. Sancti Tuomæ Aquinatis Scriplum in libros Senlentiarum; lib. I, dist. XVII, pars II, quæst. I : Utrum cliaritas augeatur ?
2. Æüidii Romani Op. laud-, dist. XVII, pars II, principalis I, quæst. I; éd. cit . , fol. <>5, col. b.
DUHEM. - T. Vil.
LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIVe SIECLE
« Ceux qui disent 1 : La charité croît d’une manière essentielle, disent aussi que cet accroissement se fait parce que la charité se rapproche de son terme. Mais s ils veulent bien soutenir leur opinion, il leur faut dire que ce rapprochement à l’égard du terme se fait selon des degrés d essence, de telle manière que la charité accrue ait, en son essence, un plus grand nombre de degrés qu elle n'avait auparavant ; sinon, elle ne croîtrait pas d’une manière essentielle. Mais cela ne peut avoir heu que de deux manières, ou bien d’une façon virtuelle, ou bien par addition d’une nouvelle forme. Nous disons, par exemple, que l ame sensitive est dans l’âme raisonnable, parce que celle-ci contient virtuellement plus de degrés que celle-là... Ainsi l’âme végétative est contenue dans l’âme sensitive et celle-ci dans l’âme raisonnable, parce qu’au point de vue de la force ( virtualiter ), l’âme raisonnable possède tout pouvoir que possède l ame sensitive, et quelle peut plus encore. Mais de cette façon là, toujours, lorsqu advient la seconde forme, la première cède la place ; et la seconde n'est pas de la même espèce que la première. Il en résulterait donc que la première charité devrait disparaître à l’arrivée de la seconde, ce qu’ils n’admettent pas, et que la charité accrue ne serait pas de même espèce que la charité primitive, ce qu ils nient d’une façon manifeste.
)) Il faudra donc que cet accroissement essentiel de la charité se fasse par addition d’une autre charité ; et puisqu’ils déclarent qu ils ne peuvent comprendre cette thèse, les voilà donc tombés dans une opinion qu’ils qualifient d inintelligible. »
Les termes mêmes dont use Gilles de Rome dans cette discussion montrent bien que certains partisans d’Henri de Gand prétendaient se soustraire au dilemme où on les voulait enfermer. Mais d’autres ne reculaient point devant les conséquences extrêmes de leur doctrine ; ils admettaient que l’accroissement d’une qualité au sein d’un sujet se fait par continuel anéantissement d’une qualité moins intense à laquelle succède une qualité plus intense.
Durand de Saint-Pourçain, par exemple, rappelle les divers moyens par lesquels on tentait d’éviter ce corollaire de la doctrine ; puis ajoute 2 : « Mais cette échappatoire et toutes celles qui lui ressemblent sont bien frivoles et consistent en paroles qui ne portent sur rien (sine re). Quand deux choses sont adéquates entre
1. Ægidii Romani Op. laud., dist. XVII, pais II, principalis I, quæst. II, art. I; éd. cit., p. 96, col. a.
2. Duranm a .Sancto Portiano Op. laud., lib. I, dist. XVII, quæst. VII : Utrum eadem forma numéro possit esse intensa et remissa.
LA LATITUDE DES FORMES AVANT ORESME
elles, réellement et réciproquement, tout ce dont l’une diffère, l’autre en diffère aussi ; mais dans une forme douée d’intensité, l'essence de la forme et la perfection de cette forme sont la même chose ; elles sont réellement et réciproquement adéquates ; ni en totalité ni en partie, l'essence de la forme n’est autre chose que la perfection de cette forme ; elles sont absolument la même chose ; dès là donc que la forme intense est tenue pour différente de la forme atténuée ( remissa J en raison d’une perfection plus grande, ou bien au point de vue de la perfection, il est nécessaire quelle en diffère au point de vue de l’essence.
» Il faut donc admettre que la forme atténuée et la forme intense acquise par le mouvement peuvent être les parties d’une forme numériquement une ; cette forme n’est pas une par indivisibilité ; elle est une par la continuité de ses parties ; ces parties n’existent pas en même temps, mais d’une manière successive; et lorsqu’une d éliés survient, l’autre cesse d’exister (Non est una indivisibilitate, sed continuitate suarurn partium quæ non sunt simul, sed successive ; et una superveniente, alla desinit esse.)...
