GUILLAUME VARON
De Guillaume Vare ou Yaron, on ne sait à peu près rien, si ce n’est qu’il fut, à Oxford, le maître de Duns Scot et qu’il a commenté les Sentences. Ce commentaire n’a jamais été imprimé ; il nous a été donné de l’étudier dans un texte manuscrit conservé à la Bibliothèque municipale de Bordeaux *.
Dans ses Questions, Varon n’a souci que de Théologie ; s’il lui arrive donc de parler Astronomie, ce n’est que d’une manière accidentelle. Les rares passages qu’il consacre à la Science des mouvements célestes ne vaudraient guère la peine d’être cités, s’ils n’étaient remarquables par leur origine ; le maître de Duns Scot, on effet, les a tous textuellement empruntés à Moïse Maïmonide qu’il nomme simplement le Rabbin ( Rabi /).
Les discussions relatives au mouvement des auges amènent, tout d’abord, Varon à supputer le diamètre de la sphère des étoiles
le seul mouvement de l’épicycle; il ne nous montrerait pas la même partie de la face de la Lune tantôt en haut et tantôt en bas, mais il nous montrerait tantôt une face de la Lune et tantôt la face opposée. Cette fa<;ou vicieuse de comprendre ou seulement, peut-être, de décrire le changement d’aspect que présenlerait la Lune si elle était dénuée de mouvement propre, se retrouve dans les écrits d’une foule de maîtres scolastiques postérieurs à Richard de Middleton; ils la tiennent sans doute de celui-ci.
i. Bibliothèque municipale de Bordeaux, ms. n° 1 03 . Inc. (fol. i, col. a): Queritur utrurn Jinis perse et proprius theolotjie, ut est habitus scientijîcus per-
l’astronomie des franciscains
fixes; il écrit à ce sujet 1 : « Le Rabbin dit, auCXLHI9 chapitre 3 : » 11 est prouvé que la distance du centre de la Terre à Saturne est » d'environ huit mille années 3, dont chacune compte trois cent » soixante-cinq jours, le chemin parcouru chaque jour contenant » XL! milles v. » 11 dit, en outre, « que chacun des milles dont il » parle contient deux mille coudées... Il en résulte que la distance » du centre de la Terre aux étoiles fixes ne saurait d aucune » manière être inférieure à celle dont nous venons de parler et » qu'elle lui est peut-être de beaucoup supérieure. Car la gran- » (leur des cieux n’est déterminée qu’à titre de limite inférieure, » comme on le prouve dans les livres qui traitent des distances » célestes. De même, l'épaisseur des corps qui se trouvent entre » le centre et le ciel,... selon ce qu’exige le bon sens 5, ne peut » être exactement évaluée, comme le dit Thébit, car en eux, il n y » a pas d’étoile qui puisse servira cette évaluation. L’épaisseur du » ciel des étoiles fixes est au moins de X ans de marche ; on sait, » en effet, par la grandeur du chemin parcouru par les étoiles, que » le corps de chacune de ces étoiles est cent quatre-vingt-dix fois 7 » celle de la sphère terrestre ; mais peut-être l’épaisseur de ce ciel » est-elle encore plus grande ; quant au neuvième ciel, qui com- » munique à tous les autres la rotation diurne, on n’en connaît » aucunement la grandeur, car il n y a en lui aucune étoile, et » nous n’avons aucun moyen d’en mesurer l’épaisseur... »
Une autre circonstance va conduire Varon à invoquer, de nouveau le sentiment de Maimonide.
Faut-il, comme Aristote l’enseigne en sa Métaphysique, admettre que le nombre des purs esprits est précisément égal au nombre. des sphères qui meuvent les astres ? Avons- nous ainsi le moyen de riombrer les individus que compte le genre des intelligences séparées ? C'est la question8 que Varon discute : « Le Philosophe
ficiens viotorem , sil rognitio veri vel dtlectio boni. . . ivxplic. (fol. 221, col. d) . Ouotl non obstanle guod sit cognoscitinus qiia/i/alum tangibilium, /amen put 1îitr a gualitatibua tangibi! ibus. Explo it liber q par lus Varonis.
1 . Guii.lei.mi Varonis Quœstiones in libros Sentent laeam ; lib. II, quæst. aa ;
ms. cit., fol. 112, col. c et d. .
2. Moïse ben Maimoun, Le guide des égarés , traduit par S. Munk, I ans, lotm , troisième partie, ch. XIV (cent-vingt-quatrième de tout l’ouvrage); t. III, pp. 98-101.