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Amable Jourdain, Op. laud., p. iSy

2. Eximii atque excellentissimi physicorum motuum cursusque syderei indagatoris Michalis Scoti Super auctore Spercie cu/n questionibus diligiter e/nendatis, incipit eæpositio confeeta Illustrissimi Imperatoris Domini D. Frederici precibus. In fine : Bononiae... per Iustinianum de Ruberia, MCCCCLXXXV, die Septembris.

Nous connaissons de cet ouvrage trois autres éditions, dont deux de i5i8 et une de i53i.

L’édition de 1 53 1 a été décrite ci-dessus (Voir : Première partie, chapitre XI, § VI; t. II, p. i/jG, en note); c’est celle qui contient la Tneorica planetarurn d’Alpétrag'ius.

Les deux autres éditions sont les suivantes :

I. Sphera cu/n commentis in hoc volumine conlentis, videlicet : Cichi Esculani cum textu — Eæpositio Joannis Baptiste Capuani in eundem — Jacobi Fabri Stapulensis — Theodosii de speris — Michaelis Scoti — Questiones revendissimi Dni Pétri de Aliaco etc — Roberti Linchoniensis compendium — T racial us de •sphera solide — Trac/a/us de sphera Campani — Tractatus de compulo majori ejusdem. — Disputatio Joannis de Monte Recio — Teæius theorice cum expositione Joannis Baptiste Capuani - Ptolemeus de Speculis. — Colophon : Venetiis impensa heredum quondam Domini Octaviani Scoti Modcoliensis, ac sociorum . 19 Januarii 1 5 1 8 .

IL Sphera mundi noviter recognita cum commeniariis et authoribns in hoc volumine conlentis videlicet : Cichi Escilani cum textu. — JoannisBapti8ta(sic) Capuani — Jacobi Fabri Stapulensis — Theodosii de spheris cum textu. — Michaelis Scoti questiones — Pétri de Aliaco cardinalis questiones — Roberti Linconiensis compendium - Theodosii item de spheris cum textu. — Tractatus de sphera solide — Theorice planetarurn conclusiones cum expositione — Campani tractatus de sphera — Ejusdem tractatus de compulo majori — Joanxi s de Monte Reoio in Cremonensem disputatio — Theorice textus cu/n Joannis Baptista (sic) Capuani expositione — Ptolemeus de speculis. — Theorica planetarurn Joannis Cremonensis, plurimum faciens ad disputationem Joannis de Monte Regio, quam in aliis hactenus impressis non reperies. — Colophou : Veniliis impensis nobilis viri Dni Luce Antonii de Giunta FloreDtini. Die ultimo Junii 1 5 1 8.

L ASTRONOMIE DES SÉCULIERS

on son entier, est-il un seul corps continu ? Non, répond Michel Scot, mais il est formé d’un certain nombre d’orbes contigus les uns aux autres. Entre deux orbes successifs, il ne peut exister d’intervalle, « car, entre ces deux orbes, il faudrait supposer soit le vide, soit un corps intermédiaire. Ce ne peut être le vide, qui est impossible. Ce ne peut, non plus, être un corps, car il faudrait que ce corps fût ou de nature céleste ou de la nature des éléments. Il ne peut être de nature élémentaire, car il serait corruptible et, dans le Ciel, selon Aristote, au 11e livre de la Métaphysique , rien ne peut changer en mal. 11 ne peut davantage être de nature céleste, car alors les orbes qu’on a supposés séparés seraient contigus »... « Il existe un premier ciel absolument uniforme et absolument immobile ; en etfet, comme il est sphérique et absolument homogène, il n’y a aucune raison pour qu’il commence à tourner dans un sens plutôt que dans l'autre ; il ne se mettra donc jamais en mouvement et il demeurera toujours immobile... D’ailleurs, comme le premier ciel est le plus noble de tous les corps, il reçoit sans aucun mouvement toute la perfection qu’il peut avoir.

