‹ Le système du mondeChapitre 160 sur 243 · Voir: Première partie, Ch. X, § VI; t. II, pp. n3-u · texte numérisé non relu

Voir: Première partie, Ch. X, § VI; t. II, pp. n3-u

l'astronomie latIn e au Moyen a.gè

cée par le commentateur grec sur le commentateur scolastique.

De cette influence, nous avions occasion, il y a un instant de relever une autre trace. D’ailleurs, elle n’est point niable ; dans ses Leçons sur le De Cælo et Mundo d’Aristote, Saint Thomas d’Aquin cite, à plusieurs reprises1, les commentaires que Simp 1-

cius avait composés sur le même ouvrage.

Thomas d’Aquin semble avoir été l’introducteur, dans la Scolastique occidentale, du célèbre commentateur grec. En l’an 1271, Guillaume de Mocrbeke qui était, en quelque sorte, le traducteur attitré du Docteur Angélique, mit en Latin, sans doute a la demande de son saint et savant ami, les commentaires au De Cælo et

Mundo2.

Trois ans après l’achèvement de cette traduction, lhomas d’Aquin mourait sans pouvoir terminer son commentaire au De Cælo , l’un des derniers ouvrages auxquels il ait mis la main, la traduction de Simplicius par Guillaume de Moerbeke lui avait assurément servi pour la rédaction de ce commentaire.

Recommandé par l’autorité de Saint Thomas d’Aquin, l’enseignement de Simplicius exercera désormais une profonde influence sur le développement de la Physique scolastique. Parfois, nous verrons cette influence contrebalancer celle d’Aristote et meme l’emporter sur elle.

Mais revenons à l’opinion que Thomas d Aquin, disciple de Simplicius, professe au sujet des hypothèses astronomiques.

Prendre comme prémisses quelques-unes des propositions que la Philosophie première des Péripatéticiens regarde comme assurées ; par une déduction rigoureuse, en tirer l’explication précisé et détaillée des mouvements des astres, telle serait la piemière des deux méthodes décrites par Saint Thomas, celle assurément qu’il regarde comme la plus parfaite. Malheureusement, nul n’a pu suivre cette méthode jusqu’à la construction d’un système astronomique satisfaisant. Des principes de la Insinue d’Aristote, on a bien pu conclure l’existence d’une substance céleste dont le mouvement naturel est le mouvement circulaire uniforme; mais lorsqu’on a voulu pousser plus loin, lorsqu’on a

ncrtiVuliVr • In lib I lect. VI et in lib. Il tect. IV.

•!' Cette* traduction, intitulée-. Sn.mcu pbilosophi acutissimi ria in quatuor libros Je n ete

apud !h;r^n.dintionC«recqué de; Cvmnentaires de Simplicius ; mais Peyrou ,-t m” Heïbertr ont montré que cette édition ne reproduisait nullement le texte • Vr ip routeur elle n était qu’une version grecque, faite par Bessanon,

de Moerbeke Icf. S.aruc In A.nslo-

telis de Cælo commenlana. Edidit L, L. Heiberg, Berolioi, i 94, pp. )■

L ASTRONOMIE DES DOMINICAINS

voulu détailler les révolutions du Ciel, on n’a plus trouvé suffisante assistance dans les axiomes universellement admis de la Physique ; à ces axiomes, on s'est vu forcé d’adjoindre des propositions plus conjecturales ; reçues par un astronome, certaines de ces propositions étaient rejetées par un autre, en sorte qu’il en est issu des systèmes astronomiques divers ; encore, ces différents systèmes astronomiques, tels que le système d’Aristote ou le système d Al Bitrogi, sont-ils loin de donner une représentation suffisante des mouvements célestes.

Cette exacte représentation des aspects du ciel aux diverses époques a été le seul souci des astronomes qui ont suivi la seconde méthode ; pour parvenir plus sûrement au but qu’ils s’étaient assigné, ils se sont donné pleine et entière liberté dans le choix des hypothèses ; leur objet a été atteint, car ils ont dressé des tables astronomiques suffisamment exactes ; mais il leur a fallu acheter cet heureux résultat au prix de la simplicité et de la vraisemblance de leurs suppositions.

L’une comme l’autre des deux méthodes astronomiques est donc hors d’état de satisfaire les désirs légitimes d’un esprit juste ; l'une part de principes qui jouissent du consentement universel, mais elle demeure impuissante à les conduire jusqu’aux conséquences observables ; l’autre classe et résume avec clarté ces conséquences, mais elle fait appel à des principes dénués de toute vraisemblance ; l'astronome sera plus sensible aux défauts de la première méthode et le métaphysicien plus sévère aux vices de la seconde ; l'un et l’autre, s’ils sont clairvoyants, trouveront, en chacune des deux doctrines astrologiques, des motifs de douter. Il semble bien que ce sentiment ait été celui de Saint Thomas d’Aquin

Nous avons déjà soupçonné Robert Grosse-Teste d’avoir été tenu en suspens par une semblable hésitation. Cette hésitation, nous la retrouverons bientôt dans l’esprit d’un disciple de Robert Grosse-Teste, d’un contemporain de Saint Thomas d’Aquin, du franciscain Roger Bacon.

l’astronomie LATINE AU MOYEN AGE

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