‹ Le système du mondeChapitre 150 sur 243 · Ms. cit., fol. 175, vü · texte numérisé non relu

Ms. cit., fol. 175, vü

l’astronomie latine AU MOYEN AGE

leurs, qu'aucun érudit ait retrouvé quelque livre consacré à la Musique parmi les ouvrages, imprimés ou manuscrits, attribués a

Gampanus.

Gampanus, sans doute, était encore jeune lorsque Urbain IV le mit au nombre de ses chapelains ; il survécut fort longtemps à ce pontife, comme nous l’allons voir.

Simon de Gênes était médecin et chapelain du pape Nicolas I V (1288-1292) U Son principal ouvrage, intitulé Clavis sanalionis , est précédé d’une lettre qu’il adresse à Campanus, chapelain du pape et chanoine de Paris, et de la réponse de ce Campanus à Simon de Gênes, sous-diacre et chapelain du pape, et chanoine de Rouen.

La lettre de Simon de Gênes est ainsi intitulée : Domino suo precipuo , domino magistro Campano, domini pape capellano , canonico parisiensi, Simon januensis , subdiacomis, scipsum ex debito comme ndat ».

Simon prie Campanus de corriger une œuvre entreprise a sa prière ou même par son ordre ; il le nomme : Philosophiæ culmen et exprime sa confusion de ce que : « ad hujusmodi vi/ia non dedignelur descendere ». De tels hommages, de la part d’un homme déjà fort âgé et entouré de considération, ne se peuvent adresser qu’à un savant illustre ; le personnage qui les recevait ne pouvait être que Campanus de Novare, auquel ses travaux de Géométrie et d’ Astronomie assuraient alors une universelle réputation.

La réponse de Campanus à Simon de Gênes porte cette entête .

« Venerabili viro, magistro Simoni januensi, domini pape subdiacono et capellano , canonico rothomagensi, amico suo carissimo, tanquam fralri , Campanus , ejusdem domini pape capellanus, canonicus parisiensis, salutem et quidquid est optabile sane mentis. »

Campanus avise Simon de Gênes qu il a choisi, pour 1 ouvrage de celui-ci, le titre suivant :

« Clavis sanalionis elaborata per magistrum Simonem genuensem (sic), domini pape subdiaconum et capellanum, medicum quand am felicis recorclationis Picolai pape quarti , qui fuit primus papa de oc d inc minorum ».

Ces lettres s’échangeaient donc après la mort de Nicolas IV (1292) ; c’est de son successeur, Boniface VIII, que Simon de Gênes et Campanus de Novare étaient encore chapelains, en même temps que pourvus de canonicats, celui-ci à Rouen et celui-là à

Paris.

i. Daunoü, Notice sur Simon de Gênes, médecin ( Histoire littéraire de la France, t. XXI, 1847, pp. 241-248).

L ASTRONOMIE f)ES SÉCULIERS ^2l

Nous avons vu Campanus offrir à Urbain IV un ouvrage sur la Musique ; l’hommage en plut sans doute au pape, car U pria son chapelain de lui composer une Théorie des planètes ; c’est ce que nous allons apprendre en lisant le Traité de la sphère rédigé par l’astronome de Novare.

Campanus de Novare, en effet, a cfonné un Trac talus de sphæra ', construit sur un plan analogue à celui qu’avaient adopté Joannes de Sacro-Bosco et Robert Grosse-Teste.

La Sphère de Campanus était presque aussi souvent citée, au Moyen Age, que la Sphère de Joannes de Sacro-Bosco ; c’était, comme ce dernier écrit, un petit livre tout élémentaire, composé avec clarté, mais fort peu complet.

L auteur avait soin, d'ailleurs, de renvoyer parfois son lecteur aux traités plus savants qu il ayait donnés. Nous apprenons ainsi’ qu’il avait écrit, à la demande du pape Urbain ÏV, un livre sur la théorie des planètes : « Quæ plenius pcrscrutati sumus, dit Campanus, in uno libro quem de modo æquationis planelarum ad instantiam Domini Urbani papæ quarti edidimus, ponendo hæc omnia in numeris cerlis et examinatis a nobis ». Cette indication est précieuse ; elle nous apprend que la Theoricà planetarum, dont nous aurons à nous occuper tout à l’heure, fut rédigée, au plus tard, en 1265, et que le Tractalus de sphæra fut composé après cette Théorie des planètes. Nous allons voir qu’il avait été précédé également par un autre traité de l’astronome de Novare.

Le Traité de la Sphère de Campanus ne donne 3 que de très brèves indications au sujet de la précession des équinoxes ; il indique sommairement la théorie de Ptolémée, puis lui substitue en quelques mots la théorie de Thâbit ben Kourrah ; s’il insiste si peu sur cet important sujet, Campanus en dit aussitôt 4 la raison ; il l’a longuement exposé dans son Computus major , c’est-àdire dans son grand traité sur le calendrier: « Hoc autem non tangimus nunc hic , quia nolumus nunc de isto motu accessionis et recessionis tractare, quoniam de ipso plene tractavimus in Com-

1. Le Tractatus de sphæra Campani se trouve dans les collections de traités astronomiques publiées à Venise en i5i8 par Octaviano Scot, en i5i8 par Luca Antonio de Giunta, en i53i par le même éditeur. Ces collections ont été décrites ci dessus, t. II, p. i56, note i ; t. III, p. 279, note 2. Ces collections renferment, en outre, le Tractatus de sphæra sotida du même auteur; celui-ci y décrit la construction d’une sphère armillaire propre à l’enseignement de la Cosmographie et à diverses observations astronomiques.

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