‹ Le système du monde (volume 5)Chapitre 69 sur 176 · Ms. : si · texte numérisé non relu

Ms. : si

LE LIEU

sujet du lieu équivalent, et nous verrons clairement ce qu’il entendait par ce lieu. Si les corps qui enveloppent celui qu’on observe sont changeants et mobiles, on les peut remplacer, nous dit-il, par un lieu immuable et immobile, et celui-ci équivaudra à ceux-là pour l’étude du repos ou du mouvement du corps considéré ; il est clair que ce lieu équivalent, c’est un repère fixe purement conçu, qu aucun corps concret ne réalise, un terme semblable à celui que Ockam vient d’imaginer, à celui par rapport auquel il jugerait du mouvement du Ciel s il n’y avait pas de Terre immobile au centre du Monde.

loute la théorie aristotélicienne du lieu, nous l’avons remarqué, reposait en dernière analyse sur cette proposition : Il existe nécessairement une Terre immobile au centre du Monde. Ockam n’en est pas à nier 1 immobilité de la Terre, encore que cette immobilité lût déjà contestée, nous le verrons, par certains de ses contemporains ; mais il ne regarde plus l’affirmation du repos de la Terre comme une proposition nécessaire ; elle n’est, pour lui, qu’une vérité de fait ( sicut est modo de facto). Vienne une doctrine qui déclare la Terre en mouvement, et la théorie du lieu a été constituée de telle sorte quelle n’en éprouvera plus aucun trouble.

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