Ms. n° i4.58o : Inequaliler
4. Okksme, Üp. huid., pars I, cap. IV : De quanlitate qualilatis; ms. n° 7.371,
L intensité de la qualité sera représentée par une droite perpendiculaire à la surface informée 1 ; pour imaginer de quelle manière cette intensité varie d’un point à l’autre de la surface en question, on aura à considérer une figure géométrique à trois dimensions.
Aux qualités superficielles ainsi représentées, on peut étendre ce qui a été dit des qualités linéaires. (( De meme < j ne , parmi les qualités linéaires, on rencontre une qualité uniforme, une qualité uniformément difforme, une qualité difformément difforme, et cela de bien des manières différentes, ainsi en est-il, de toute semblable façon, des qualités superficielles. De meme qu’une qualité linéaire uniforme est représentée par un rectangle, de même une qualité superficielle uniforme sera représentée par un corps qui présente huit trièdres trirectangles (angulos rectos corporeos) ; cette qualité, tout en demeurant la même, peut être représentée par un corps plus ou moins haut, selon ce qui a été dit de la qualité linéaire...
» Ce qui a été dit de la qualité linéaire uniforme ou difforme peut être répété de la qualité superficielle. Semblablement, en effet, la sommité de la figure qui représente une qualité uniforme est une surface parallèle à la base tracée dans le sujet, base que l’on a imaginée plane. La sommité de la figure à l’aide de laquelle on imagine une qualité uniformément difforme est une surface plane non parallèle à la base. La sommité de la figure qui représente une qualité difformément difforme est une surface courbe, ou bien est composée de surfaces qui se coupent sous certains angles. ))
Mais la qualité superficielle n’épuise pas notre notion de qualité. Le sujet informé par cette qualité n’est, dans la réalité, ni une ligne, ni une surface, mais bien un corps ; c’est donc à une qualité corporelle que nous avons toujours affaire. Oresme, assurément, souhaiterait 2 que l’on pût imaginer une quatrième dimension de l’espace, afin que l’on put étendre aux qualités corporelles le mode de représentation qu’il a employé pour les qualités linéaires et superficielles :
« La qualité superficielle est représentée par un corps, et il n’existe pas de quatrième dimension ; on ne saurait même en ima-
1. Ohes.mf, Op. laud., pars I, cap. XVII : De qualitate superficialis ; ms. il0 7.371, fol. aa4, v°, aa5, r°; ms. n° i4-58o, fol. 4o, col. d, et fol. 4i, col. a.
2. Oresmb, Op. laud.., pars I, .cap. , IV : De quantitate qualitatum; ms. n° 7.371, fol. 217, y° et fol. 318, r°; ms. n° i4-58o, fol. 38, col. b.
LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIV® SIECLE
g'iner une. Néanmoins, il faut concevoir la qualité corporelle comme ayant une double corporéité ; elle en a une véritable, par 1 effet de l’extension du sujet, extension qui a lieu suivant toutes les dimensions ; mais elle en a aussi une autre, qui est seulement imaginée ; elle provient de l’intensité de la qualité, qualité qui se trouve répétée une infinité de fois par la multitude des surfaces que l’on peut tracer au sein du sujet. »
On préciserait sans doute la pensée d Oresme beaucoup plus qu’il n’eut été en état de le faire, mais il semble qu’on ne la fausserait pas, en l’exprimant ainsi : Le sujet lui-même, et chacun des solides que l’on obtient en représentant la qualité superficielle’ de l’une des surfaces, en nombre infini, que l’on peut tracer au sein du sujet, sont autant de figures à trois dimensions tracées dans un même espace, purement idéal, à quatre dimensions.
Gomment Nicole Oresme a établi la loi nu mouvement