)> Les raisons principales qui ont été données afin de prouver que la forme atténuée et la forme intense ne sont pas, au point de vue numérique, la même forme, doivent être admises en tant qu elles démontrent l’expulsion mutuelle de la forme atténuée par la forme intense et inversement, semblable à l’expulsion mutuelle des diverses parties d’un continu [qui se meut]... Mais elles ne prouvent pas que la forme totale dont ce sont les parties ne soit pas numériquement une en vertu de la continuité. ))
Durant de Saint-Pourçain ne fut sûrement pas, parmi ses contemporains, le seul qui soutînt cette doctrine. On cite Walter Burley comme l’ayant professée. Il l’aurait défendue dans son traité De intensione et ïemissione jormarum 1 que nous n’avons pu consulter. Cette assertion réclamerait un contrôle, car dans son Commentaire aux catégories d’Aristote 1 2, Burley paraît s’exprimer en disciple de saint Thomas :
1. Burleus de 'intensione et remissione fonnarum. — Jacobus de forlivo de intensione et remissione fonnarum. — Tractatus proportionum Alberti de Saxonia. — Colophon : Venetiis mandato et expensis nobilis viri domini Octaviani scoti civis Modoetiensis. 1496. quarti kal decemb. per Bonetum localellum bergoxnensem.
2. Expositio Burlei super libro predicamentorum; coll. a et b du fol. qui suit le fol. signé e 4 en l’édition dont le titre est : Preclarissimi viri Gualterti Burlei anglici sacre pagine professoris excellentissimi super artem velerem Porphyrii et Aristotelis expositio sive scriplum féliciter incipit. Le colophon est le suivant : Explicit scriptum preclerissimi viri Gualterii Burleii Anglici sacre pagine professoris eximii. in artem veterem Porphyrii et Aristotelis. arte et diligentia
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(( Je dis qu’aucune forme n'est susceptible de plus ou de moins, mais que la forme est plus ou moins reçue par le sujet, en sorte que ce sujet est plus parfait ou moins parfait. Aucune blancheur n’est susceptible de plus ou de moins, mais le corps blanc est susceptible de l’être plus ou moins parce qu’il prend une blancheur plus ou moins parfaite — quia suscipit albedinem magis perfectam et minus perfectam. »
Gérard d’Odon avait adopté, touchant l’accroissement des formes qualitatives, la théorie dont nous venons de donner l’exposé. C’est, du moins, ce qu’affirme Jean le Chanoine : « Il faut savoir, » dit-il 1 « que l’opinion de Gérard d’Odon est la suivante : lorsque quelque chose qui était blanc devient plus blanc ou moins blanc, la forme précédente est détruite en totalité et une forme nouvelle, qui est un individu nouveau, est engendrée. »
Dans cette voie où s’engageaient Durand de Saint-Pourçain et Gérard d’Odon, certains de leurs contemporains poussaient fort d’avant ; ce que ceux-là disaient de l’accroissement des formes qualitatives, ceux-ci l’étendaient à l’augmentation des grandeurs, à la dilatation ; c’est du moins ce qué nous apprend François de la Marche 2.
François de la Marche se pose cette question : « Dans l'accroissement d’une forme accidentelle, le degré préexistant est-il détruit ?
» Ici, écrit-il, il est une façon de dire qui est la suivante : Dans l’accroissement de toute forme, de toute qualité ou de toute quantité, tout ce qui précède est détruit ; un nouvel individu lui succède, qui es! plus parfait et qui contient toute la perfection du précédent.
)) De même que la croissance des jours ne se fait pas par l’apposition d’une durée plus petite à une plus longue durée, mais par la succession d’un jour plus long à un jour plus court, ce jour plus court cessant totalement d’exister, de même en est-il, selon ces auteurs, en tout accroissement quantitatif (de augmento quantitative)) ; la précédente quantité permanente est détruite en totalité, et une autre quantité, nouvelle et plus grande est acquise ou
Boneti de locatellis sumptibus vero I). Octaviani Scoti Impressum Venetiis Anno i488. Octavo idus. Julii.
