‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 178 sur 441 · COURS DE POLICE · texte numérisé non relu

COURS DE POLICE

Ce système était déplorable : tous les juges n'étaient pas des hommes d'esprit et de talent comme Fielding, et cela était naturel; mais ce qui était plus fâcheux, c'est que tous n'étaient pas, comme lui, des gentlemen; plusieurs, au contraire, étaient ce que l'on appelait alors des juges commerçants {trading justices). « Il y a quelques années, disait un témoin fort expert en la matière, entendu dans l'enquête de 1816, c'était un commerce. Le juge Blackborough, ancien marchand de fer, était le juge commerçant de Clerkenwell green. Le système consistait à lancer des mandats, à arrêter tous les pauvres diables que l'on trouvait dans les rues, et à leur imposer une caution de trois francs ; on prenait aussi cent filles publiques, ce qui faisait, au même taux, trois cents francs; le magistrat gardait le tout et n'envoyait personne en prison, les cautions valaient bien mieux1. »

Ces scandales furent supprimés par une loi 2, qui créait sept cours dans Je comté de Middlesex et une dans le comté de Surrey. Trois juges étaient attachés à chacune d'elles. Tous les droits devaient être payés à un receveur et un traitement fixe de dix mille francs était alloué aux magistrats. A mesure que la population de Londres augmentait et que s'accroissait aussi le nombre des affaires, on créait de nouvelles cours, en même temps que l'on élevait le chiffre des traitements des magistrats, mais c'est seulement en 1839 que l'on adonné à ces tribunaux leur organisation actuelle 3.

t. — Rapport de 1816, p. 139. Evidence de Townsend, qui, à ce moment, faisait, depuis 34 ans, partie de la police et était le plus fameux des Bow street runners.

Page 1