Bernardi de Virduno, Op.laud., tract, cit... cap. IV
4- Dans le Cod. 7-333 lat. de la Bibliothèque Nationale, il y a rétro Stellarurn fixarum ; il faut alors supposer que Bernard de Verdun veut parler du mouvement accompli chaque jour par l’apogée et par les étoiles, par l’effet combiné du mouvement diurne et du mouvement de précession ; on peut encore — et d’autres passages de Bernard de Verdun nous y autorisent — traduire ainsi ces mots: par rapport aux étoiles fixes.
l’astronomie des franciscains
10°, du même point équinoxial vers le point solsticial qui le précède ; en sorte que l’amplitude totale de cette oscillation soit de 20°.
» Mais on ne voit pas d’où Thesbith a pu tenir cette hypothèse. Jamais, en effet, on n’a constaté de renversement dans le sens de ce mouvement. Il a consisté en une continuelle précession par laquelle les étoiles se sont avancées de 18°, tandis que l’apogée du Soleil s’est déplacé de 25° 19'.
» D’ailleurs, s’il en était comme le prétend Thesbith, si la tête du Bélier mobile tournait en cercle autour de la tête du Bélier fixe, les diverses étoiles ne garderaient pas une distance invariable à la trajectoire du Soleil ; elles éprouveraient des variations non seulement en leurs distances à l’Équateur, mais encore en leurs distances au Zodiaque, selon ce qu’exigerait la révolution des points équinoxiaux mobiles sur ces petits cercles ; il ne parait pas possible d’assurer par les observations qu’il en soit ainsi ».
L’objection que Frère Bernard adresse ici à Thâbitben Kourrab n’est pas fondée sur une exacte connaissance du système proposé par l’Astronome Sabian ; selon celui-ci, en effet, la trajectoire du Soleil, l’écliptique mobile, prend part au mouvement de trépidation des étoiles, en sorte que les étoiles gardent une position invariable par rapport à ce grand cercle ; ce qui varie incessamment, et d’une manière différente pour les diverses étoile . c’est la distance de chacune d’elles à l’écliptique fixe.
En revanche, le refus d’attribuer aux étoiles le mouvement oscillatoire que leur confère le De motu octavre sph.vræ, alors que l’observation n’y a décelé qu’une précession toujours de même sens, fait grand honneur au sens expérimental de notre Mineur.
Si toutefois l’observation venait à reconnaître que les étoiles sont animées d’un tel mouvement oscillatoire, Bernard de Verdun n’en chercherait pas l’explication dans la voie suivie par Thâbit ben Kourrah ; il s’efforcerait de le représenter par un procédé imité de l’ Alniageste.
« Cependant, si les étoiles éprouvaient des mouvements variés, comme Thesbith prétend l’avoir observé, cela pourrait provenir de ce qu’elles seraient contenues dans des orbes excentriques à celui qui produit le mouvement précédemment décrit ; ces orbes leur communiqueraient des mouvements qui ne seraient point des rotations uniformes par rapport au centre du Monde, bien qu ils fussent des rotations uniformes autour des centres propres de ces
orbes ».
Frère Bernard de Verdun termine son traité par ces paroles :
« Hec igitur su fficiant ; fui enim prolixior quant credideram, sfid non inutiliter ».
En argumentant au nom de l’expérience, avec l’ardeur d’une pleine conviction, contre les hypothèses d’Alpétragius ; en vulgarisant la connaissance des mécanismes qui sauvaient les excentriques et les épicycles des objections d’Averroès, Bernard de Verdun a, sans doute, grandement contribué au triomphe du système de Ptolémée parmi les Frères mineurs et à l’Université de Paris. S’il en est ainsi, il était en droit de dire qu’il n’avait pas écrit inutilement ; il avait bien servi la Science positive dont l’Astronomie de l’ Almageste était, à ce moment, la plus parfaite émanation.
vni
la Somme de Philosophie faussement attribuée