1. Joannis Canonici Quæstiones super VIII libres Physicorum Aristotelis; libri V, quæst. III; quantum ad 4m articulum.
2. Ueportatio librorum senlentiarum magislri Francisci de Marchia fralris minoris el sucre théologie docloris. Lib. I, dist. XVII, quæst. lit : Tertio quero iilrtim in augmente forme aividenlalis gradus preexistens corrumpatur (Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° 8071, fol. 47, col. c).
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advient (iota præcedens quantitas permanens corrumpitur et alia nova major acquiritur vel advenit) ; de meme que le jour plus court, dont la durée est une quantité successive, cesse en totalité d'exister et qu’un jour plus long lui succède.
» Ils s’expriment d’une manière semblable au sujet de l’accroissement qualitatif (de augmento qualitalivo) . »
Malheureusement, François de la Marche ne nous a pas livré les noms de ceux qui avaient poussé la théorie jusqu à ces extrêmes conséquences.
A ceux qui, dans l’accroissement d’une forme accidentelle voulaient voir un changement essentiel, Gilles de Rome avait présenté ce dilemme :
Ou bien, dans l’accroissement d une qualité, la forme préexistante est, à chaque instant, détruite en totalité, pour faire place à une forme plus parfaite qui est innovée en totalité.
Ou bien l’accroissement des formes accidentelles se fait, comme l accroissement des grandeurs, par simple addition d’une forme partielle nouvelle à la forme préexistante.
De ces deux alternatives, que Gilles jugeait également inacceptables, nombre d’auteurs, nous venons de le voir, n’ont pas hésité à soutenir la première ; la seconde a trouvé des adhérents en nombre encore plus grand.
Nous avons entendu saint Thomas d’Aquin s’élever vivement, dans son écrit sur les Sentences de Pierre Lombard, contre ceux qui, en l’accroissement de la charité, voient l’addition d’une charité nouvelle à une charité préexistante ; il y avait donc, de son temps, des philosophes pour lesquels l’intensité d’une qualité s’exaltait par addition d’une partie à une autre partie, comme grandit une quantité.
Ces philosophes vont devenir nombreux à partir des dernières années du xnie siècle, au moment de la réaction anti-péripatéticienne qu’ont provoquée ou signalée les condamnations portées, en 1277 , par l’évêque de Paris, Étienne Tempier, et par les théologiens de la Sorbonne.
L’un des promoteurs de la Scolastique affranchie du Péripatétisme fut le Franciscain Richard de Middleton, dont les Commentaires aux Sentences de Pierre Lombard furent probablement composés peu après l’année 1281.
Richard de Middleton n’hésite pas à voir, en l’accroissement d’une forme qualitative telle que la charité, le résultat d’une addition de parties les unes aux autres ; l analogie qui en résulte entre l’intensité d’une qualité et la grandeur d’une quantité ne lui
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échappe nullement ; bien loin de chercher à dissimuler cette analogie, il la déclare de la manière la plus formelle 1 ; à côté de la quantité entendue au sens d'Aristote, et qu’il nomme quantité de masse (quantités molis), il place l’intensité de la qualité, qu il nomme quantité de force (quantitas virtutis).
(( La charité peut augmenter, dit-il, parce que toute quantité qui est imparfaite peut augmenter. Or il y a deux sortes de quantités, savoir : la quantité de masse (quantitas molis) et la quantité de force (quantités virtutié ; dès lors, il y a deux sortes d augmentations, l’augmentation relative à la quantité de masse et l’augmentation relative à la quantité de force. La charité étant une quantité, elle peut augmenter en force tant qu elle n’a pas atteint son terme. Et comme, par essence, la charité est force, de telle sorte que la charité et la force de la charité ne sont distinctes l une de l’autre qu’en la seule raison, il faut admettre que la charité croît par essence...