» Le second ciel se nomme la neuvième sphère... Il reçoit de la lumière, mais n’en donne pas. Il est homogène en ce sens que ses parties ne diffèrent pas les unes des autres comme celles de la huitième sphère ; mais il présente une certaine difformité en ce qu’il a une droite et une gauche, ce que n’a pas le premier ciel ; il est donc mobile et son moteur est simple,.... en sorte que le ciel qui se trouve au-dessus de la sphère des étoiles se meut d’un mouvement simple et que son moteur est unique

» La troisième sphère est celle des étoiles; elle est animée de plusieurs mouvements; certaines parties de cette sphère sont constellées, d’autres non...

» 11 faut placer ensuite les sept cieux des astres errants ; à l’égard de ces cieux, les sphères supérieures se comportent comme des âmes par rapport à des corps. Parmi les sept astres errants, le Soleil meut le feu, la Lune meut l’eau, d’autres meuvent l’air... Les étoiles de la huitième sphère meuvent la terre... »

Un peu plus loin, Michel Scot se demande si tous les cieux sont mus par un seul moteur ou par plusieurs moteurs. Il répond que « le mouvement des cieux est réglé par le mouvement du premier mobile, mais au moyen de deux mouvements, dont l’un est un mouvement réglé, et l’autre un mouvement réglant, en sorte qu iî suffit de supposer un moteur unique ». En ce motus regulans , on reconnaît sans peine le mouvement complémentaire qu’Al Bitrogi attribue en propre à chaque sphère, mouvement par lequel elle

l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE

corrige le défaut de la rotation qui lui communique la neuvième sphère1 ; c’est assurément cette rotation imprimée du dehors que Michel Scot nomme motus regulalus.

Michel Scot ne cite, en cette exposition, aucun autre écrit que la Métaphysique d’Aristote et le De substantia orbis d’Averroès ; mais, visiblement, il subit aussi l’influence de l’Astronomie d'Al Bitrogi; cette influence, d’ailleurs, n’est ni assez exclusive ni assez puissante pour le sauver de l’illogisme ; en d’autres parties de son écrit, il lui arrive, et cela à plusieurs reprises, d'invoquer l’excentricité de l’orbite solaire.

Nous avons vu Michel Scot attribuer à la sphère étoilée un pouvoir moteur capable d’influencer la terre ; de même, Al Bitrogi reliait au mouvement propre île cette sphère les grandes transformations qui ont mis dans le passé, qui mettront dans l’avenir des continents là où se trouvaient des mers, des mers aux lieux qu’occupaient des continents ; Albert le Grand nous apprendra que d’autres astrologues arabes avaient professé et défendu cette opinion.

Dans une curieuse question, oii il invoque l’autorité de ce Liber de causis qui eut si grande vogue auprès des Néo-platoniciens arabes et chrétiens. l’Astrologue de Frédéric II examine « si la première sphère est une cause plus puissante de génération et de corruption que les astres errants qui se trouvent sur l’écliptique ». Michel Scot pense que les générations et les corruptions dont le inonde sublunaire est le théâtre sont surtout soumises aux influences des astres errants. La sphère supérieure, lorsqu’elle meut les sphères inférieures et les astres qu’elles renferment, engendre la continuité ; elle pourra, de même, produire des transformations dans le monde des éléments ; mais l’uniformité de sa disposition par rapport à ce monde l’empêchera d’y produire alternativement des effets opposés, comme la génération et la corruption.

Les événements brusques et discontinus qui se produisent en ce monde, les années alternatives d’abondance ou de stérilité, les pestes et les guerres dépendront du cours des astres errants et, surtout, de leurs dispositions relatives, telles que leurs conjonctions et leurs oppositions.

En cette question, nous reconnaissons une doctrine qu’Aristotc avait déjà développée dans un chapitre, le dixième, du second livre De la génération et de la corruption. Les Questions sur la Sphère de Michel Scot montrent avec évidence l’emprise de la Physique péripatéticienne sur l'Astronomie.

i. Voir : Première partie, Ch. XII, § VI ; t. Il, p. i52.

l’astronomie des séculiers

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