)) La quantité de force ne se mesure pas seulement par le nombre des objets (soumis à l’action de cette force), ce qui en donne la mesure extensive, analogue à celle de la quantité discontinue ; elle se mesure encore par l intensité de l acté produit en un même objet et, par là, elle ressemble davantage à la quantité continue. C’est de cette seconde manière que la charité augmente, non de la première. »
Que, d ailleurs, cette augmentation de la charité résulte de l’addition d’une charité nouvelle à une charité préexistante, Richard de Middleton va l'affirmer 2 :
« L’âme devient plus charitable parce qu’à la charité qui préexiste en cette âme, la puissance divine ajoute un degré nouveau de cette essence qu’est la charité ; de ce degré nouveau et du degré préexistant de charité, une essence de charité plus parfaite se trouve constituée ; le premier degré, en effet, était en puissance de recevoir le degré ultérieur, de la même manière qu’une chose incomplète est en puissance du degré plus complet. »
« ... Si l'on oppose à cette opinion l objection suivante : Une chose simple ajoutée à une chose simple ne donne rien de plus grand, je réponds en ces termes : Bien que la charité soit simple en ce sens qu elle n’a jias de quantité de masse, elle possède cepen-
1. Clarissimi Theologi Magistri Ricabdi de Mediavilla super quatuor libros Sententiarum Pétri Lornbardi quæstiones subiilissimæ. Brixæ, MDXCI, tib. 1, dist. XVII, art. II, quæst. I : Ltrum charitas possit augeri i1 Tom. I, p. 162.
2. Ricabdi de Mediavilla Op. laud., lib. I, dist. XVII, quæst. II : Utrum «haritas augeatur per additionem novæ charitatis ? T. I, pp. 162-164.
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dant une quantité de force. Bien plus ! Elle est, à vrai dire, une certaine quantité de force (quantitas cirtualis). De même qu’une certaine quantité de masse (quantum mole), ajoutée à une quantité semblable, donne quelque chose qui est plus grand en masse ; de même un certain degré d une quantité de force ajouté à un degré semblable produit quelque chose qui est plus grand en force. On peut dire également, selon l’opinion que le Philosophe expose au IIIe livre de la Métaphysique : Bien qu’un indivisible ajouté à un indivisible ne fasse pas quelque chose de plus grand, il donne néanmoins quelque chose de plus. En ce qui concerne la charité, bien que ce qui est ajouté soit simple et qu’il en soit de même de ce à quoi on l’ajoute, de cette addition résulte cependant quelque chose qui, en essence, est plus, partant, quelque chose qui est meilleur et, par conséquent, quelque chose qui est plus grand ; car, selon saint Augustin (VI De Trinitate, capp. YII et VIII) : Dans le domaine des choses qui ne sont pas grandes par la masse, être plus grand, c’est être meilleur. »
Le franciscain anglais Guillaume Vare ou Varon commentait assurément les Sentences vers la fin du xme siècle ; il a été, en effet, le maître de Jean de Duns Scot. En ses Questions sur l’écrit de Pierre Lombard x, il ne faut pas chercher la netteté et la vigueur de pensée qui se marque en celles de Richard de Middleton ; prolixe, confuse, peu ordonnée, la discussion de Guillaume Varon n’aboutit bien souvent qu’à des conclusions hésitantes, qui sont moins une synthèse des opinions émises par divers auteurs qu’une cote mal taillée entre ces opinions.
La charité croît-elle par addition de quelque partie positive ? C’est une des questions que Guillaume Varon discute comme l’ont discutée ses prédécesseurs a.
1. Nous avons lu ces Questions dans le manuscrit n° i63 de la Bibliothèque municipale de Bordeaux. C’est un beau manuscrit du xiv® siècle, écrit sur parchemin, à deux colonnes, orné de capitales rouges et bleues; l’écriture est très lisible, malgré de nombreuses ligatures; malheureusement, le copiste, ignorant le latin aussi bien que le sujet traité, a semé son ouvrage d’une multitude de fautes; un lecteur du xiv6 siècle en a corrigé un bon nombre par des annotations marginales. L’ouvrage ne porte pas de titre; il commence (fol. i, col. a) en ces termes : Queritur utrum finis per se et proprius théologie ut est habitus scientificus perficiens viatorem sit cognitio veri vel dilectio boni. Quod cognitio boni videtur quia Johannis 3° dicitur... La dernière phrase de l’ouvrage est : ... Quod non obstante quod si cognocitivus qualitatum tangibilium, tamen patitur qualilatibus tangibilibus. Elle est suivie de ces mots : Explicit liber quartus Varonis. Vient ensuite une Summa omnium questionum hujus libri et une Reduccio precedentium questionum per alfabelam.
2. Guillelmi Varonis Quæstiones in libros Sententiarum; quæst. 67* : Queritur utrum charitas augetur per additionem alicujus partis positivæ ? (Circa lib. 1, dist. XII; ms. cit. , fol. 54, col. a, à fol. 5§, col. a).
LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIVe SIECLE
En faveur de la réponse affirmative, certains présentent cet argument : « L'augmentation des qualités se comporte par rapport à la qualité exactement comme laugmeptation des quantités se comporte par rapport à la quantité ; l’augmentation des qualités se fait donc par addition. »
La réponse négative est, au contraire, commune à deux théories, que Varon décrit sans en nommer les auteurs, mais où nous reconnaissons sans peine la doctrine d’Henri de Gand et celle de saint Thomas d’Aquin.
Selon cette doctrine-là, « lorsque Dieu a créé la première charité qu’il a, tout d’abord, infusée à un homme, il a créé en puissance, en cette charité, tous les degrés qu’elle est susceptible de prendre en acte ; lorsqu'il plaît à Dieu d’accroître cette charité, il tire à l’acte un de ces degrés de charité qui étaient en puissance et ainsi, l’habitude totale en devient plus intense. »
A cette doctrine-là, les partisans de l’autre doctrine ripostent que a la chaleur n’est pas, par elle-même, en puissance d’une plus grande chaleur ; cette puissance à une chaleur plus grande, c’est dans le sujet même qu elle se trouve ; si le sujet ne possédait cette puissance au changement, il ne pourrait pas recevoir une chaleur plus grande ; la chaleur plus grande se tire donc de la puissance du sujet, et non pas de la puissance de la chaleur. »
De l’une comme de l’autre doctrine, les tenants refusent de voir en l’accroissement de la charité ou de la chaleur l’addition d'une nouvelle charité ou d’une nouvelle chaleur à une charité ou à une chaleur préexistante. « Une telle addition d’une partie à une autre partie ne peut pas faire que la charité devienne plus grande. De même qu’une tiédeur ajoutée à une autre tiédeur ne fait pas une chaleur plus intense, de même, une partie de charité ou une charité tiède ajoutée à une autre charité tiède ne fera pas qu elle devienne plus grande. »
A celte argumentation, Varon répond en ces termes : (( Ce que l’on dit ici de la tiédeur ajoutée à la tiédeur est sans valeur ; voici, en effet, la raison pour laquelle une tiédeur ajoutée à une autre tiédeur ne fait pas une chaleur plus intense : Lorsqu’on ajoute ainsi une tiédeur à une autre, on ajoute en même temps le sujet de l’une de ces tiédeurs, de l’eau par exemple, au sujet de l’autre tiédeur ; ces sujets, ajoutés l’un à l’autre, empêchent la chaleur de devenir plus intense. Si d’un corps tiède, on prenait ce qui est précisément la chaleur, si l’on prenait'de même ce qui est chaleur en un autre corps tiède et que l’on plaçât ces deux chaleurs en un même sujet, je dis que cela ferait une chaleur plus grande. »
LA. LATITUDE DES FORMES AVANT ORESME
Cette réponse vaut d’être notée ; nous entendrons bientôt Jean de Bassols la reprendre avec plus de précision.
Entre les diverses opinions qui ont été émises touchant l’addition des qualités, la raison de Varon demeure singulièrement flottante. Il admet que l’essence d’une qualité ne comporte pas de parties essentielles et formelles, mais qu elle admet des parties matérielles et accidentelles ; ce sont ces dernières parties qui, s’ajoutant les unes aux autres, rendent la qualité de plus en plus intense. D autre part, il accorde à saint Thomas d’Aquin que le sujet, plus ou moins disposé à recevoir une quantité déterminée, contribue à l’intensité plus ou moins grande de cette qualité.
La latitudo formæ, selon Varon, ne se trouve pas en la forme en tant que cette forme est à son degré infime ou à son degré suprême ; elle s’y trouve en raison des degrés intermédiaires entre le premier et le dernier ; ce n’est ni une latitude potentielle ni une latitude actuelle, mais une latitudo in consequenti ; par ces mots, il entend quelque attribut où se rencontrent à la fois de la puissance et de l'acte. Lorsque la forme est à son degré suprême, sa latitude n’a plus rien de potentiel ; elle est en entier réduite à l’acte. Ce sont là pensées qui nous ramènent de nouveau à la doctrine égidienne ; c’est bien ainsi, selon cette doctrine, que se doit concevoir la latitude de la forme.
Plus ferme et plus cohérente que celle de son maître Guillaume Varon, l’opinion de Jean de Duns Scot semble s’être inspirée de la doctrine de Richard de Middleton dont elle n’égale cependant pas la netteté.
Jean de Duns admet formellement, tout d’abord 1, (( que cette réalité positive qui existait en une charité moindre demeure réellement la même en une charité plus grande ». Par là, le Docteur Subtil rejette la théorie selon laquelle ce que l’on nomme augmentation d’une qualité serait une suite ininterrompue de destructions et de générations, une qualité étant, à chaque instant, anéantie et remplacée par une qualité plus intense.
Après avoir ainsi repoussé ce système, Duns Scot argumente vivement contre celui qu’avait soutenu saint Thomas d’Aquin, et il conclut en ces termes :
« La réalité positive qui préexiste en une charité moindre n’est pas toute la réalité positive qui existe en une charité plus grande. Bien plus 1 Je dis que si cette charité plus grande et cette charité
i. Prirnus liber Joannis Duns Scon Doctoris Subtius super Sentenlias; dist. XVII, quæst. III.
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LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIVe SIECLE
moindre étaient toutes deux séparées du sujet où elles se trouvent, la plus grande aurait, en elle, la réalité positive de la plus petite et, en outre, une autre réalité ajoutée à celle-là ; et cela en supposant, par impossible, que toute relation avec le sujet fût supprimée. De même, si l’on supposait que la quantité de masse (quantitas molis) fût séparée de son sujet et, par impossible, qu elle n’eût aucune inclination vers ce sujet, une quantité étendue continuerait à être plus grande qu’une autre ; la plus grande contiendrait toute la réalité positive de la plus petite et, en outre, quelque chose qui serait ajouté à cette réalité. »
Comme Richard de Middleton, Duns Scot admet que la forme qualitative « est douée de la simplicité qui s’oppose à la quantité de masse ; lorsqu'on ajoute une telle forme à une forme semblable, on n’obtient rien qui soit plus grand en masse (majus secundum molem)... Qu’on accorde donc à la forme cette simplicité opposée à la quantité de masse ; il n’y aura rien là qui contredise à l’intensité, car celle-ci se râpporte à la quantité de perfection et de force (quantitas perfectionis et virtutis) )).
La théorie dont Richard de Middleton et Jean de Duns Scot ont tracé l’esquisse, nous la voyons dessinée en contours très fermes par l’élève préféré de Duns Scot, Jean de Bassols.
Du premier coup x, la discussion de Jean de Bassols pénètre au cœur même de la question ; elle définit le sens étroit du terme quantité en la Logique d Aristote et le sens infiniment plus large que lui ont attribué Richard de Middleton et Jean de Duns.
« Je dis, en premier lieu, qu’il y a deux sortes de quantités.
» Il y a, d’abord, la quantité de niasse (quantitas molis) qui est un rapport d’étendue 1 2, ou la quantité discontinue (quantitas discretionis) ; cette quantité-là est une catégorie ; par le genre dans lequel elle se range, elle est une détermination de l’être.
» Il y a, d’autre part, une quantité transcendante ; c’est la quantité de perfection en l’essence ou la quantité de force en l’action (quantitas perfectionis in essendo vel virtutis in agendo) ; cette quantité-là n’est d’aucun genre déterminé. »
A l’appui de cette distinction, Jean de Bassols, comme l’avait fait Richard de Middleton, invoque ce texte de saint Augustin :
1. Opéra Joannis de Bassolis Doctoris Sabtilis Scoti (sua tempestate) fidetis Discipuli, Philosophi, ac Tlieologi projundissimi, In Quatuor Senlentiarum Libros (crédité) Aurea... Venundantur a Francisco Régnault : Et Joanne Frellon, Parisiis. In fine : Anno JESU Aeterni Regis sesquimillesimo decimoseptimo Nono Idus Septembres. Lib. I, dist. XVJI, quæst. II : Utrum charitas augeatur •eel potest augeri P foll. cxim-cxvn.
2. Au lieu de ; extensionis, le texte très fautif, porte : intentionis.
LA LATITUDE DES FORMES AVANT ORESME